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Shabastet

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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 22:02

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Quand trois génies se rencontrent, c’est tout l’un ou tout l’autre !

1 : Ou bien ils parviennent à s’entendre,

2 : ou bien ils se gênent et comme chacun à peur de faire de l’ombre à l’autre, tout le monde se rapetisse, encore et encore…

 

Pour Eonagata, cochez la case 2 s’il vous plaît !

 

et pourtant, elle est belle cette photo, Non?

 

J’attendais ce spectacle, non pas avec impatience, mais avec une infinie curiosité… aborder le thème du masculin féminin avec des personnalités telles que ces trois génies-là ! de quoi vous faire espérer un spectacle plein d’émotion, de trouvailles !

J’avais vu la bande-annonce sur le site du Sadlers qui en deux minutes, vous présentait un spectacle riche en rebondissements, en rythme, en couleurs

J’avais vu le «  on the edge » qui fait la part belle à cette création

J’avais vu la face cachée de la lune, film plein de sensibilité du talentueux R Lepage qui est scénariste, acteur — (s) car il joue deux rôles, lui et son frère — et metteur en scène

Enfin, j’avais vu le spectacle présenté il y a trois ans aux Champs-Élysées avec Russel Maliphant et Guillem qui m’avait émue ; je revois encore leur duo, je revois encore le solo de Russel sur un émouvant morceau de violoncelle

 

De quoi se dire : avec trois talents pareils, je vais voir quelque chose d’inédit, d’inventif, de troublant, d’émouvant !

Et bien, que nenni !

 

Du vent, du vent et du vent !

Un soufflé qui retombe vide, creux et vous fait quitter la table la faim au ventre !

 

Et pourtant, il y  avait tant à faire !

 

En ressortant du spectacle, je me suis dit : « Guillem s’est fait toute petite devant Lepage, elle n’a pas osé affirmer qu’elle est danseuse, avant tout, et quelle danseuse ! Elle a voulu lui prouver qu’elle pouvait aborder d’autres arts de la scène, qu’elle pouvait être actrice, chanter,  mais elle se trompe. Lepage s’est laissé convaincre de “danser ” alors qu’il est avant tout un homme de théâtre ; il aurait dû écouter son bon sens premier qui lui avait dit «  Non, ne te lance pas dans une telle aventure ! » et Maliphant n’a pas non plus osé dire “je m’occupe de tout ce qui est combat, bâton, épées, laissez-moi faire et j’assume aussi des parties dansées”

 

Du coup, personne ne trouve sa place !!! Chacun s’excuse devant l’autre, on nivelle « par le bas» pour que tout le monde y arrive (à danser, à chanter, à dire un texte, à manier des éventails, des sabres, des bâtons…)

Lepage prouve qu’il ne sait pas «  bouger», Guillem, qu’elle n’est pas une actrice, Maliphant qu’il vaut mieux que cela

 

 

 

L’œuvre commence par un solo de Lepage muni de deux épées : à coup de flash, et de musique tonitruante, il danse au milieu de fumigènes «  On dirait Goldorak ! » me dit mon compagnon. Moi, je cache les yeux, car je me prends les flashs en pleine figure et je suis à moitié aveuglée ! Puis tout s’arrête, et Guillem vient se planter sur la scène pour nous raconter la vie du Chevalier d’Eon ; ça dure au moins cinq minutes, le texte est plat, naïf, et  on se dit «  Erreur de mise en scène d’un débutant ! »

C’est d’un ennui !

Suit une scène aux éventails : Si Maliphant  les exploite assez bien, quoique sans grande originalité, Lepage peine avec son grand éventail rouge,  il est empoté comme tout et puis quoi ? Quel sens donner à cette scène ? Pour justifier le titre ? Pour évoquer les Onagatas, ces rôles féminins tenus par des hommes dans le théâtre Kabuki ? Pour en avoir vu, je sais qu’on est fasciné ! Là, on est juste embêté pour Lepage qui s’en tire comme un manche ! À ce niveau-là….

Vient la scène sur les tables

Trois tables, les danseurs se roulent dessus et tournent autour !

Bon !

Si Guillem à la grâce d’un félin, si elle s’amuse vraiment à glisser comme dans la pub pour un produit d’entretien qui fait briller les tables, les deux autres peinent derrière ! Ils sont balourds.

Est-ce que ces failles sont exploitées, ce pourrait être intéressant ? Non ! On se dit juste : “Ils ne sont pas très synchro, tous !" et on compare.

