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Shabastet

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  • : Blog sur la danse en général et l'opéra de paris en particulier rédigé par Valérie Beck, administratrice du forum danses pluriel
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 09:16

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Published by Shabastet - dans Odissi et Yoga
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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 11:46
Sous la scène : moins 6 niveaux!!!

Sous la scène : moins 6 niveaux!!!

Tous à l’Opéra !

 

 

Quelle belle initiative que de permettre à un large public de visiter les deux théâtres nationaux – Garnier et Opéra Bastille -  d’assister à des projections, et à une répétition publique !

Cette année, ces visites étaient ouvertes à tout le monde; et nous espérons que l'an prochain, la même initiative sera reprise!

Je désire à travers cet article remercier particulièrement le technicien qui nous a accueilli si gentiment le samedi 9 mai  - hélas, j’ignore son nom - pour nous conduire à travers tous les méandres de ce monstre qu’est l’opéra Bastille et qui a répondu gentiment à nos questions.

Ce jour-là, la visite était assurée par le personnel technique de Bastille, tous bénévoles et heureux et fier  de nous montrer leur lieu de travail qui est l’envers du décor.

C’est toujours impressionnant de découvrir un monde d’un tel gigantisme !

On apprend ainsi que la scène est modulable à volonté en profondeur, et qu’elle s’adapte à chaque production.

Tout est créé sur place : décors, costumes, accessoires. Les ateliers sont immenses, des couloirs et des couloirs les relient les uns aux autres.

L’opéra ne  possède  que son ballet et son chœur d’opéra. Il a aussi pour le faire fonctionner une foule de techniciens, de costumiers, de perruquiers, de maquilleurs, de peintres, de sculpteurs, de décorateurs, d’habilleurs, de teinturiers, tous issus d’écoles prestigieuses.

  Ici, tout est immense mais tout est  pourtant fait dans le détail et la minutie : ainsi, on assiste médusé, à la pose un par un de cheveux naturels pour confectionner une perruque à la Louis XIV.

Soixante dix corps de métiers font fonctionner le monstre Bastille : cela va des techniciens de plateau, à ceux de la régie sons et lumières, des artistes aux  couturières,  des teinturiers aux coiffeurs, des agents comptables aux secrétaires, des attachés de presse aux ouvreurs, etc, etc, etc, comme disait le Roi dans Anna…

 

 

On apprend enfin que l’opéra rêverait de se doter d’une école afin de former directement des élèves à tous ces métiers en relation directe avec  la scène. On ne peut rêver d’un endroit plus inspirant que ces deux théâtres aux volumes impressionnnants. On se doutait bien que des lieux comme ceux-ci «  ne fonctionnent pas tous seuls » mais à présent, on aura un regard bien différent lorsque l’on reviendra voir un spectacle.  Et on se dit qu’il est bien dommage que tous ces métiers annexes ne soient pas connus ou présentés plus souvent au  «  grand public ».

 

 

Pose de cheveux naturels un à un

Pose de cheveux naturels un à un

Sous la scène

Sous la scène

Derrière la scène : les différents carrés accueillent les décors des spectacles en cours

Derrière la scène : les différents carrés accueillent les décors des spectacles en cours

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Published by Shabastet - dans opéra de paris
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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 16:20
Photo  : Philippe Laurent ONP

Photo : Philippe Laurent ONP

 

Paquita Hannah O Neil/ Mathias Heymann – le 16 mai à 14h30

 

 

Le hasard des chaises musicales made in ONP a fait que, ce samedi 16 mai à 14h30, Hannah O Neil a remplacé Alice Renavand et Mathias Heymann, Florian Magnenet. Quand on prend une place pour voir des danseurs qu’on aime, il y a deux solutions, la revendre quand le couple échu ne séduit guère, y aller quand même «  pour voir » ou bien faire contre mauvaise fortune bon cœur lorsque la nouvelle distribution offre de belles perspectives. Soupirs, et regrets de ne pas voir Florian Magnenet, magnifique dans le Chant de la terre cet hiver, ni la superbe  et sémillante Alice Renavand, maîtresse frivole et sensuelle de Lescaut, furent remplacés par la joie de retrouver la jolie et gracieuse Hannah O Neil, si belle en Odile cet hiver,  et Mathias Heymann qui était si rare ces derniers temps. 

 

Avec une distribution aussi prometteuse,  on se régale à l’avance d’un spectacle qu’on a déjà vu et adoré avec Hecquet/ Paquette et qui tient autant à la qualité de ses solistes qu’à celle du corps de ballet, particulièrement tonique, grisant, virtuose dans le grand pas final.

 

Hannah O Neil est une  Paquita ravissante et  piquante qui  respire la jeunesse, la gentillesse ; elle forme avec Mathias Heymann un couple adorable qui gagne de suite notre sympathie. Les pas de deux ont de toute beauté, et on admire le magnifique sourire d’Hannah  qui ne faiblit jamais même dans les plus grandes difficultés techniques.

 

Mathias Heymann campe un Lucien  encore très enfantin ; il forme avec Hannah un couple touchant, plein de grâce ; leur jeu, leur mime s’accordent bien et ont la rondeur et l’innocence de l’enfance ;  leur danse est harmonieuse et  à aucun moment, leur danse ne faiblit. Les pas de deux du dernier acte sont particulièrement beaux.

