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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 09:13
Le lieu de mémoire consacré à Noureev a ouvert ses portes au Centre National du Costume de Moulins il y a quelques jours. Cela apparemment n’a pas été une mince affaire, et je suppose que ce lieu doit beaucoup à l’obstination et à la persévérance de ceux et celles qui souhaitent vraiment conserver la mémoire de cet être qui a filé comme une étoile, illuminant pendant vingt cinq ans environ le monde de la danse de sa créativité, de sa passion, et de sa volonté à rendre le ballet classique «  moderne » tout en étant ouvert à toute la création de sa génération.
A une époque où la mémoire des gens s’étiole  et où l’on considère que au final  Noureev n’a pas fait grand-chose puisque les ballets sont de Petipa et que sa technique, superbe jusqu’à la fin des années 70, a ensuite décliné rapidement à cause de sa maladie longtemps cachée, il est bien qu’un lieu comme celui-ci rende hommage à cet exilé qui a tout sacrifié pour la danse.

                                                                        Salon de Noureev quai Voltaire
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Excessif, passionnée, démesuré, Noureev l’était, comme le sont toujours  ceux  qui   apportent de l’air frais sur un art en passe de se momifier, ce qu’était devenu en Occident le ballet classique dans les années 60. Qu’un transfuge de l’Est  apporte  dans leur intégralité des ballets inconnus ou perdus pour «  l’Ouest »  dans les années 1960 était un vrai miracle pour bons nombres de compagnies de  danse, qui savaient que seul l’Est détenait ces ballets.
Car on l’oublie trop souvent : Noureev n’était pas qu’un danseur. Il remontera avec passion, ardeur et intelligence aussi, tous les grands ballets que sa mémoire phénoménale a conservé précieusement, étant capable non seulement de danser les rôles masculins mais aussi les rôles féminins, réglant les ensemble parfaitement, lui qui arrive à l’école Vaganova en 1955  âgé déjà de 17 ans,  devient soliste deux ans plus tard, et quitte définitivement la Russie six ans après, en ayant déjà énormément dansé, assisté et mémorisé nombres de  ballets et commencé  une petite révolution dans son propre  pays en bousculant la tradition.
 
Destin unique et fascinant que celui de cet enfant d’origine musulmane et très pauvre, qui va10454968954_ba300607cd_o-copie.PNG accéder en quelques années à un statut de star – il l’était déjà dans son pays, mais la Russie a soigneusement gommé toute trace de son souvenir après son passage à l’ouest -  et bouleverser le métier de danseur, le faisant financièrement véritablement «  décoller ».
Noureev s’achète maisons, appartements et objets d’art partout où il danse ou presque. Beaucoup ont encore en mémoire les images de cet homme seul et fatigué sur son île au large de l’Italie, voyageant d’un bout à l’autre du monde presque jusqu’à la fin de sa vie, et remontant, malade, pour l’Opéra de Paris, la Bayadère à la toute fin de sa vie.
 
Le Centre du costume de Moulin a pu acquérir des objets, du mobilier, des costumes qui ont traversé la vie de Noureev et les  présente dans une scénographie due à l’un des plus fidèles et plus talentueux collaborateur de Noureev : Ezio Frigerio.
Il a  réalisé un superbe tombeau de mosaïque comme vous pouvez le voir dans cette vidéo : j'ai moi même déposé la rose sur ce tombeau.       Tutu d'Odette de N Pontois




 
 
Il reste à espérer que peu à peu le musée fera d’autres acquisitions et saura toujours rendre vivant cet héritage culturel exceptionnel, car Noureev n’aimerait sans doute pas voir sa mémoire se momifier puis tomber en poussière...
 
Martine Kahane et Delphine  Pinasa ont déjà publié un catalogue de cette collection
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