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Shabastet

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  • : Blog sur la danse en général et l'opéra de paris en particulier rédigé par Valérie Beck, administratrice du forum danses pluriel
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 18:22

 

 

 renavand alice

Il y avait bien longtemps que j’avais envie de voir Alice Renavand dans un rôle classique. Je l’avais déjà repérée dans le corps de ballet lors d’une Sylphide, en 2005. Elle avait le petit plus qui fait qu’une personnalité émerge naturellement d’un groupe.

Quand à F. Alu j’en avais tant entendu parler que j’avais envie de le voir dans ce type d’œuvre ; il est tout jeune puisqu’il a19 ans !

 

Je dois dire que j’ai passé une soirée savoureuse, en partie grâce à ces deux danseurs : tout était vivant dans ce Don Quichotte du 19 décembre même si techniquement, les rôles titres n’ont pas été « éblouissants » !

 

Dans le premier acte, Renavand a été parfaite ; présence, gaieté, légèreté, enthousiasme.

Elle a beaucoup d’aisance dans les grands sauts, beaucoup d’énergie aussi, mais elle reste féminine, gracieuse. Sa première variation et la variation aux castagnettes étaient très enlevées

 et Kitri était belle et bien là. (Bien plus que D. Gilbert qui ne sautait même pas le 12 !)

 

Son Basilio n’était pas en reste non. Avec F Alu, elle forme un couple vivant, qui déborde d’énergie. Cela doit être contagieux, car tout à coup, tout prend vie sur le plateau.

 En outre, les deux amies étaient les fantastiques Froustey et Giezendanner qui s’accordent à merveille tout en conservant chacune sa personnalité. Féminines, gracieuses, ses danseuses ont une danse fluide, ample, généreuse ; elles dansent « large ».Une belle harmonie et beaucoup de joie de vivre se dégageaient des pas de trois ou quatre ou cinq dont est émaillé ce Don Quichotte.

 

Quand je repense à cette soirée, deux mots me viennent : jeunesse et fraîcheur.    Pendant  le premier acte, on ne pouvait qu’avoir le sourire aux lèvres.

L’Espada de F. Lorieux, à la danse bien plus incisive que celle du lyrique Duquenne  formait un couple bien assorti avec la majestueuse Laura Hecquet, magnifique en danseuse des rues, dont j’avais beaucoup aimé l’interprétation le 12 décembre. Bref, ce premier acte était très réussi.

 

Au deuxième acte, tout cela retombe un peu en partie ; la scène avec les Gitans, aux éclairages trop sombres qui tassent tout le monde, est de ce fait, irrémédiablement gâtée pour moi; du haut du second balcon, toutes les silhouettes sont écrasées, tassées, par ces ombres monstrueuses, il est alors impossible alors de véritablement goûter la danse qui se déploie sur scène car tout est happé – danseurs, couleurs, pas, costumes – pas ces ombres noires qui engloutissent le plateau.

Un  bravo cependant pour le beau et fier Gitan de Mathieu Botto moins virtuose semble-t-il que Madin mais très charismatique. Je dis semble t-il toujours à cause de la raison évoquée plus haut.

 

Dans la scène des Dryades, Renavand, crispée dans la redoutable variation de Dulcinée, perd de son charme ; le haut de son buste se raidit ainsi que ses bras, elle semble montrer ses limites.

Je n’ai pas particulièrement aimé la Reine des Dryades d’Albisson, mais malgré tout, il y avait une certaine poésie ; le Cupidon de Marine Ganio, espiègle et charmeur, m’a envoûtée !

Voilà une danseuse spirituelle, bondissante, légère qui donne à son Cupidon toute son éblouissante technique «  l’air de rien ». Les pas sont ciselés, propres, précis, vifs et donnent à ce personnage de la fantaisie et de l’esprit !

 

Vient ensuite le redoutable troisième acte qui cueille des danseurs fatigués pour les pousser dans leurs limites techniques.

 

 

On retrouve dans la taverne toute la jeunesse réunie : les amies, Espada, Kitri, la danseuse de Rue, Basilio nous enthousiasment comme au premier acte.  Puis vient le mariage.

 

L’orchestre qui ne brillait déjà pas par sa subtilité a vu tout à coup son tuba devenir fou et planter des grosses basses beuglantes hors tempo ! Erreur du chef ? Distraction du musicien ? C’était honteux ! Toute la présentation du couple en a été perturbée !

Les variations très techniques qui exigent une énergie hors du commun ont été exécutées avec   ardeur et intensité à défaut de l’être avec virtuosité.