 

Même si on garde à part soi une préférence pour Hecquet/Paquette dans les mêmes rôles, tellement complices sur scène, elle un peu gouailleuse, lui, plein de noblesse et d’élégance,  on est touché par cette autre interprétation de Paquita, plus novice, sans doute, mais sincère, et portée de bout en bout avec talent et délicatesse.

 

On retrouve avec plaisir aussi le corps de ballet, un peu moins parfait cet après midi là dans le grand Pas de deux, mais toujours aussi heureux d’être en scène.

 

Une fois encore, le pas de trois du premier acte ne décolle pas malgré le talent de Marc Moreau ; mais on se console en regardant au second acte les deux officiers bondissants, Daniel Stockes qui a mangé du lion, et Florimond Lorieux, qui, s’il est moins flamboyant, n’est en pas moins resplendissant. On se souvient avec plaisir du premier dans le rôle de Fritz, le frère de Clara, dans Casse Noisette, et du second, dans le pas des Pierres précieuses de Casse Noisette.

 

Les enfants de la Polonaise semblent un peu fatigués   mais sont toujours aussi craquants, avec leurs costumes hongrois et leurs coiffes à plumes qui oscillent de gauche et droite au rythme de la danse.  

 

Et on sort de cette matinée avec une bouffée de joie, d’enthousiasme, de plaisir, d’avoir vu de la belle danse, malgré les petits bémols indiqués plus haut.

 

Hannah O Neil, âgée de 21 ans seulement, est, à la sortie des artistes une jeune femme toute douce, timide, tellement simple qu’on admire d’autant plus son aura et son sens de la scène.  On apprend, étonné,  que le soir même, elle regagne  le corps de ballet pour redanser Paquita… et on croise Letestu,  visiblement ravie  de ce qu’elle a vu, et qui était déjà présente lors du Lac des Cygnes avec cette même Hannah.

 

Alors oui, Hannah O Neil n’a pas encore le métier d’une Laura Hecquet, et Mathias retrouve tranquillement ses marques sur scène ; la pantomime est moins aboutie, par exemple; mais quel plaisir de voir des artistes engagés, convaincus par ce qu’ils font, après être sortie tant de fois déçue d’un spectacle où tout le monde, en mode  «  minimum » semblait faire son métier en bon fonctionnaire d’état,  sans conviction ni plaisir.

 

Le plaisir semble être de retour sur scène… s’il est là, le public en trouvera lui aussi, et on se prend à rêver que, petit à petit,  le ballet  retrouve tout son panache.

 

Hannah O Neill- Mathias Heymann/ Paquita ONP : le charme de la jeunesse

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 22:19

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 11:13
L'histoire de Manon : Dupont/Bolle- 8 mai 2015. ONP

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" Il suffisait de presque rien"

 

 

 

On sort de cette représentation avec la vague impression qu’une promesse faite au premier acte n’a pas été tenue.  Pourquoi ? On ne sait pas vraiment, et peu importe ; on emporte avec soi sa frustration, et on se repasse en boucle les souvenirs soigneusement conservés des deux plus beaux Manon jamais vus : Guillem/ Hilaire et Ciaravola/ Ganio

Et pourtant, le  premier acte fut  brillant – c’est d’ailleurs un acte particulièrement équilibré - avec ses scènes de foule et de mondes différents qui se côtoient sur la place où les voitures à cheval déposent leurs voyageurs, avec ses rôles mimés, sa charrette des filles qu’on envoie en Louisiane et qui passe comme un funeste présage. Mime, variations, pas de deux, rencontres nombreuses, tout s’enchaîne avec brio. Le cadre se met magnifiquement en place et les différents acteurs aussi.

Aurélie Dupont est une Manon particulièrement belle, même si elle n’est pas exactement celle qu’on s’imagine à la lecture du roman,  décrite comme déjà bien « dégourdie ». Celle qu’on voit ce soir-là à un quant à soi, une réserve qui tiennent à distance certains messieurs trop empressés. Encore un peu, et elle leur enverrait une gifle !

Son frère, - Stéphane Bullion -  joue rapidement les  entremetteurs car  il réalise les avantages qu’il peut tirer de Manon en voyant le puissant Monsieur de GM – Benjamin Pech, impeccable – lorgner sur elle avec concupiscence. Mais une réelle tendresse le  lie à Manon

 

La première variation du Des Grieux de  Roberto Bolle un peu raide, un peu scolaire, un peu appliquée nous laisse supposer que le danseur est mort de trac ? Ses jambes tremblent, son jeu est inexistant.

 

Du côté des mendiants, Madin incarne plus un  prince déchu qu’un pauvre hère que le destin n’a pas favorisé, - et pourquoi pas après tout, la Fortune faisant et défaisait les choses -  sa danse bondissante et altière trouve un formidable écho auprès  de ses énergiques compagnons de misère,   chapardeurs et canailles à souhait et à l’affut du moindre sou pour survivre.

Les danseurs s’amusent et nous aussi.  

 

Au premier  pas de deux dans la chambre, un grand souffle passe entre Manon et Des Grieux et on est touché par leur fraîcheur,  leur jeunesse, leur passion : on les regarde tous deux avec tendresse et émotion ; complices de leur bonheur naissant, on leur souhaite le meilleur à venir; c’est d’une beauté à couper le souffle. La danse légère, fluide, vibrante, passe sans effort des deux côtés. Les deux danseurs sont en osmose : le jeu est subtil, ni trop ni pas assez appuyé.

