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  • : Un jour, une œuvre
  • : Créé en 2006, ce blog rédigé par Valérie Beck autrefois consacré à la danse et à ma compagnie se diversifie davantage.
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 19:49

 

141826-b-la-danse-le-ballet-de-l-opera-de-paris.jpg« La danse  le ballet de l’opéra de Paris » est un drôle de documentaire. Son nom déjà est un attrape-nigaud! Tout comme l'image du DVD ( extraite de Casse-Noisette) qui n'est absolument pas représentative de ce film.

C’est une « ballade » dans l’opéra de Paris, des sous-sols aux toits, mais sans paroles

Il n’y a pas d’explication, pas d’interview, comme dans le très beau « tout près des étoiles » de Niels Tavernier

Là, non…

Le réalisateur se promène, et filme, semble-t-il au petit bonheur la chance, tout ce qui tombe sous sa caméra : un bout de répétition, une teinturière en train de préparer sa mixture maison, l’apiculteur qui soigne ses ruches, B Lefevbre en pleine réunion (et en plein show dirait-on !) un inconnu qui va à la cantine, les pompiers qui nourrissent les poissons du lac souterrain, un balayeur qui nettoie les loges désertes, un syndicaliste qui présente la nouvelle retraite… et ainsi de suite.

 

Au début, on est tout heureux ; on a l’impression d’être une petite souris qui se promène en douce dans ce temple de la danse… on  réalise le rêve de toujours : savoir ce qui se passe à l’opéra, partout ! On espionne, on se glisse ici et là, des ateliers aux studios de répétitions, des endroits secrets aux toits…

 

Et puis très vite, on se lasse… Les plans se superposent aux plans, sans lien, sans commentaire. Tout devient gris, froid, identique, impersonnel… fade, en un mot…

 

J’ai beau, cette année là, avoir vu presque toute la saison et être donc capable d’identifier quasiment tout le monde – danseurs, répétiteurs, chorégraphes, administration –  l’exercice devient vite lassant, et, c’est triste à dire, inhumain…

 

Ce documentaire ne documente pas : il  frustre… il rend terne un lieu magique, un lieu mythique

 

Passer des répétitions de Mats Ek à Wayne Mc Grégor aux soirées Arop  (Brigitte Lefevbre se trompe  d'ailleurs de nom!)  puis de Petipa  au nettoyage des loges, et enfin de Noureev à la cantine, le tout sans un seul mot, sans aucune envie de créer des liens, crée un ennui mortel...

 

Au fond, c’est sans doute cela qu’a voulu faire Wiesemann ; briser la magie, montrer le fonctionnement quasi routinier de cette grande maison, démystifier le temple de la danse

 

Il y réussit fort bien !

 

Alors ?

 

J’ai quand même acheté ce DVD. J’avais vu le film à sa sortie au cinéma et au bout de deux heures, j'avais failli quitter la salle…   quelques moments de danse cependant - du reste, fort rares - m'avaient "réveillée" tandis que je somnolais à demi dans mon confortable fauteuil de cinéma… Ces petits moments durent à eux tous peut être 20 minutes ( soit le 9ème du documentaire !)   mais ces perles disséminées ça et là, je voulais les revoir, les retrouver, m’en nourrir encore une fois…

D'abord, il y a Nicolas Leriche en répétition ; d'ailleurs, Nicolas est-il jamais en répétition? dès qu'il danse, tout se sublime...  on est immédiatement face à l'art…. cet artiste n'apparait qu'une misérable minute, mais alors! O temps suspend ton souffle!!!!  cela rend d'autant plus insipide la suite... car tous à l'opéra n'ont pas l'immense talent d'un Leriche. Cette petite minute est une véritable petite pétite d'or...

 

 

Ensuite, il y a Manuel Legris qui "braille"dans la maison de Bernarda… un petit souvenir d’un grand moment à l’opéra. Legris est fabuleux dans le rôle de cette mère, qui fait régner la terreur dans sa demeure en pleine Espagne dictotoriale. Lorca qui a écrit ce texte sera d'ailleurs éliminé par le régime  très peu de temps après. Revoir Legris,  là, comme ça, juste quelques instants, entouré de Pujol, Osta, Gillot... c’est un petit délice.

Comme l’est ce  pas de  deux de Casse-Noisette répété sur scène Leriche et Pujol…quelle fraîcheur!

Un peu plus loin, la magique Delphine Moussin assassine ses propres enfants dans le terrible Médée de Prejlocaj…

 

Ces quelques moments furtifs,   ces instants de danse  valent l’achat du DVD… ce n’est pas si souvent qu’une émotion, sans fard, est captée sur le vif et livrée telle quelle au spectateur.

 

Mais pour les non amateurs, ce film est à fuir. Aucun sous titre ne permet d’identifier ni les ballets, ni les danseurs, ni rien ni personne… il n’y a pas de chapitrage. Il n’y a aucune interview, je le répète, aucun commentaire… une image toute nue…

 

Voici un petit aide mémoire que je complèterai lorsque je l’aurai revu une seconde fois car dans le DVD il n’y a aucun chapitre, aucun moyen de se repérer :

 

 


cette année-là était :

Paquita-Lacotte, 

Casse-Noisette- Noureev,

Médée- Prejlocaj,

La maison de Bernarda- Mats Ek,

Genus- Wayne Mcgregor,

Roméo et Juliette-Sasha Waltz

Orphée et Eurydice – Pina Bausch

 

Les maîtres de ballet :

Hilaire fait répéter Cozette le rôle de Médée de Prejlocaj ; sur scène c’est Moussin qui le danse

Lacotte et Thesmard font travailler Letestu et échangent des points de vue contraire d’un ton très fairplay !

Clotilde Vayer fait répéter le corps de ballet dans Casse Noisette

Patrice Bart et Hilaire font répéter Paquita sur scène ( on voit entre autre Heymann, Froustey qui «  risque de manquer de place », Renavand

 

Les chorégraphes Mats Ek, Mcgrégor sont présents pour les répétitions

Pour Pina Bausch, c’est une assistante…

 

Les  larges extraits de Genus   sont répétés avec Pech et Gillot sous l’œil vigilant du chorégraphe Mcgrégor

   

 

 La danseuse qui « a trop à danser sur Paquita » est l’adorable Laure Muret

On voit aussi Aurélie Dupont et H Moreau dans Roméo et Juliette…

 

Plus de détails prochainement

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