J’avoue que je n’aurais pas eu un regard aussi complaisant si les deux danseurs avaient été Etoiles. Mais Alu est juste coryphée et Renavand première danseuse. On ne place donc pas dans sa tête la barre aussi « haut » sur le plan technique que pour des étoiles.

Donc un troisième acte techniquement «  honnête » mais là encore, un engagement, des prises de risque de la part de ces deux danseurs qui font fermer les yeux sur les équilibres un peu vacillants ou le manque  d’ampleur de la danse. Au détour d’une pirouette qui s’achève avec un développé attitude, tout à coup, on retrouve chez F. Alu un peu de ce style si particulier à Noureev !  D’ailleurs ce qui m’a le plus séduit chez ce danseur, c’est son intelligence car sa technique encore un peu verte est largement compensée par une vraie compréhension des pas et une façon de les exécuter très claire.

 

Au final, j’ai quitté la salle heureuse parce que j’avais vu sur scène une troupe unie et visiblement heureuse de danser, ce qui n’était pas du tout le cas le 12 décembre. On ferme les yeux sur les petits «  ratés » parce que l’essentiel a été atteint: partager avec le public le plaisir de la danse, en portant une œuvre avec enthousiasme, ardeur, conviction et talents.

 

 

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 08:53

Svetlana_Zakharova_solo_kitry3.JPGLa danseuse annule sa venue à Paris pour cause de maladie...

J'avais pris des places pour la voir dans Kitri

Elle m'avait beaucoup touchée et émerveillée en Nikya ce printemps et j'avais juste envie de la revoir sur scène!

 

Je me réjouissais de voir une autre interprétation que celles déjà vues ( Renavand/ Gilbert) dans ce rôle de Kitri où j'ai vu dans le passé Motte, Pontois, Loudière, Pietragalal, Letestu. Cette dernière aux côtés de Leriche s'y est révélée époustouflante. Celle qui m'avait le moins séduit était Pietra : elle dansait trop en force.


 

Je crains que cela ne soit la même chose avec Pagliero ce 26 décembre puisque c'est elle qui remplacera Zakharova aux côtés de Paquette... le peu que j'ai vu de sa prestation via les videos me laissent augurer qu'il y a du combat dans l'air plus que de la danse.... à suivre!

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 07:40

arushi.jpgAuditorium du Musée Guimet le 20 octobre 2012

Arushi  Mudgal : danse Odissi

Sawani Mudgal, chant et nattuvangam

Srinivas Satapati, flûte

Pradipta Kumar Moharana, mardal



Arushi  Mudgal a proposé un récital où alternaient danse pure et danse narrative  (Abhinaya). Je pensais que 1h30 de danse sans décor, sans costume serait peut être long mais tout a été un pur délice. Cette danseuse,  virtuose, dotée d’un  sens théâtral totalement maîtrisé, est capable d’aborder toutes sortes de narrations ; à aucun moment, sa danse ne faiblit, même dans les pièces d’une très grande intensité, qui réclament des frappes de pieds d’une virtuosité hallucinante, ou des déplacements véloces qui exigent du danseur une très grande puissance et une maîtrise parfaite. Arushi a le buste, les bras et les mains totalement déliées ; sa danse respire naturellement; en vérité, c’est le fruit d’une travail long, exigeant, qu’elle mène sans relâche depuis sa toute petite enfance, puisqu’elle a commencé à la danse à 4 ans. Ainsi, Chouka et Tribangha se succèdent sans relâche, avec aisance, beauté, souplesse.

Arushi a dansé huit pièces, toutes  très différentes les unes des autres. Après Mangalacharam  au cours de laquelle la danseuse salue la terre, les dieux, le guru et l’assistance et demande à Ganesh  de «  lever tous les obstacles »,    Arushi  a incarné Shiva et sa puissance absolue, (Shiva tandaram strotam) ; elle s’est montrée autoritaire, terrifiante et superbe !  Puis elle a épousé  la douleur de la belle Radha, trahie par son amant  (Ashtapati). Dans Oriya Champu, elle est devenue une Gopi commère, pleine de verve et d'humour, mais bonne copine quand même,  qui met en garde Radha, amoureuse de Krishna : « tu vas te brûler les ailes, ma fille,  à vouloir aimer un Dieu ! Tu vises trop haut, il n’est pour aucune de nous !  Et ensuite, que feras-tu à part verser toutes les larmes de ton corps ? »  Son visage est expressif ; elle sait donner à son regard, à une inclination de la tête, à un mouvement de cou, à un menton pointé ou bien encore à un haussement de sourcil le sens exact qu’elle désire. Ainsi, sa théâtralité, ses qualités d’interprète  s’accordent à merveille avec la virtuosité de sa danse pure.