Le premier acte s’achève et nous voilà le cœur débordant d’émotion et  mis dans une attente particulière.

 

Malheureusement,  tout ceci, retombe à l’acte suivant.

Aurélie  incarne une courtisane assez peu heureuse d’exercer son métier, et il est difficile de  comprendre ce qu’elle ressent vraiment et pour Monsieur de GM et pour Des Grieux. Contrainte et forcée d’être ici, elle subit la situation et n’en retire pas le moindre plaisir ; elle remplit les caisses, c’est tout !  On   voit un personnage que la misère épouvante et qui préfère sacrifier une passion que de vivre d’amour, d’eau fraîche et de haillons mais jamais une jeune femme sensuelle qui s’étourdit dans la vie nocturne.  Elle ne semble pas non plus émue ou troublée lorsqu’elle revoit son amant ; ni même embarrassée ; elle a simplement l’air fâchée, comme une mère dérangée dans son travail par ses enfants trop bruyants.    De son côté, Roberto Bolle a du mal à trouver sa place à tous points de vue dans ce salon.

Alice Renavand en maîtresse, tire magnifiquement son épingle du jeu ; mutine, taquine, complice avec son amant, - elle semble avoir l’habitude de le voir souvent ivre, et ça ne l’embête pas plus que ça !  – elle parade avec sensualité dans ce salon des plaisirs, à l’aise comme un poisson dans l’eau. Sur une danse féminine, ronde, pleine de la promesse de plaisirs qu’elle accordera plus que généreusement, son regard pétille comme le champagne qui emplit sans cesse les coupes alentour. Son pied et son regard  harponnent les riches messieurs ;   la maîtresse s’amuse.

 Les autres  courtisanes aguichent,  se crêpent le chignon, passent de bras en bras, tentent de se refiler le vieux libidineux ; l’atmosphère licencieuse du lieu est magnifiquement rendue aussi bien par les costumes, somptueux, que par les décors, les grands miroirs, les éclairages et le jeu du corps de ballet.

Monsieur de GM antipathique à souhait, se sait puissant parce qu’immensément riche. Son regard toise ses compagnons comme s’ils ne méritaient pas d’être prêts de lui et il exhibe Manon à son bras comme un bien supplémentaire ; il  a l’instinct du propriétaire, et pas l’âme d’un amant.

Grâce à tous ces protagonistes, la scène du jeu de cartes relance un peu l’action qui était en suspend et le drame se renoue avec vigueur et conviction. Drame qui atteint son point culminant quelques instants plus tard avec la mort de Lescaux, pour qui on éprouve une vraie compassion. Toute crapule qu’il était, il ne méritait pas autant de violence et une fin aussi abrupte.

Auparavant, on aura assisté à la dispute des deux amants,  qui se chamaillent comme des enfants en désaccord sur le jeu auquel ils vont jouer plutôt sur la tournure que doit prendre leur vie.

Dupont a montré un visage trop sévère dans le salon de Madame pour qu’on la croit vraiment contrariée de quitter sa vie  de courtisane; elle ne semble pas non plus très touchée de retrouver son amant qui a du mal à faire entendre sa voix.

 

Avec l’acte 3, cette impression de jeu qui n’aboutit pas se confirme

Le geôlier de Karl Paquette garde son regard de hibou réveillé en plein jour dans toute la première partie,  et les violences qu’il  fait  subir à  Manon semblent vraiment pour de faux.

 

Je revois encore Mathieu Ganio tout prévenant,  porter le petit sac de Manon/Ciaravola à la sortie du bateau et sembler vouloir souffrir à sa place ; là, rien ne se dessine vraiment. Roberto Bolle est toujours aussi encombré de lui-même.

On arrive presque à croire que  c’est le geôlier qui est pleuré à chaudes larmes lorsque Des Grieux le tue et non pas la situation dans laquelle les deux amants se retrouvent alors.

Et le tout dernier pas de deux manque de cet abandon qu’on trouvait chez Guillem et Ciaravola, avec un Des Grieux qui les porte  à bout de bras et leur insuffle autant de vie qu’il peut.

Une fois encore, le jeu est trop maîtrisé. On voit des pas, et pas une histoire. Manon meurt sans qu’on ressente vraiment d’émotion, ce qui est quand même un comble pour ce ballet

 

Mais avant, il y aura eu les filles de Louisiane, écrasées de chaleur, réduites à rien à la sortie du bateau, les passants, compatissants, embarassés ou  dégoûtés, et on aura ressenti à ce moment là une vraie tendresse pour ces malheureuses qui échouent à la Nouvelle Orléans pour être ensuite distribuées à qui voudra.

 

Le rideau tombe et on se dit «  quel dommage…. Il suffisait de presque rien pour que les actes 2 et 3 nous emportent comme le premier. »

Et de retour chez soi, on chercher sur youtube les vidéos de Guillem et de Ciaravola/Ganio...

