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Shabastet

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Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

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30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 07:27

 Je reviens aujourd'hui sur cette création qui malheureusement a eu des échos assez négatifs dans la presse, et je me demande encore pourquoi aujourd'hui.

Donc, par cet article, j'exprime mon mécontentement d'une certaine presse critique d'art, qui ne perçoit les spectacles qu'en fonction des critères retenus par la ligne éditoriale des journaux auxquels ils appartiennent et dont ils se doivent d'être les fidèles serviteurs.

Je ne vois pas d'autres raisons aux critiques stupides que j'ai lues ( je vous en ferai un petit florigèle demain) sur cette chorégraphie, qui, si elle ne se range pas aux côtés des grands ballets, n'en a pas moins son identité propre et sa poésie.

Nicolas Leriche est le danseur étoile que l'on connait. C'est l'un des plus " à part" à l'opéra de Paris, car sa façon de danser est étonnament puissante, féline, envoûtante, bien à lui. Il a du caractère, de l'intelligence, de la sensibilité, et une présence en scène immense. Il marque tous les rôles qu'il danse, parce qu'il les investit intensément. Lorsque l'idée de ce ballet a germé en lui, Roland Petit, à qui il avait demandé de faire un ballet sur ce thème, lui a conseillé de le faire lui-même, de se lancer. Ce qu'il fit.

 


 

Des scènes qu'on n'oublie pas.

J'ai vu ce ballet en septembre, et j'ai attendu que l'oeuvre décante en moi pour en parler, non pas à chaud, dans l'excitation qui suit parfois un spectacle qu'on découvre et qui retombe quelques temps après, mais bien à froid. Et lorsque je repense à cette oeuvre, des scènes entières surgissent :

D'abord, Caligula lui même, dansé par le fabuleux Mathieu Ganio, qui donne a u  tyran une grande instabilité mentale : c'est un être malade terassé par des crises d'épilepsie, d'une grande sensibilité, et dont la   cruauté semble être inspirée par la folie. Ses solos sont spectaculaires, fort émotionnellement, et techniquement brillants.

Ensuite Mnester, le pantomime que Caligula adorait, et qui est dansé par Laurent Hilaire. Mon Dieu, même quand il ne bouge pas, Laurent Hilaire est spectaculaire!

Là, Leriche montre son savoir faire de chorégraphe en mêlant intelligemment une danse au vocabulaire contemporain à l'ensemble de son ballet qui exploite un langage classique.

Toutes les scènes avec Mnester, sur de la musique électro-acoustique sont des moments suspendus dans le temps; à eux seuls, ils valent d' être vus.

 


 

Ensuite, viennent les choses plus classiques mais non moins abouties :

  •  Le personnage de Lune, aimée de Caligula, les duos qu'ils dansent ensemble.  Claire Marie Osta apporte là aussi une grande délicatesse au personnage et le contraste avec Caligula est saisissant.
  • Le cheval Incitatus, qui apporte un élément poétique exceptionnel, dansé par Gil Isoart, et qui là aussi, offre au spectateur, de "l'inédit" et du sensible.
  • Les scènes de groupe, de foules. Elles restent assez classiques, mais on s'en souvient... de même que l'éclairage, ou plutôt la lumière, devrais je dire,  qui suit le rythme des saisons. On est tantôt baignée dans une lumière orangée, qui peut virer au rouge, tantôt dans un éclat lunaire et argentée, tantôt les couleurs expriment la vie, le sang, tantôt elles se retirent, et il ne reste que le blanc, le gris, le noir, l'argenté.

  MUSIQUE

Caligula utilise la musique des quatre saisons  de Vivaldi, qui fait une boucle sur elle même. Comme si l'on présentait cinq saisons de la vie de Caligula. Choix curieux? Pas tant que cela, au contraire.  Le décalage entre cette musique tellement connue et le propos, qui n'est pas " l'histoire de la vie de Caligula" mais plutôt "scènes de la vie d'un Caligula" fait que tout à coup la partition sonne "neuve". C'est comme si on la découvrait pour la première fois. Et elle s'associe merveilleusement à celle composée par Louis Dandrel, qui a beaucoup de talent, plus qu'un certain Dusapin tellement encensé par la critique officielle depuis quelques années...

Premier essai réussi

Bref, j'ai vu dans ce travail beaucoup d'intelligence, de sensibilité, d'idées, de reflexions de poésie, mais avant tout, j'ai vu tout un univers aux nombreuses facettes... c'est cela être un artiste, non? Avoir un monde et y entraîner des êtres avec soi...

Par cet article, je rends hommage au travail de Nicolas Leriche, et à sa très belle créativité.

 


 

A venir :

 

Portrait de Nicolas Leriche

Ivan le Terrible et Nicolas Leriche.


 A lire

Florilège de critiques stupides et bâclées : Caligula de N Leriche

 


 

 La photo est d'Haruyo, que vous pouvez retrouver sur le site d'agoradanse.

www.agoradance.net, partie forum, topic Caligula.

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Published by shabastet - dans chorégraphes
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