Dans Aalhad,  la danseuse  ajuste au millimètre près ses frappes de pied aux percussions, offrant un moment saisissant de perfection.  Arushi déploie ensuite toute  la délicatesse  raffinée dont elle est capable, comme dans Vasant, chorégraphié sur un poème en sanskrit du 6ème.  Enfin,  dans Kumara shambhava elle évoque  avec des mouvements de poignets et des mudras précis et délicats  le   printemps  et ses arbres en fleurs, les lotus épanouis, les parfums suaves,  les fleurs et les oiseaux multicolores et bavards, les abeilles et les amoureux… Shiva et Parvâti.  

Arushi a magnifiquement terminé son récital par une pièce mystique de pure beauté, qui évoque la terrible déesse Durga, (Bhairavi Pallavi) et la lumière s’est estompée sur une pause qui a rappelé la statuaire des temples de l’Orissa et l’origine de cette danse sacrée.

La  danse d'Arushi est pure poésie, pure maîtrise, pure virtuosité ; en outre, elle est d'une expressivité spectaculaire ce qui fait que  tout est très lisible, compréhensible, même pour un public qui ne serait pas du tout initié.Arushi-Mudgal-Odissi-Dancer.jpg

Preuve en est cet Ashtapati - poésie du 13 siècle, - évoquée plus où la gopi Radha, aimée de Krishna attend son retour au petit jour impatiemment ; elle se rend compte que l'amant a été infidèle : son corps porte même les traces de sa nuit d'amour. S'en suit une pièce bouleversante ou Radha,   jalouse et malheureuse, exprime toute sa douleur,   montre à Shiva comme  elle se sent offensée, et l'invite à aller séduire toutes les Gopi ( gardiennes des vaches) si cela l'amuse. Dans sa douleur, elle reste digne...

 

Le père d’Arushi, Padmashree Madhup Mudgal,  musicien et compositeur,   dirige une grande école de musique et de danse à New Dehli ; sa tante, Madhavi, élève  du grand Guru Kelucharan Mohapatra à qui j’ai déjà consacré un article, et qui a chorégraphié la plupart des pièces a été l’une des danseuses les plus réputées ; elle a formé Arushi et l’aide dans son travail chorégraphique.  Sa sœur chante. Elle n'a pas ces voix nasillardes féminines que je déteste; au contraire. Son chant est beau, spirituel,tout comme la flûte qui accompagnait la danse. La musique jouée " live" était un plaisir à elle seule. Il y avait une osmose remarquable entre tous les artistes...

Le résultat est spectaculaire car l’Odissi se trouve remanié par toute cette famille, - on pourrait dire «  modernisé » -  Ces pièces dansées, pour la plupart chorégraphiées par Kelucharan acquièrent une dimension scénique ; certains passages sont coupés, d’autres, transformés, d’autres accueillent davantage de virtuosité. L’exploitation de la scène elle-même est différente : la danseuse l'utilise dans toutes les directions. Les tempi de certains passages sont accélérés pour rendre plus éclatante la virtuosité… bref, difficile dans certaines pièces de reconnaître le travail de Kelucharan, plus sobre, plus intime, plus destiné à une salle plus qu’à une scène.

Et pourtant !!!! Et pourtant, rien n’est trahi, au contraire ! L’esprit de l’Odissi est bien là… si l’on est un peu sensible, Rasa arrive avec la dernière pièce… c’est réel et c’est profond. Chacun le ressent qu’il soit dans une quête mystique ou non. La spiritualité reste bien au cœur de l’Odissi, qui  n’est pas devenue un divertissement de scène pou Occidentaux en mal d’exotisme. Et c’est là que je salue ce travail exceptionnel : restituer l’âme de l’Odissi tout en l’adaptant aux exigences de la scène et à notre époque. Adapter sans trahir les fondements même de l’Odissi, dont la vocation première est d’élever l’âme du spectateur.

Ce  qui me ramène à un article précédent où je m’inquiétais de l’avenir du ballet. Noureev n’est plus là pour donner son souffle, écrivais-je, et les ballets perdent peu à peu leur âme. Mais il suffira qu’un nouveau Noureev naisse pour que le ballet classique retrouve non seulement son éclat, mais surtout, sa raison d’être.

 

Vous trouverez sur Youtube presque toutes les videos que je cite; mais rien ne vaut le direct! impossible de retrouver les énergies du récital via une video...