 

 

 

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 16:20
Photo Laurent Philippe

Photo Laurent Philippe

 

 

Paquita, ballet bavard et un peu creux, est devenu  par la magie de ses interprètes et du corps de ballet, une œuvre réjouissante, poétique, enjouée, et complètement enthousiasmante au dernier acte  ce lundi 4 mai 2015 ! Quelle apothéose ! Miracle rendu possible grâce à  un Karl Paquette  radieux et  une Laura Hecquet inspirée : leur complicité, leur sens du théâtre, leur générosité en scène, leur  art de la narration accomplie a transformé un ballet primesautier et sans grande profondeur en une véritable œuvre d’art.

Ces deux magiciens  nous ont promenés dans cette histoire abracadabrante sans qu’un seul instant on se demande s’il fallait la croire ou non !   

 

Comment décrire toutes les nuances et subtilités que Laura Hecquet possède au-delà de ce qu’on aurait cru possible ?  La technique ? On l’oublie, tant  tout coule de source quand elle danse : elle scintille, elle brille, elle s’envole, elle tourbillonne, elle s’amuse, elle rêve, elle taquine, elle protège, elle aime… avec une telle facilité, une telle aisance, qu’elle parvient même à dire plusieurs choses en même temps. Dès son entrée en scène, on ne la quitte plus des yeux. Sous  la facilité, la légèreté, la précision de sa danse, se cache une puissance vertigineuse et une virtuosité qui jamais n’est étalée au grand jour. Le moelleux de ses pliés, la grâce suspendue de ses équilibres, la souplesse de son buste et de ses bras,  la force de ses pieds et de ses jambes qui donnent à ses fouettés légèreté, ampleur et poésie,  en font une « prima ballerina  absoluta ».  Son art n’apparaît pas, n’est pas étalé, ni démontré : il transparaît.

Et puis quel bonheur de découvrir chez Laura des dons de comique, ce qu’aucun des rôles qu’on lui avait confiés jusqu’alors ne pouvait laisser présager… on rit de ses facéties et de ses «  réparties » au premier acte, - elle n’a pas sa langue dans sa poche mais taquine, agace, sans la moindre once de vulgarité, et on s’émerveille de son sens de l’à-propos au second acte ; on l’imagine très bien en Ballerine dans le Concert de Robbins ; d’ailleurs on l’imagine très bien en tout : Juliette, Manon, Giselle, Raymonda, tout lui irait… le ballet a de ces temps de pause pendant lesquels on continue à voir Laura danser tous ces rôle au lieu de regarder le corps de ballet faire passer le temps… Avec Laura, Paquita devient un vrai personnage, amusant, attachant, vif, et profond… oui, assurément, du grand art !

Photo IK Aubert

Photo IK Aubert

A ses côtés, Karl Paquette, Lucien D’Hervilly au grand cœur, donne la réplique à Paquita avec spiritualité (ce qui n’était guère de cas de Inigo ce soir là, qui n’avait que quelques mots de vocabulaire prononcés brutalement et  sans verve ni énergie !)  Sa blondeur, son élégance sont déjà un atout pour ce personnage raffiné qui, aux côtés de Laura  est tellement  galvanisé que  sa danse   prend feu :   énergie, brillance, fantaisie, prouesse, Karl Paquette s’est surpassé et il semblait tellement heureux de danser que son plaisir était contagieux !

Les pas de deux avec Laura Hecquet  étaient un régal de drôlerie, de poésie, d’intensité… 

 

Pour le troisième acte,  le corps de ballet a composé un écrin de premier choix aux deux protagonistes : tout le monde semblait vouloir donner le meilleur de soi même ce soir là, et les pointes étaient affutées comme des couteaux, les petits pas étaient ciselés comme par un orfèvre, et tout la belle technique classique était déployée et étalée comme l’argenterie et le cristal de  la vaisselle des grands jours dans un château… comme Pierre Lacotte devait être ravi !

Un mot supplémentaire  sur les deux officiers Daniel Stockes et Jean Loup Quer qui dansaient avec panache !

 

 

On serait injuste d’oublier les adorables enfants de l’école de danse, parfaits et frais dans leur  Polonaise, aux figures tarabiscotées.

Et tout aussi injuste  d’oublier le chef  Fayçal Karoui qui a su insuffler à l’orchestre des lauréats du conservatoire de la poésie  et beaucoup de tenue. Que demander de plus à une musique composée par l’obscur Deldevez à laquelle Minkus a rajouté ses propres mesures ?

 

 

A lire  : portrait de Karl Paquette écrit en 2009, lors de sa nomination

 

A Lire : portrait de Laura Hecquet, écrit lorsque Laura était   sujet, en juin 2014

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 09:15
Hannah O' Neill - Yannick Bittencourt : Lac des cygnes de Noureev - 2015

Je n’ai malheureusement pas pu découvrir pour cette série Laura Hecquet et Audric Bezard mais j’ai pu à la dernière minute obtenir une place qui m’a permis de voir deux sujets, Hannah O’ Neill, que je ne connaissais pas du tout et Yannick Bittencourt.

