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Shabastet

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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

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25 février 2007 7 25 /02 /février /2007 15:32

  La fille du Pharaon est un des ballets exotiques de Marius Petipa, grand chorégraphe marseillais, fraichement débarqué à Saint Pétersbourg... il a déjà à son actif plusieurs chorégraphies, réglées pour la plupart à Bordeau ou en Espagne sur des thèmes exotiques ( l'Espagne était déjà à la mode, comme en témoignage, entre autre, le voyage en Espagne de T Gautier, ) et il avait déjà travaillé sur Paquita dans la ville russe.

Ce ballet eut un succès retentissant, et au fil des chorégraphies, Petipa va exploiter cette veine brillante, qui transforme un ballet en un spectacle d'art total, d'une certaine manière : décors, costumes, danseurs, musiques, pas, accessoires, mise en scène, tout est réglé avec une minutie jamais égalée au paravant: des accessoires sont utilisés : voiles, tambourins, qui rythment certaines danses, des animaux font leur apparition : singe, lion, cheval, dromadaire, serpent sacré d'Isis... et puis, il y a les grands défilés qui font beaucoup d'effet... le tout s'achevant en apothéose totale, d'après les dires de l'époque...

 


 

 

Car l'Egypte est à la mode - Aïda, une nuit de Cléopatre en sont d'autres exemples. La scénographie du ballet est tirée du " roman de la momie" de T Gautier : elle relate les amours contrariées d'Aspicia et de Taor, qui en fait, apparaissent en rêve à un lord anglais, parti voyager en Egypte, comme il se doit à l'époque... ce roman de la momie est publié en 1856, la même année que Salambô de Flaubert.

Mais la scénographie n'est qu'un prétexte à des tableaux d'une magnificence exaltante : les décors recréent les fastes de l'architecture égyptienne, telle qu'on commence à la redécouvrir ( Mariette a mis à jour le site de Memphis, quelques années plus tôt) et Petipa, pour les costumes, s'inspire  de fresques vues dans des musées... le soucis de l'exactitude historique n'est pas la priorité, mais plutôt la grandeur de l'ensemble : l'oeuvre est ponctuée par plusieurs " défilés" qui ont beaucoup de succès! L'idée est toute simple : faire défiler sur un rythme de marches militaires, des lignes de danseurs richement costumés pour créer une impression de grandeur et de dépaysement historique et géographique :

 

 

Ce ballet inspirera en partie Fokine pour ses "nuits egyptiennes" de 1907 et pour " Une nuit d'Egypte" en 1908... la sensibilité a changé, mais cet "hommage" met ces oeuvres dans la continuité de la ligne exotique tant aimée encore en ce début de siècle  (il n'est qu'à penser à Ruth Saint Denis, par exemple)

 


 

En 1928, le ballet est donné une dernière fois. Il disparaitra pendant la période bolchévique et ne sera pas repris... C'est Pierre Lacotte qui s'est employé à restituer la chorégraphie de Petipa, en partie perdue, dans son style originel...   il a aussi retrouvé des esquisses de costumes, mais seulement trois costumes intacts... Sa reconstitution, minutieuse, pour le théâtre du Bolchoi avec la sublime Zakharova a fait l'objet d'une captation DVD, de très belle qualité!

Il est étonnant de voir les dignitaires des palais egyptiens danser en dehors, et fermer leurs cinquièmes... mais il en était ainsi à l'époque : le ballet était avant tout une porte ouverte sur un rêve, où tout était mis en oeuvre pour que la perfection soit atteinte... 

 

 

 


 

 

Cette fille du Pharaon ne manque pas de charme. Le ballet annonce déjà la Bayadère, qui reprendra bien des éléments qui avait marqué le précédent ballet... la musique de Cesare Pugni n'est pas aussi désagréable que celle de la Bayadère, même si elle n'a pas la poésie d'un  A Adam... suivra dans le même esprit Raymonda... le Corsaire avait été l'une des premières chorégraphies de Petitpas à Saint Petersbourg dans cet esprit, mais n'avait pas atteint cette splendeur...

 

 

 

J'aurai l'occasion de reparler de Bayadère, du Corsaire et de Paquita... pour l'heure, j'ai déjà écrit quelques petites pages sur Raymonda, que j'aime par dessus tout... peut être parce que c'est le premier ballet de Noureev que j'ai vu sur scène...

Noureev avait d'ailleurs dit à Pierre Lacotte qu'il serait bien de remonter La fille du Pharaon, mais le projet en était resté à l'état de simple désir...

Finalement, Lacotte a pu faire avec le Bolchoi ce fabuleux travail de reconstitution.

 

 

 A lire sur ce blog :  Raymonda

Dvd : la fille du Pharaon édité par Bel air, avec Zakharova et filim.

 

En savoir plus sur Petipa  ( site de C Schemm)

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