 

madhavi-mudgal-and-arushi-mudgal-city-center.gif   Arushi et sa tante Madhavi

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Published by Shabastet - dans Odissi et Yoga
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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 06:47

noureev.jpgCher Noureev!

 

 

Nous allons  fêter les 20ans de ta mort… hypocritement, l’opéra de Paris va faire un « gala » alors que tout prouve que l’ONP ne remonte tes œuvres qu’à la va-vite et parce que ça remplit les caisses !

Ce gala est réservé aux membres Arop ou autre, autre hypocrisie  : aucune vente des catégories accessibles à tous n'a été mise en place....

Bien évidemment, aucun de ceux qui ont dansé avec Noureev par le passé ne seront présents : Ni Jude, ni Legris, ni Guillem, ni personne....


Je n’irai pas….

Je serai chez moi : je mettrai ta photo, une bougie, et je te remercierai du fond du cœur pour les émotions uniques de spectatrice  que j’aurai eu entre 1982 et 1993…

Comme je l’avais déjà écrit ici, j’ai été longtemps avant de retourner voir tes ballets à l’opéra.

Il y a eu ces déceptions immenses, indescriptibles entre 1998 et 2003…date à partir de laquelle j’ai commencé à accepter que plus jamais je ne verrai tes ballets tels que tu les avais conçus.

Quand  tes ballets ont été «  réadaptés » à la salle de Bastille et à ses grandes dimensions, j’ai senti déjà une première trahison ; mais il y avait encore sur scène des danseurs qui avaient travaillé avec toi ; au gré des représentations, une certaine magie subsistait…. Une fois Legris parti, c’en fut réellement fini…

Dans un documentaire, on voit P. Ruanne faire répéter ton Roméo et Juliette à Bastille;  Frigerio a d’ailleurs revu les décors pour les adapter à l'immense plateau du théâtre. Patricia Ruanne, elle, se sent perdue ; elle doit prendre seule des décisions, sans toi à ses côtés pour lui indiquer la «  voie ». Elle fait de son mieux… cette ancienne partenaire, c'est toi même qui l'avait appelée à l'ONP  pour qu'elle t'aide  à faire répéter les ballets dès 1987. Elle a donné ses derniers conseils avisés en  2007,  sur Cendrillon. Depuis elle  n’est plus présente pour remonter ou coacher les danseurs.  Elle s’était déjà éloignée de l’ONP vers 1996, mais elle avait conservé un lien avec l’ONP ; c’est à présent fini.

 

 

En regardant des vidéos des mêmes ballets à quinze ans d’intervalles, on voit très bien toute l’évolution et comment ton style part en lambeaux.

 

Alors d’aucun dise : tous ces pas tarabiscotés, il faut cesser !

Ce que ceux là ne comprennent pas, c’est que expliqués, montrés par toi-même, ces pas  « compliqués » avaient un sens, une raison d’être ! Ils étaient toujours au service de tes personnages, que tu rendais vivants, crédibles, avec un cœur, de la chair, des émotions. Les pas n’arrivaient pas comme cela pour faire joli ou difficile, mais parce que  tu matérialisais à travers eux, des éléments psychologiques qui donnaient au personnage une épaisseur, tout de suite perçue, sentie par le spectateur.

 

Quand je revois certaines variations aujourd’hui, oui, les pas sont là, mais les chemins pour les faire ne sont plus les mêmes : il manque un certain  moelleux dans tel plié, ou bien un certain arrondi pour le bras, ou encore un  léger petit décalé du bassin pour le rond de jambe, etc…

Ce serait comme de dessiner une figure géométrique très raffinée en supprimant certains traits, et en ne gardant que la structure la plus grossière.

 

Les  deux videos des dryades ( pour la seconde, prenez à partir de la minute  2'08 environ) qui suivent montrent mieux que mes mots l'évolution du style.

Regardez la première video : ça vit

La seconde ; il n’y a plus de vie !

Vous remarquerez aussi que les tutus ne sont plus les mêmes ; ils retombent en corolle sur les genoux des danseuses à l’époque Noureev, aujourd’hui, ils sont en plateau, raides, comme le mouvement de buste et de bras des danseuses.   D’un côté la danse semble plus « parfaite » mais elle est aussi aseptisée : où sont l’émotion, le cœur, les tripes, l’humain en un mot ?