Si les deux sujets ont largement dépassé mes attentes, pour le reste de la soirée, j’ai eu l’impression d’un fabuleux gâchis pour différentes raisons que voici :

1) tempi trop rapides; le corps de ballet court SANS ARRÊT après la musique; tout semble soit survitaminé, soit bâclé, personne n'a le temps de s'installer dans la danse. Il y a une telle effervescence sur le plateau et dans la fosse d’orchestre que le spectateur a l’impression d’assister à l’entrainement du marathon de Paris de ce week-end : épuisant

2) Les costumes, refaits, sont vraiment affreux.... ils n'étaient déjà pas merveilleux à la création, mais là toute l’harmonie des tons pastels est effacée au profit de chocs de couleurs plus criardes ; là où des parmes côtoyaient des safrans, des violets francs se heurtent à des orangés de mauvais goût

3) Les quatre petits cygnes de ce soir n’allaient vraiment pas ensemble ; on aurait dit les Daltons, rangés par ordre décroissant, et leur technique donnait l’impression qu’ils peinaient douloureusement dans chaque pas : un groupe de gnomes en goguette partis cueillir des champignons.

4) Horrible trio au premier acte – je ne mets pas les noms parce que ma volonté n’est pas d’être blessante mais de livrer tel quel mon ressenti : l'une des danseuses ne sait pas tenir ses bras, ils volent dans tous les sens, l'autre ne sait pas tenir sa tête : ses mouvements de cou manquent cruellement d'élégance, on dirait un gallinacé qui se réjouit par avance du festin de limaces qu’il va faire.
Alors, oui, la première a du ballon et le montre : elle saute comme une chèvre, mais tout cela n’est pas très gracieux…. J’ai revu ce trio dansé en 1997 par Bart, Letestu et Averty sur youtube, c’est quand même d’un autre niveau….

5) Paquette a revu sa conception de Rothbart, il en fait une caricature : il n’est plus un précepteur machiavélique qui manie le chaud et le froid mais un personnage violent, cruel, brutal avec le jeune prince. Cela manque de finesse ; il fait claquer sa cape sans arrêt, il est frénétique, et son interprétation est toute d’une pièce.

Voulait-il soutenir par une présence forte les deux jeunes sujets ?

Pense-t-il qu’au final Wolfgang est un monstre castrateur ?

Je ne sais pas, mais son double Wolfgang/ Rothbart de 2006 m’avait laissé un souvenir extraordinaire. Là, j’avais presque envie de rire quand, en Rothbart, il ressemble à un petit dragon monté sur ressort sorti tout droit d’un manga prêt à lancer des flammes ! Et pourtant, j’adore ce danseur depuis toujours et j’ai encore son merveilleux Chant de la Terre d’il y a quelques semaines en mémoire.

Certains duos avec le prince sont cependant très beaux et même émouvants, et celui qu’il forme au deuxième acte avec le cygne noir est splendide.

En revanche, le trio final retrouve une frénésie qui ne permet pas à l’émotion d’éclore.

6) A vouloir les rendre parfaits, comme une silhouette unique qui se démultiplierait à l’infini prisonnière d’un jeu de miroir, les 32 cygnes ont perdu leur âme : on dirait l’armée des clones de Georges Lukas…. Alors c’est vrai, pas un bras ne dépasse, pas une jambe n’est plus haute qu’une autre, tous les dos sont à la même hauteur lorsque les cygnes pleurent, mais quelle froideur ! Quelle sécheresse ! On dirait qu’on a vidé de toute émotion, de toute tendresse les ballerines qui ne semblent obnubiler que par une chose : être ensemble. C’est visuellement stupéfiant de perfection mais sur le plan de l’âme glaçant ; on ressent la peine, le mal que se donne le corps de ballet qui ne prend – en tout cas ce soir là – aucun plaisir à la danse.


7) Kevin Rhodes, le chef d’orchestre, avait du se faire ce soir-là une injection de Valéry Gergiev pour interpréter Tchaikovsky comme ça : allez hop, on court, on court, on fait brailler les cuivres, les timbales, les cymbales, vive la fête de la bière à Munich!!!!
C’est un chef que d’ordinaire j’aime bien et je l’ai connu plus subtil.

Hannah O' Neill - Yannick Bittencourt : Lac des cygnes de Noureev - 2015

Alors, me direz- vous, vous avez dû trouver les sujets pas à la hauteur de vos attentes ?

Et bien c’est là que tout bascule : j’ai été sous le charme.

Je mentirai en disant que j’ai assisté à une prise de rôle spectaculaire ; mais ceci étant, il y a eu une magie, une osmose, et certains moments de danse – soit en soliste soit en duo ou trio – poétisaient délicieusement tout ce fatras.

La variation lente du prince au premier acte n’exprime pas mélancolie d’un jeune homme neurasthénique, mais la rêverie d'un adolescent plein de poésie qui aspire à découvrir la vie. Elle n’a pas encore le moelleux et la douloureuse intensité que Leriche lui donnait mais les lignes sont belles et le personnage se dessine rapidement et gagne notre sympathie. Yannick Bittencourt est longiligne, a un dos d’une très grande souplesse, des mouvements amples, il a du ballon, sa technique est solide il possède un vrai sens artistique. Suffisamment pour camper un personnage qui répond à sa conception du prince. Il lui manque encore un peu de profondeur dans les pliés, de respiration dans les mouvements qui vont venir au fur et à mesure
Il forme avec Hannah O Neill un couple où pour une fois, c’est la femme qui mène la danse : la princesse rassure et donne sa force au jeune Siegfried qui ne l’a pas effrayé longtemps avec son arbalète : car Odette faite cygne constate rapidement que ce prince n'a pas l'air bien solide ; elle s'en remet à lui, parce qu’il est beau, doux, mais elle ne pourra compter que sur son amour, par sur sa force pour échapper à Rothbart.

