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Shabastet

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Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 09:09
Photo Joelle Bonnet

Photo Joelle Bonnet

La beauté de cette soirée du 14 tenait plus à la beauté de la danse en elle même et à cette douceur,  à cette tendresse qui émanaient des deux protagonistes, plutôt qu'à la justesse des personnages : Ni Ould Braham ni Heymann ne sont véritablement Giselle ou Albrecht, mais leur danse est si belle, ce sont deux artistes  si  sensibles, avec une danse si moelleuse, d'une si grande fluidité et légèreté que c'était vraiment magnifique à voir!

On ne peut avoir que le souffle coupé par la gracilité, la finesse de la danse d'Ould Braham, et par l'engagement total de Heymann! Quand il s'écroule sur le sol, c'est par fatigue véritable, il arrive au bout de lui même, et en ce sens, il finit par rencontrer "Albrecht".

 Ould Braham n'est pas, dans ce choix d'interprétation une jeune âme trépassée qui protège celui qui l'a trahie pour la simple raison qu'Albrecht est bien trop amoureux d'elle, dès le premier, acte pour qu'on croie à une trahison ; on a plutôt l'impression que Loys a été où son coeur l'a conduit, et qu'il s'est retrouvé sottement piégé par l'arrivée impromptue du Duc de Courlande et de sa fille Bathilde, la fiancée d'Albrecht. Toute la pantomime du premier acte était d'une grande lisibilité avec des choix très affirmés chez tous les protagonistes quitte à prendre une certaine liberté avec le livret, et c'est ce qui m'a plu : Heymann et Ould Braham incarnent jusqu'au bout les personnages qu'ils ont choisi d'êtreet les portent avec toute la puissance de leur coeur, de leur être,  même si c'est une lecture un peu à " contresens" du  livret; peu importe : c'est beau, authentique et habité.

Bizarement, l'Hilarion de F Alu m'a moins convaincue que celui de Vincent Chailley, sans doute parce que j'aime la rudesse de cet homme rustique, simple, touché en plein coeur par une jolie fille et qui tout à coup, trouve au fond de son coeur qui n'a sans doute jamais connu aucune tendresse, ni de sa mère, ni de ses soeurs,  de ses petites attentions qu'ont tous les amoureux à leurs débuts,  comme les lapins ou les fleurs qu'il vient déposer devant chez elle.
Grâce à elle, comme le dit Cyrano à Roxane, au moent de mourir, une " robe aura passé dans ma vie"
 

Photo Joelle Bonnet

Photo Joelle Bonnet

Hannah O Neil qui glisse sur le sol comme si elle volait, incarne une Myrtha glaciale, véritable Reine des Aulnes au féminin qui n'a pas la moindre once de sentiment humain dans son coeur de pierre; personnage fascinant, cruel, et d'une beauté surnaturelle : elle était tout cela à la fois! Ses envols ont une élévation surprenante et sont poignants d'autorité sans jamais revêtir la moindre brutalité, car Hannah O Neil est d'une légèreté absolue.

 

Photo Joelle Bonnet

Photo Joelle Bonnet

En conclusion, je dirai que Ould Braham m'a rappelé le personnage de Cristina Ricci dans Sleepy Hollow; il s'agit de cette jeune fille blonde, délicate, qui dessine des pentagrammes pour protéger l'homme qu'elle aime et qu'on veut faire périr grâce à la magie noire

Le roman Sleepy Hollow est contemporain de Giselle, il a été écrit en 1820

Il oppose lumières et ténèbres, mysticisme, foi, magie noire; il est dans la mouvance de toute cette littérature qui naît dans un siècle qui n'en peut plus des Lumières et de l'esprit scientifique qui s'oppose à la Foi.

 

Comme  la Giselle de Ould Braham, Katrina van Tassel a sa blondeur, son angélisme, son amour qui triomphera du mal.

 

Ould Braham-Heymann- Giselle- 14 juin 2016

Un grand merci à Joelle Bonnet pour le prêt de ses photos!

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Published by Shabastet - dans opéra de paris
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