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=Yo2dzoQwK20

 

http://www.youtube.com/watch?v=HUGXNcJ6SlQ

 

 

Aujourd’hui, après avoir vraiment été malheureuse de voir ton héritage être dilapidé par une direction incapable, je me dis qu’hélas, c’est normal, ou en tous cas inévitable ; peu à peu, les choses changent, se déforment, perdent leur authenticité…

Il faudrait peut être qu’un nouveau chorégraphe  de génie s’empare à nouveau de ces grands classiques pour leur insuffler un peu d’air frais, sans quoi, tes ballets  vont perdre encore plus leur vie : ils vont finir comme ces pièces de musée :  figés, sans vie, artificiels.

Les gens continueront à dire «  A quoi bon? » et, hélas,  ils auront raison

Quand on ne peut plus transmettre, il faut dans ce cas là renoncer, et repartir à zéro

 

Si, vue  de loin, la Martha Graham compagny semble bien vivante, - encore qu'elle a failli péricliter à une époque où il y a eu contestation sur les locaux loués par la compagnie, après la mort de Graham,  la Alvin Ailey compagny elle, vit sur son nom….  Et depuis longtemps.... Pauvre Alvin, s'il voyait ce qu'on a fait de son âme; on a gardé le " cirque" mais l'âme d'Alvin est partie.... surtout depuis que Judith Jamison ne dirige plus la compagnie.

Grâce à Gil Roman, le Béjart Ballet de Lausanne semble trouver son second souffle, mais pour combien de temps?

 

Mais l’ère Noureev et ses fidèles compagnons sont loin à présent. Est-ce que Manuel Legris peut ressuciter un peu de cette magie passée ?

C’est ce que j’irai découvrir aux étés de la danse cet été !

 

Tiens,  justement mon article suivant consacré à Arushi Mudgal va laisser percer une lueur d’espoir !!!

Ah Noureev, tu es peut être désormais loin de tout cela; tu vogues peut être dans des mondes où ça n'a plus d'importance  Vingt ans ont passé, et vois tu, je suis encore capable de m'arracher à ma maison, prendre l'A4, dans la nuit et le froid, pour voir tes ballets avec l'espoir d'un miracle.

  Il y en a de temps en temps : la Bayadère de ce printemps; Zakharova avait déposé un peu de son âme slave sur la troupe; ou encore le Casse-Noisette d'il y a trois Noëls... C'est maigre; mais que ne ferais-je pas pour retrouver une fois encore l'émerveillement qui fut le mien lorsque je découvrais, dès 1981, ton travail de chorégraphe inspiré  à l'ONP?

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 08:06

 

 

 

 

Je voudrais juste évoquer rapidement cette danseuse pour qui j’avais une vraie vénération et qui rôle après rôle ne m’apporte que déception

 

Dans les années 2002/2005 environ, je l’ai vue dans différents seconds rôles – la demoiselle d’honneur de Don Quichotte, ou encore la demoiselle qui aime le piano dans le Concert de Robbins, sans parler de son rôle dans Carmen de R. Petit ou elle incarnait une gitane mais où elle éclipsait complètement la Carmen de ce soir là, tant elle pétillait! A chacune de ses apparitions, j’étais émerveillée, enchantée, je ne jurais plus que par elle ; elle assurait la relève des anciennes grandes – de Maurin à Platel en passant par Loudières –  car sa technique était parfaite et sa présence sur scène pleine de charme.

 

C’est donc toute heureuse que je prenais en toute confiance une place pour Casse Noisette

Premier couac : j’ai réalisé qu’elle était incapable d’incarner une jeune fille et sa candeur ; trop femme, trop star… cependant grâce à son merveilleux partenaire – Mathieu Ganio- tous les pas de deux furent des moments bouleversants, comme si Ganio lui communiquait un peu de son âme, de sa fibre artistique

 

L'année suivante, je prends des places hors de prix pour la voir danser Odette/Odile avec Leriche, mais elle se blesse.

 

L’année suivante, je reprends des places avec elle ; elle doit danser Cendrillon avec Leriche ; pas de chance, cette fois ci,  Leriche se blesse dès la première minute et est remplacé par Magnenet. Elle dansera Cendrillon, mais j'ai

  mis sur le compte de ce déroutant changement de partenaire sa mauvaise interprétation du rôle. Mauvaise, j’exagère peut être, mais en tous cas, sans subtilités aucune. Je n'ai pas vu au premier acte une jeune fille douce, pleine de compassion, star, elle l'est au second acte, mais presque " trop" - et il n'y a pas chez elle de ces subtilités que je lui avais trouvées des années plus tôt.

Ce soir là, ce furent encore les seconds rôles qui m’enchantèrent.

 

D'ailleurs, est ce un hasard? Je l'ai adorée dans le rôle de Clémence, où elle a été absolument parfaite, musicale, lyrique, et éblouissante.... c'était non pas le rôle titre, mais un rôle " secondaire".