Hannah O Neil, est une femme avant d’être un cygne. En scène, dans le premier acte, elle est majestueuse ce qui pourrait sembler un contresens par rapport au rôle, mais son charisme est tel qu’on adhère à sa conception du personnage. Pas de souffrance excessive dans ses variations; c’est une « femme » forte qui a perdu sa liberté et qui, victime d’un sortilège, ne s’en sert pas faire larmoyer le prince ni pour s’en faire aimer. Elle a dû caractère, de la réflexion, de l’intelligence ; elle est très terrestre, ce qui ne retire rien à la beauté de sa danse. Ses bras sont beaux parce que son buste, ses épaules et son cou sont déliés et maîtrisés : tout le haut du corps respire.


Au second acte, elle campe une Odile délicieuse de spontanéité : création de Rothbart, elle fait à la lettre ce qu’il lui commande en s’amusant beaucoup, - et nous avec - pas par méchanceté mais parce que le prince est si facile à manipuler ! Elle n’est ni séductrice, ni vénéneuse, ni aguicheuse. Elle pourrait jouer sur sa beauté, elle préfère jouer sur un côté espiègle et malicieux. C’était sans doute le meilleur moment de la soirée. Hannah cisèle ses pas au millimètre près sans perdre un cheveu de sa beauté, de sa musicalité. Elle est vive, joyeuse, et berne le Prince comme un bateleur abuse les badauds avec ses tours de passe passe.
Le Prince lui, n'est plus qu'un pauvre enfant trompé, mais sa pureté et sa candeur sont telles chez lui qu’on ne prend en pitié.

Les fouettés du cygne noir étaient honnêtes sans être incisifs mais on devine qu’ils peuvent devenir éclatants car la technique est bien là et solide.

Les regards qu'elle échange avec Rothbart me resteront longtemps en mémoire.

Pour le dernier acte, les tempi sont enfin raisonnables et on se détend enfin.
Le duo entre le prince et la princesse cygne est poignant de douleur et de sobriété en même temps. La princesse cygne n'est pas désespérée, elle rassure le prince, elle semble chercher une solution; c'est une femme qui a du cran, du caractère et de l'intelligence.
Elle ne compte pas sur le prince, mais sur ses propres forces; l'amour est là, qui lui donne cette énergie.


Les deux jeunes sujets ne sont pas tombés dans les pièges de surjouer leurs personnages ou de choisir une danse " tape à l'oeil" ; ils ont avant tout incarné deux personnages s'appuyant sur leur technique pour les modeler comme ils le souhaitaient. Deux jeunes talents à suivre et on ne peut que féliciter Millepied du choix de ces artistes...

Deux belles prises de rôle, pleine de fraicheur et de jeunesse.

cela rappelle un peu Noureev qui se moquait éperdument de la hiérarchie : on était bon, on allait en scène, et du coup, tout le monde se sentait stimulé.

Si ce jeune directeur peut apporter cet air frais avec lui.... !

photographies : Ann Ray/ A Koizumu- ONP

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 19:50
Festival danses indiennes- mouvements émouvants- stage odissi Kathak
~~Festival mouvements émouvants – Danses Indiennes – Mars 2015

Je n’ai malheureusement pas pu assister à la conférence de Tiziana Leuci - mais je mets un lien vers une video d’une de ses conférences au musée du quai Branly - ni au spectacle de ce festival qui rassemblait cinq des 8 styles classiques indiens ; mais j’ai pu faire deux stages, l’un de kathak et l’autre d’odissi que je commente ici.

Stage de Kathak donné par Kali.

Kali à la stature imposante et charismatique qui évoque tout de suite les maîtres de kathak que j’ai vus en video, comme Pratap Pawar, maître d’Akram Khan, a commencé par un échauffement doux, avant de proposer quelques mouvements séparés que les stagiaires ont ensuite appris un par un avant de les enchaîner : tout de suite, l’impression de danser était là ! Puis il a affiné le travail avec des mudras (gestes des mains), une frappe de pied simple, et l’apprentissage des tours, l’une des figures les plus spectaculaires de ce style : les stagiaires les ont ensuite effectués en diagonale pour leur donner plus d’ampleur. Enfin, il a initié les stagiaires à la narration, en leur demandant de mimer un orage, une fleur, la pluie, un éclair, un aimé que l’on voit de loin et qui ne nous remarque pas. En peu de temps, il a montré l’éventail de cette danse de cour très rythmée, virtuose par certaines de ses figures, en mettant les participants parfaitement à l’aise. Encourageant, d’une très grande gentillesse, il a permis à chacun de trouver du plaisir à la danse en peu de temps, et surtout d’ouvrir à l’intérieur de soi tout un monde de poésie et d’émotion. Cette immersion dans le kathak s’est achevé en apprenant cette façon spéciale du suspendre une phrase en deux temps ; ponctuation à la fois vive, précise et poétique, posée comme un point d’exclamation ou d’interrogation et qui donne à la danse de la grâce et de la majesté. Un grand merci à cet artiste, qui est un homme de cœur et d’émotion… j’ai eu un vrai coup de cœur pour son stage et suis prête à recommencer.

