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Shabastet

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Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 14:27

Voici une de mes critiques, issues du forum critical dance, danser en français, écrite en juin 2003
Je la mets telle quelle, écrite quelques heures après avoir vu le spectacle, pour un forum de danse, donc sans recherche de style...


 

Soirée du 19 juin
J’ai donc assisté à la dernière représentation des spectacles de Maurice Béjart, mise doublement en appétit par la lecture de ce topic et par la grève du 10 juin, jour où j’aurais dû voir ce ballet. Je pense qu’avoir avidement lu les critiques sur ce topic a changé ma vision du spectacle parce que je n’avais pas la même attente et j’étais ainsi totalement réceptive.

L’oiseau de feu
Par exemple, j’ai adoré l’Oiseau de feu, car ne je me suis absolument pas attachée à la symbolique du ballet, mais plutôt à ce qui s’en dégageait d’une manière générale.
J’ai aimé la façon dont les danseurs semblent être sculptés dans du marbre bleu, vivants, parfaitement en harmonie, chacun gardant au sein du groupe son individualité propre. J’ai notamment été éblouie par la prestation d’une des partisane, ( longue queue de cheval), vive, à la technique fluide, avec une grande présence, mais j’ignore son nom, l’un d’entre vous pourra peut être me renseigner. ( Choix entre Melle Aubin, Laffon ou Legassy) ( NB 2009 Melle Legassy)
La façon dont Béjart économise la couleur, (un peu comme Martha Graham) joue avec les éclairages parcimonieux, (scène de l’apparition de l’oiseau phénix où la toile de fond s’éclaire en triangle en partant du haut, simple pour un maximum d’effet) m’a énormément plu.
Sur le plan chorégraphique, il éclate le groupe, pour mieux le recréer, jouant sur les possibilités de combinaisons des neufs partisans.
Dans le rôle de l’oiseau de feu, Nicolas Leriche, qui m’a paru techniquement un peu fragile ce soir ( reception des tours en l’air parfois un peu imprécise) mais artistiquement très présent , et Karl Paquette, éblouissant oiseau phénix.

J’ai donc trouvé ce ballet très pur, visuellement poétique et puissant et les danseurs superbes.

Pour Webern opus V, Agnès Letestu en noir et avec Martinez en blanc furent techniquement impeccables, tous deux longilignes, parfaitement synchronisés, mais à mon goût un peu froids. Mais il est possible que cette impression de froideur viennent de la musique elle même.

Suivait Phrase de quatuor dansé par l’époustouflant Jérémie Bélingard.
Ce fut sûrement mon ballet préféré de la soirée.
J’ai adoré le mélange d’angoisse, d’humour, de dérision, de « loufoquerie » qui se dégage de l’œuvre, et je pense que l’interprétation du danseur y est pour beaucoup. Il met une telle ardeur dans sa danse qu’on ne peut que le suivre. Le cri poussé à l’avant scène dès le debut du ballet annonce toute la suite. ( cri de Munch ?)
Les couleurs noire, rouge et blanche, ( les trois couleurs qui incarnent la perfection au Japon) produisent une ambiance à la fois inquiétante ( renforcée par ce flottement nuageux et brumeux au dessus de la scène) et profonde.
Les quatre tricoteuses, après tout ce que j’en avais lu, m’ont amusée. Je pense que l’on peut tout leur faire dire et j’ai beaucoup aimé leur emploi. Elles jouent avec les fils ( laine, micro, corde) et interviennent de façon à la fois cocasse et dramatique. On peut les renverser, les manipuler, mais elles reviennent reprendre les fils qu’on leur retire.
Quand à la musique, j’ai suivi assez fasciné le collage musical composé par Pierre Henri auquel fait écho toute une ambiance bruyante de sons naturels ( pluie, eau, klaxon, flipper, voiture, etc) et de phrases musicales qui font écho aux citations. C’est fait avec finesse et aussi avec beaucoup d’humour. La partition ne s’essoufle à aucun moment, et là encore, l’angoisse côtoie la drôlerie. Mélange on ne peut plus heureux.

Le dernier ballet, Le Mandarin merveilleux, m’a aussi séduit par plusieurs aspects, même s’il me semble moins accompli que les trois précédents.
D’abord les décors, qui plonge le spectateurs au cœur d’un monde qui tient à la fois de celui de Chereau dans sa mise en scène de Wagner à Bayreuth ( les Nibelungen et le monde industriel) et d’un univers année trente en pleine crise. Je trouve cela très réussi.
L’effet de groupe des truands, parfaitement ensemble, qui ne perdent jamais leur individualité est utilisé autant pour le rythme que pour l’effet de « masse. »
Ainsi, leur utilisation permet des accélérés ralentis (l’un particulièrement vertigineux, où chaque danseur a tour de rôle se lève, fait deux tours en l’air ainsi de suite jusqu’à ce que tout l’ensemble danse, et ensuite en décalé) qui ponctuent tout le ballet, et qui donnent un souffle à toute l’œuvre.
Le trio composé par les trois danseurs principaux se détache du reste du groupe comme des marionnettes de foire : le chef des truands qui danse peu, mais qui a une présence très inquiétante et qui tire les ficelles ( Yann Bridard) ; sa relation très ambigu avec la fille conduit le ballet au bord du registre « glauque ». Le mandarin, Kader Belardi, irréprochable, fin, léger, est irréel dans ce context brut et citadin, et enfin, la fille, Mallory Gaudion, que je n’avais jamais vu danser et qui incarne son personnage avec à la fois force, fragilité, sensualité et un rien de grotesque. ( très Berlin année trente dans toute sa décadence)
Les trio superposent trois techniques et style de danse et mettent en valeur les trois danseurs.
La mise en scène de ce ballet l’apparente plus au monde du théâtre que de la danse, et c’est encore l’une des raisons pour lesquelles il m’a séduit.

Vous l’aurez compris, j’aime décidément beaucoup l’univers de Béjart, qui, à mes yeux, ne vieillit pas…
Le rideau est tombé très vite, et je n’ai pas pu applaudir comme je l’aurai voulu Mallory Gaudion et Kader Belarbi, et tous les autres…

 

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Published by Nâga.... - dans Maurice béjart
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commentaires

Dalla Longa Gisèle 21/05/2012 09:06


Bonjour,


je viens de découvrir votre blog et de vous lire un peu.Très émue.Les mouvements apparaissent dans vos écritures.Je reviendrai.


Merci.


Je peins le mouvement dans l'espace avec spontanéité .Voir blog peintures:dallalongagisele.over-blog.fr


A bientôt!


Amicalement,

Shabastet 21/05/2012 22:09



Je vais de ce pas regarder votre blog!


merci pour votre passage!