 

Aussi, quand avant-hier, j'ai vu Kitri  littéralement éteinte, j'ai d'abord mis cela sur le compte du "ce n'est  pas le bon jour" mais au fil du spectacle,  je me suis demandée si sa petite lumière était partie...

Qu’arrive-t-il à l’une des plus talentueuses étoiles de l’ONP ? Pourquoi semble-t-elle tellement  soucieuse de bien danser  plutôt que de danser tout court et d'incarner un rôle ?

 La première fois, on se dit " c'est le stress"; la seconde, " la pauvre doit gérer une situation vraiment terrible, a-t-elle seulement répéter avec Magnenet" Mais la troisième fois, on se dit " il y a quelque chose qui ne va ; comment se fait il qu'une danseuse adorée  pendant dix ans perde à ce point sa flamme?"

 

Noureev dit « "Technique is what you fall back on when you run out of inspiration."  Et quand je vois Gilbert danser, je me dis «  il ne reste QUE la technique ; et encore au premier acte de D Quichotte sa variation d’entrée était plate, et sa variation des castagnettes sans joie !

Sa variation de la vision de D Q était trop sévère, on la sentait crispée, ayant peur du faux pas…

 

Bref…. Voilà maintenant plusieurs années que Gilbert est Etoile …. mais sa lumière semble à présent bien lointaine...

 

Le plus étrange, c'est que, au gré des videos, la petite flamme semble là lorsqu'elle danse à l'étranger....

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 12:34

C'est Noureev qu'on assassine! 

C’est Noureev qu’on assassine !

 

Le 12 décembre j’ai assisté à l’une de mes pires soirées à l’ONP de ces dix dernières années !

Etait donné Don Quichotte  dans une mise en scène de Noureev d’après Petipa.

Deux minutes avant le lever du rideau, toutes les distributions – à part les rôles titres – ont été bouleversées

J’ai donc assisté à celle-ci

 

Gilbert – Kitri

Paquette – Basilio

Bourdon – la Reine des dryades

Cupidon - Hurel

Duquenne – Espada

La danseuse de rue – Hecquet

La demoiselle d’honneur – Giezendanner

Un Gitan – Madin

Gamache – Eric Monin

Don Quichotte – Charlot

Les deux amies – Boulène/Dayanova

Sancho Pança- Hugo Vigliotti

 

Je dois dire que Melle Hecquet et Giezendanner ont à elles seules sauver cette sinistre soirée. Un grand merci aussi à Eric Monin, tout aussi convaincant dans son rôle de Gamache – le prétendant ridicule – que dans le rôle du sournois Mr de GM ( Manon de ce printemps)

S. Charlot campe aussi un Don Quichotte bien sympathique

A noter que ces rôles sont du mime pur, et que c’est très difficile de faire ainsi exister des personnages au milieu de tous ces pas classiques ou hispanisant. Hugo Vigliotti apporte de la joie.

Ces trois artistes ont réussi à me faire rire et à m'arracher à l'ennui et la torpeur qu'a généré cette affreuse soirée.

 

Pour le reste, nous avons eu droit à un Paquette brouillon, fatigué, sans ballon, avec des pieds imprécis, qui semblait au bout du rouleau. Il faut dire que le malheureux danse un soir sur deux ou sur trois.... il dansera en tout le rôle 12 fois; voilà où en est l'opéra de Paris!!!! ( cf pénurie de Basilio à l'ONP)

Une Gilbert en méforme aux deux premiers actes, et surtout qui  pas un seul moment n’a interprété Kitri ; elle a DANSE Kitri, mais le personnage n’est jamais apparu

Alors oui, on a eu droit à un beau manège de fouettés et double pirouette à la fin, mais j'aurais préféré en voir moins et voir Kitri à un moment ou à un autre!

 

Les deux amies, je préfère n’émettre aucun commentaire là aussi ; les pas sont faits, et c’est à peu près tout, mais des droïdes feraient sans doute aussi bien

 

J’aime beaucoup Duquenne, mais qu’on arrête de le distribuer dans ce genre de rôle ; il n’a pas l’éclat nécessaire ; les rôles lyriques et doux lui vont bien mieux ! Il est cencé être un torréador, mais on voit bien qu'il ne ferait pas de mal à une mouche, alors tuer un taureau! Il a l'air si doux, si paisible!