 Et ainsi de suite….

Nombreuses sont les scènes ou on chante, ou on parle, ou on se bat aux bâtons, mais on fait tout doucement, on ne frappe pas trop fort, des fois qu’on se fasse mal ! Et surtout, on ne tourne pas trop vite, pour que Lepage puisse suivre…

 

Je me disais au fond de mon fauteuil

«  Pourquoi ne pas avoir confié la danse à Guillem, les arts martiaux (scène aux bâtons ou avec un sabre) à Maliphant qui manie cela avec virtuosité et un récit à Lepage au lieu de ce méli-mélo sans queue ni tête !

 

Bien sûr, Guillem est toujours magique ! Fascinante, charismatique, et tellement belle ! Quand elle est seule sur scène, on revit ! Et on se dit «  pourquoi se limite-t-elle comme cela ? Que veut-elle prouver ? » Elle est tellement sublime lorsqu’elle écrit à sa mère !  Dans ce solo, la colère bouillonne, et puis elle explose tout à coup! L'émotion naît, on est emporté !

De même, lorsqu’ elle danse en kimono blanc et fluide à grandes manches. C’est beau, on est envoûté ! On pourrait la suivre pendant des heures… mais non, tout s’arrête et ça se remet à parler, sans âme ni émotion…

 

Car d’émotion, il n’y en a quasiment pas dans cet Eonagata qui mêle Japon, mythe sur l’androgyne, et chevalier d’Eon, sans lien véritable, sans souffle profond qui conduise le spectacle de bout en bout. Celui-ci  juxtapose les scènes les unes après les autres en suivant plus ou moins la vie du chevalier, tout en incorporant deci delà des éléments japonisants : un kimono, une poupée-geisha, un tambour, des éventails…

 

A un moment, un panier – de ceux que l’on mettait sous les robes - est jeté sur Guillem-Eon ; voilà une occasion magnifique de jouer avec ; de s’enfermer dedans, de ramper, de sortir un bras, ou de s’emmêler dans ses mailles, que sais-je ! Il faut tirer parti de cet accessoire pour faire avancer l’histoire

Et bien non : Guillem met cinq minutes à l’enfiler ; elle n’arrive pas à passer les épaules, mais ans que ce soit «  voulu» elle semble juste ce soir-là avoir du mal avec cet accessoire, et nous, spectateurs, on commence à être habitué à voir tout le monde peiner avec tout. Mais alors ?   ? Est ce fait exprès ?

Impossible de donner un sens à la scène ! On est juste frustré comme on l’est par cette immense poupée en kimono qui agite les bras et parle comme au théâtre de Guignol sans qu’il se passe vraiment quelque chose !

 

 

Vient tout à la fin du spectacle - après une bonne heure et quart, quand même- la scène au miroir; c'est émouvant, enfin! Cette fois-ci les trois « performers » sont à égalité ; on est touché, on veut en voir plus…

 

Voilà, c’est ça, Eonagata !  Le masculin-féminin n'y est pas vraiment exploité : il y aurait eu tant à faire!

Bon, les artistes se sont «  plantés»

Ça arrive, je ne leur en veux pas ; j'en veux plus au battage médiatique qui veut nous faire croire à une oeuvre géniale; non, c'est juste une oeuvre ratée....

Malgré tout, je suis quand même contente d’avoir vu Guillem-la- magnétique !

J’étais tout près de la scène, c’était fascinant de la suivre quand elle dansait, tellement belle, tellement elle ! Pourquoi s’est-elle faite si petite ???

 

Elle prépare actuellement un solo de vingt minutes avec Mats Ek qui a déjà réalisé Wet Woman… il sera donné aux Champs-Élysées l’an prochain… avec quoi d’autres ? Mystère

Mais j’y serai !

Oui, résolument, j’aime Guillem !


 

 

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Guillem Maliphant Théâtre des champs-élysées

 

 

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Published by Nâga.... - dans Sylvie Guillem
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commentaires

Cathy 10/01/2011 11:23



Bon, je n'ai donc aucun regret d'avoir omis de réserver pour ce spectacle !


La lecture de ton blog m'aura du oins davantage divertie que le spectacle lui-même !


bises



Nâga.... 12/01/2011 09:31



j'en ai été toute déprimée toute la journée du lundi!!! c'est la première fois qu'un spectacle agit ainsi sur mon humeur aussi longtemps!!!!