Festival danses indiennes- mouvements émouvants- stage odissi Kathak

~~Stage de découverte du style Odissi avec Mahina Khanum

Suivait le stage de Mahina qui a initié les stagiaires aux deux postures de base que sont le chouka et Tribangha avant de passer dans ces mêmes postures à des frappes simples afin d’apprendre à dissocier tête, buste et bassin; un fragment de chorégraphie a ensuite été étudiée : sa superbe marche d’introduction donne aussitôt l’impression que l’on est une statue de pierre descendue d’un des temples de l’Oriya qui prend vie. C’est assez magique et grisant et tous les stagiaires ont ressenti ce quelque chose de si spécial à l’Odissi : la prière n’est pas loin. Tenter de reproduire ce que fait Mahina est toujours un grand bonheur car son placement est si beau et précis, sa danse, si habitée, que l’on se sent tout de suite inspirée en tentant de l’imiter. Un percussionniste accompagnait son stage. Il avait transformé l’une de ses percussions en pakhawaj, n’en possédant pas encore, car pour l’heure il perfectionne son « tabla » six mois par an en Inde. L’instrument sonne à la fois clair et puissant, les rythmes sont d’une grande précision et d’une grande subtilité et l’énergie de la percussion se communique directement aux danseurs qui sont littéralement soutenus et ont des ailes en dansant. Pour avoir improvisé souvent en danse orientale, et pour avoir pris des cours de darbouka, appelé tabla en Egyte, je dois dire qu’on ne ressent pas du tout la même chose avec cette percussion: elle est plus lourde, plus terrienne ; si elle aide à s’ancrer dans la terre, elle incite avant tout à la danse mais sans donner ce souffle incroyable que l’on ressent en écoutant la percussion indienne ; le Pakhawaj transmet directement son énergie au corps, ce qui permet d’aller au-delà de sa condition physique ; on ressent alors une une sensation volupteuse de faire corps avec les rythmes et les phrases…. Une véritable révélation !

Pour la conférence de Tiziana https://www.youtube.com/watch?v=3Js6DQTgR78

Pour avoir un compte rendu complet de ce festival : http://jriou.org/blog/2015-04.html

Pour lire la présentation de ce festival : http://www.shabastet.com/archive/2015-03/

Dans l'onglet Odissi, vous trouverez d'autres articles sur ce style de danse classique indien.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 20:29
Festival de danses indiennes 28 et 29 mars 2015- Paris

Festival Mouvements émouvants –

Les danses indiennes à l’honneur –

28 et 29 mars 2015

Festival de danses indiennes 28 et 29 mars 2015- Paris

Ce week-end se tiendra pour la première fois en France un festival uniquement dédié aux danses classiques de l’Inde.

Organisé par mon professeur d’Odissi pour laquelle j’ai une profonde admiration, il regroupera le temps d’un week-end, différents artistes et professeurs qui donneront des stages et participeront à un spectacle.

Une conférence le samedi à 18 heures, 116 quai de Jemmapes, donnée par Tiziana Leucci, chercheur au CNRS, permettra au public de découvrir ces danses classiques indiennes très peu connues hormis le Baratha Natyam et un peu le Kathak ( découvert en France grâce au magnifique film de Satyajit Ray : le salon de musique).

Festival de danses indiennes 28 et 29 mars 2015- Paris

Cette initiative est hautement louable car 6 des 8 styles classiques indiens seront présentés au cours d’un même week-end en France : tous ont la même base, le Natya Shastra qui est un traité ancien de danse rédigé entre le II avant et le II siècle après notre ère.

Ces danses ont en commun d’être à la frontière de l’art, de la mystique, du théâtre, des yantras, figures géométriques qui sont des « passeurs » entre deux mondes… Elles viennent de tout le continent indien qui a conservé à travers le temps et malgré tous les bouleversements historiques qu’il a traversés, une unité profonde qui se révèle notamment dans ses arts et sa religion.

Les styles proposés au cours du week-end sont : le Baratha-natyam, le Kuchipudi, l’Odissi, le Kathak, le Sattryia, le Manipuri. Les artistes professeurs se sont tous formés de longues années dans leur pays d’origine puis en Inde et ont dédié leur vie à la danse.

Le thème retenu pour ce festival, est celui de l’amour, universel. C’est l’un des neuf « rasas ».

Festival de danses indiennes 28 et 29 mars 2015- Paris

Voici les temps forts de ce festival :

 Conférence – samedi 28 mars à 18h

« Les danses classiques indiennes et leurs évolutions », par Tiziana Leucci (CNRS), le samedi 28 mars de 18h00 à 19h30 à l’Espace Jemmapes, 116 Quai de Jemmapes 75010 Paris. Entrée libre (réservation obligatoire).

‚ Spectacle – samedi 28 mars à 20h

Spectacle de danses classiques indiennes autour du thème du sentiment amoureux, au cours duquel six styles classiques indiens seront représentés, le samedi 28 mars à 20h à l’Espace Jemmapes, 116 Quai de Jemmapes 75010 Paris.

Tarif unique : 24€ en prévente / 28€ sur place.