 

Bourdon, jeune danseuse dont tout le monde dit le plus grand bien incarne une reine des Dryades hideuse, sans poésie et sans finesse ! La réception de ses sauts est d'une lourdeur achevée, et les pieds moulinent autant qu'ils le peuvent pour se mettre au diapason du moulin qui sert de décor juste dans le tableau d'avant, des fois qu'on oublie qu'on regarde Don Quichotte

 

Hurel danse   joli, mais son Cupidon n’a pas la préciosité d’un sèvre ni la vivacité d’un pinson, comme le veut le rôle

 

Quand au corps de ballet : mention spéciale pour le cafouillage des lignes des Matadors ( un vrai serpent, la ligne qui aurait dû être droite) et aux dryades, incapables de conserver leur espace de danse !

 

Ce 12 décembre, l’ONP me semblait être tombé bien bas

 

J’ai trouvé cette compagnie déprimée, fatiguée ; elle danse mais elle n’y croit pas ; il n’y a pas d’ardeur, pas de feux sacrés, pas de lumière ; des fonctionnaires qui font leur métier, voilà l’impression que j’ai eue

 

Alors oui, merci à Laura Hecquet pour sa danseuse de rue à la fois impériale et populaire ; c’était tout à fait cela ; cette danseuse a incarné à la perfection ce rôle, avec juste ce qu’il faut de sensualité, mais l’autorité de ces filles qui ont l’habitude de se frotter à tout public !  A chaque fois que je l'ai regardée, j'ai ressenti ce petit pincement qui vous prend quand un artiste vous emmène là où il veut!

 

Et à Charline Giezendanner, toujours heureuse et lumineuse sur scène, et tellement musicale par rapport aux droïdes que j’ai vu ce soir là !

Ce fut la seule danseuse - mis à part Laura - à écouter la musique et à nous la faire vivre.

 

Je le souligne aussi dans le forum : les éclairages sont aussi moches que certains des costumes !

 

Toute la scène dans le camp gitan est si mal éclairée que je n’ai quasiment rien vu de Madin  (il était «  tassé » par les ombres)  et que ce tableau que j’apprécie d’habitude beaucoup m’a ennuyée au plus haut point

 

Les dryades ne sont pas plus mises en valeur, avec des ombres qui déforment leur buste et les font passer vue du second balcon pour des pots à tabac ! Un comble pour des fées des bois !

 

 

Quand à Kevin Rhodes, il n'a pas réussi à communiquer son enthousiasme de chef à un orchestre poussif et lourd!

 

ah oui, tiens  : le meilleur passage de la soirée!

ha ha : les couacs des cuivres faisant écho à la désorganisation des lignes des matadors!!!  vous imaginez? et bien cela résume bien la soirée! Haha!

 

 

à lire :  sur le forum danse pluriel mon compte rendu

 

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Published by Shabastet - dans opéra de paris
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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 09:02

C'est un comble, n'est ce pas, qu'une maison comme l'opéra de Paris ne puisse pas nous offrir sur la LONGUE série de Don quichotte qui commencera dans un mois et demi un Basilio digne de ce nom!

 

Ce n'est pas la première fois que ce problème surgit, puisque en 2003 déjà, la maison avait du faire appel en renfort à Roberto Bolle et Carlos Acosta.

 

Mais que se passe-t-il donc?

 

Le comble de l'ironie est que nombre de nos étoiles masculines ont été nommées sur ce rôle qu'elles ne dansent plus aujourd'hui pour différentes raisons

 

C'est que Basilio est un pur défi de technique et de virtuosité!

 

Leriche est désormais trop âgé pour le rôle, Heymann, Moreau, Hoffalt, blessés ou pour le moins trop fragiles pour l'instant, Ganio ne le dansera pas, bien qu'il ait été nommé sur ce rôle, Bélingard se la joue " flemme", car il ne danse quasiment plus de rôle classique, sa dernière apparition avait été pour Drosselmeyer, très " approximatif techniquement" mais superbement campé cependant! Et pourtant, il aurait campé un Basilio haut en couleurs!

 

Il nous reste ce pilier qu'est Karl Paquette, étoile attachante s'il en est, mais qui n'a pas le brio nécessaire pour le rôle et le sensible Stéphane Bullion  : même commentaire. Son Solor de ce printemps m'a laissée sur ma faim pendant les variations " techniques" comme celle de l'acte 2. Cela manquait de nerf, d'élévation, de confiance, de bravoure, de défi!

 

Ni l'un ni l'autre ne pourront  égaler sur le plan de la virtuosité un Leriche d'antan, ou un Legris, un  Martinez....

