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Shabastet

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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 08:22

 Raymonda, premier cadeau fait à l'opéra de Paris.

Dans cet article, je ne donne que quelques points de repère que je developperai dans d'autres articles, car Raymonda reste émotionnellement mon ballet préféré, sans doute parce que c'est le premier que j'ai vu de Noureev à l'Opéra de Paris.

Raymonda est donc le premier ballet que Rudolph ait chorégraphié pour l'opéra de Paris en 1983, l'année même où il en pris la direction en tant que directeur de la danse. Le contrat stipulait qu'il pouvait passer six mois de l'année hors de Paris, ce qu'il fit puisqu'il continuait à danser un peu partout dans le monde. Il régla donc Raymonda tout en sillonant la planète de ses allées et venues.

Son arrivée à l'opéra de Paris changea bien la façon de travailler des danseurs, habitués, selon les expressions de F Clerc à des répétitions " pépères". Et voilà que Noureev impose une nouvelle façon de travailler, obligeant tout le monde à être présent à la fois, corps de ballet comme étoiles aux répétitions, ce qui avant sa venue n'était pas du tout envisageable. E Platel raconte que les étoiles répétaient devant le corps de ballet, et que Noureev voulant toujours obtenir plus d'elles, les poussait dans leur limite, et que, si elles devaient tomber, et bien elles tombaient, mais que en parallèle elles gagnaient beaucoup de choses.

Beaucoup de balletomanes aiment  la Belle au bois dormant, ou le Lac...

Mais moi, j'ai une préférence toute spéciale pour Raymonda


 

Pourquoi?

Déjà la musique : celle de Glazounov est riche en couleurs, en contrastes, en émotions. Elle baigne dans un orchestration "très russe", avec des thèmes russes   et amples,  aux couleurs chatoyantes empruntées aux cuivres, ou bien plus boisées, plus fraîche lorsque les bois sont plus importants. La harpe intervient dans ce ballet, dans les scènes oniriques.

Ensuite, le mélange des styles, puisque à l'intérieur de ce ballet de conception  classique, Noureev a utilisé les danses dites de caractères que lui même avait apprises enfant en Russie. ( Il a commencé par ces danses folkloriques dans sa petite ville).

 

 

IL y a aussi les emprunts à la danse contemporaine : cela est très net avec les variations d'Abderam, le prince maure amoureux de la belle raymonda. Noureev a toujours aimé apprendre : il a travaillé toute sa vie, enfin, dès son arrivée à "l'Ouest" avec des chorégraphes aussi divers que Paul Taylor, Béjart, Francine Lancelot,  et a appris avec la même passion.

Les déhanchés, les déséquilibres, les attitudes de Abderam dans ses trois variations, les rapides passages au sol et les sauts qui ressemblent au bondissement d'un chat,  sont tous simplement époustouflants de beauté, de créativité et d'intensité virile.... eh oui! Il donne donc à ce personnage dit de " demi caractère" une dimension exceptionnelle, et en fait un contrepoids au Prince. ( Il apparait en rêve  à Raymonda dans les premiers actes, ce qui permet des pas de deux.) Noureev aimait danser les deux rôles : le Prince et le Maure.

 

 

Ensuite les variations de Raymonda elle même. C'est Petitpas qui les a réglées. Il y en a sept, et elles sont toutes incroyablement difficiles. Ma préféré est la dernière, lorsque tous les instruments se sont tus et que le piano joue une musique aux étranges accents de Transylvanie. La musique est puissante et mélancolique à la fois. Cette dernière variation est complètement magique, tant par la danse qui est à la fois très " slave" et très classique que par l'atmosphère immobile qui s'en dégage.


 

Enfin, les  quatre autres rôles du ballet dévolus aux    amis de Raymonda, deux filles, deux garçons  permettent une très grande richesse sur le plan de la structure du ballet et de son langage, car chaque ami a une personnalité qui lui est propre et les variations sont toutes bien différenciées.

 

J'ai eu la chance de découvrir ce ballet en 1983 avec Noella Pontois qui reste ma référence en matière de danse classique. C'était complètement magique! Je l'ai revue dans de multiples interprétations : Pietragalla, Lestestu, Guillem, Clerc, Platel... mais jamais je n'ai retrouvé cette poésie, cette force, cette douceur, cette passion.

Lorsqu'il fut redonné en 1998 à l'opéra Bastille, la magie Noureev s'était déjà perdu... tout semblait figé... perdu, pire encore : académique. De quoi ne plus aimer la danse classique.

 

J'ai vu aussi Noureev dans le rôle d'Abderam. Mais c'est une autre histoire....un peu triste...


Disques et dvd :

disque  : on ne trouve qu'un enregistrement de Raymonda en intégralité chez Naxos; il n'est pas fabuleux, mais pas mauvais non plus.

Je ne peux que vous recommander l'excellent dvd "Rêve d'étoile", chez TDK, "Raymonda" c'est un documentaire fabuleux sur ce ballet et sa création par Noureev.

Pour l'instant, hélas, pas de captation video du ballet dans la version Noureev.

A venir :

Des articles plus fouillées sur les variations, Noella Pontois et Jean Guizerix, la première de Raymonda, la septieme variation dite de la claque ....

 pour finir, cette image de Noella et Rudolph, sur scène.... émotion....

 


 

 A lire sur ce blog :

 

 Noureev

         

Noureev, parce qu'il était unique

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commentaires

krybaby 06/06/2006 04:35

jolie comme d'hab!!!!!!! bizzzzzzz