ƒ Stage de danses – dimanche 29 mars 12h-19h

Les artistes ayant participé au spectacle la veille initieront le public à leur style au cours d’une série d’ateliers, le dimanche 29 mars au studio Micadanses, 15-16 Rue Goeffroy l’Asnier 75004 Paris :

- 12h à 13h – Bharata Natyam avec Kalpana

- 14h à 15h – Kuchipudi avec Madolika

- 15h à 16h – Manipuri avec Angela Sterzer

- 16h à 17h – Pause thé

- 17h à 18h – Kathak avec Kali Chandrasegaram

- 18h à 19h – Odissi avec Mahina Khanum (atelier avec percussionniste)

Tarifs : de 19€ pour un atelier à 82€ pour six ateliers.

Réservations : http://bit.ly/MouvementsEmouvants

Attention : la plupart des stages sont complets ; se renseigner au préalable.

Sur ce blog vous trouverez des articles sur la danse odissi et son histoire

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 13:22
Le Chant de La Terre - Neumeier - Révillon-Bézard-Daniel-Park

Voir la même œuvre dans une seconde distribution – ou même une troisième ou quatrième – apporte des éclairages qui peuvent aller du simple détail à une amplitude extrême.

Ganio/ Pujol/Daniel/ Paquette et Magnenet semblaient exister car créés directement par la musique ; sans elle, ils se seraient évanouis comme un songe ; sans eux, la musique n’aurait pu se faire entendre. Les deux se faisaient écho l’une l’autre, donnant une profonde impression d’unité d’une grande beauté. Le spectateur, directement plongé dans ce monde flou à la charnière du rêve et de la veille, hypnotisé et sans aucun désir de sortir de cet entre deux, se trouvait alors tout entier livré à la sensation délicieuse de flotter dans un monde sans densité, comme hors du temps et de l'espace. Un monde abstrait, ineffable, évanescent.

Parvenir à créer ce monde de l’entre d’eux et y maintenir le spectateur en état d’alerte tenait du grand art. Même la scène près du « pont qui se courbe comme le dos d’un tigre » semblait sortir de la lampe magique de l’enfance de Proust.

Ganio semblait irréel, et tout s’animait autour de lui en ce sens, comme surgi du miroir, peut-être, suspendu là-haut ou de la Lune.

Il en était tout autrement hier soir avec le charmant quatuor Révillon/ Daniel/ Park/ Bezard avec Bertaud à la place de Magnenet. ( soirée du 10 mars 2015)

Plus de rêve, plus de flou, plus de monde entre deux, mais un homme ( Révillon) qui souffre, qui cherche, qui mène une quête et qui se heurte au monde et à sa réalité, aux autres auxquels il ne parvient à se mêler.

Et c’est étonnant de voir Daniel passer de l’état de songe, - soirée du 28 février - à celui de guide ; de voir l’extraordinaire Audric Bézard devenir l’ombre de Révillon, quand Paquette était le double de Ganio, aussi irréel et lunaire que lui.

De voir Sae Eun Park donner à sa danse une délicate poésie toute terrienne ; de voir l’elfique Léonore Baulac devenir un être de chair et de sang ; et de réaliser que l’ivresse de Bertaud est bien au sens propre….

On gagne en humanité, en émotion, ce qu’on perd en poésie ; mais les deux interprétations sont aussi belles l’une que l’autre et elles éclairent magnifiquement le propos du chorégraphe.

Révillon donne de la rondeur, du moelleux, de la profondeur, là où Ganio semblait être tout droit descendu de la lune, comme un être impalpable sans nerf et sans chair

Il communique au spectateur sa souffrance, quand Ganio le plongeait dans l’idée de la quête de l’inaccessible.

Bézard joue les constrastes avec une présence scénique extrêmement charismatique et le dernier pas de deux entre les deux artistes est poignant de douloureuse intensité

Nolwen Daniel est belle comme la lune mais volontaire, incarnée, réelle. Elle guide le jeune homme jusqu’à ce qu’il réalise qui il est véritablement.

Le Chant de La Terre - Neumeier - Révillon-Bézard-Daniel-Park

Voir ces deux distributions ne peut qu’enrichir cette magnifique œuvre de Neumeier, simple, belle, qui jamais n’alourdit la musique de Malher magnifiquement et subtilement interprétée par l’orchestre de l’opéra sous la baguette de Patrick Lange.

Fabien Révillon et Audric Bézard ont donné grâce à Neumeier une dimension à leur danse qu’ils n’avaient encore pu ni l’un ni l’autre autant developper. Voilà encore deux magnifiques artistes.

Sae Eun Park semblait tellement à l’aise elle aussi dans ce répertoire. Inoubliable silhouette bleuté, féérique comme la fée bleue de Pinocchio

Quand à Nolwen Daniel, elle a pour ainsi dire brillé comme un astre devenu femme…

Un magnifique quatuor où les femmes accompagnent, réconfortent, protègent les tourments des hommes, les guident, les éclairent, avec la douceur et la poésie des soirs d’été…

Et tandis que Révillon et Daniel s’élançaient sur scène dans cette dernière course en rond où la question se résout dans l’allégresse, je superposais à leur élan Ganio et Pujol, qui ne trouvent pas de réponse parce qu’ils réalisent que leur reflet s'évanouira avec la dernière vibration d'un son qu'on ne perçoit déjà plus....

Le Chant de La Terre - Neumeier - Révillon-Bézard-Daniel-Park

Les magnifiques photos sont d'Anne Ray

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