 

Je trouve tout de même fort étonnant que l'opéra ne fasse pas appel sur cette longue série à des " guests" comme cela avait été le cas en 2003

Zakharova est invitée pour Kitri - j'irai la voir!- mais pour Basilio, il faudra se contenter des deux étoiles citées,  plus 

Thibaut - qui n'a plus non plus le brio d'autrefois, si je m'en réfère à son Idole dorée vieillidante de la Bayadère ce printemps dernier

 

D'ailleurs quel Basilio vont-il donner à Zakharova? Bullion parce qu'il a déjà dansé avec elle et que l'entente artistique est belle? Affaire à suivre!...

 

Magnenet? Un peu vert encore, et un peu fade pour incarner le sémillant Basilio!!!

 

J'imagine la tête de Noureev s'il venait remonter son Don Quichotte aujourd'hui!!!

 

Car Don Quichotte est un ballet très gai, très vivant!

Noureev savait l'être lui aussi, il aimait rire.

D'abord, il vomirait d'indignation en voyant les hideux costumes refaits façon " cheap"!

Et puis il hurlerait  de colère  face aux décors refaits eux aussi et pas du meilleur goût, croyez moi!

 

Bref....

 

Je vais une fois de plus formuler le voeu de voir apparaître en 2014 un directeur de la danse digne de ce nom, qui saura redonner l'enthousiasme nécessaire et la flamboyance à cette si belle compagnie qu'est l'opéra de Paris!

 

Un petit souvenir de la création de Don Quichotte à l'Opéra de Paris en 1981

J'y étais! Et j'avais vu Pontois au côté de Fernando Bujones, décédé depuis...

 

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Noureev en répétition avec Pontois

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Published by Shabastet - dans opéra de paris
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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 19:05

Comme le forum Danser en France a été fermé cet été de façon si impromptue que je n'ai pas eu le temps de récupérer les emails des membres réguliers, je profite de mon blog pour annoncer la création d'un nouveau forum, animé par Elisabeth, Cams anciens membres de Danser en France et  de moi même, qui s'intitule Danses pluriel

 

Sa vocation : être un endroit où échanger sur les danses, tous styles confondus

 

 

Grands amateurs que nous sommes de l'opéra de Paris, de son ballet et de ses danseurs exceptionnels, la saison de l'ONP se taillera sans doute la part du lion

 

mais je tiens vraiment à une ouverte sur " toutes les danses dans tous les coins de France"

 

Vous êtes les bienvenus sur cette nouvelle plate-forme qui est un tout nouveau né

 

Peu de choses encore, peu d'articles, mais la passion qui anime chacun des participants permet déjà des échanges fort sympathiques!

 

Alors rejoignez nous vite à cette adresse :  forum danses pluriel   

 

 

A très bientôt!!!!

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 08:07

Sylvie_guillem_Massimo_Murru_penchee.JPGRevoir Manon cette année m’a fait prendre conscience du « manque Guillem »

Quel dommage que la Dame de la Bastille ne l’aime pas et ne l’ait donc pas invitée à venir danser une Manon à Paris, rôle que Sylvie danse encore sur scène (pas plus tard que l’an passé en Italie)

J’ai été bouleversée par l’interprétation de Ciaravolla et par le couple qu’elle forme avec Mathieu Ganio ; aimer Guillem ne remet nullement en doute, en cause cela, bien évidemment. Etre «  en manque » d’un artiste ne signifie pas que l’on n’aime moins les autres.

Ce qui est curieux, c’est que la Manon vue cette année m’a complètement remis en mémoire celle vue avec Guillem il y a plus de dix ans.

 

D’elle, je me rappelais nettement son sourire lorsqu’elle descend toute ingénue du carrosse de voyage,  son air de jeunesse, sa candeur – elle avait pourtant déjà 37 ans. Je me rappelais aussi son charme, l’incandescence de sa danse, la grâce de ses épaules, de ses pieds tellement musicaux ; enfin, je me rappelais avec une précision extraordinaire ses prises de risques constantes, son abandon à son personnage,  à son partenaire aussi, son engagement total. Son air mutin, sa sensualité teintée d’intelligence, cette façon d’être plusieurs filles à la fois, suivant qu’elle dansait avec son frère, avec Monsieur de GM ou avec son amoureux. Sylvie a un tel sens des nuances, des détails, du récit, des émotions, des sentiments qu’elle veut faire passer!

C’est presque irrationnel d’être envoûtée à ce point par ce qu’elle fait, et être bouleversée par ses interprétations, toujours justes, toujours habitées.

Cela me rappelle dans un autre genre ma découverte de la Callas en 1977 alors que je rangeais ma chambre. J’ai tout à coup entendu une voix comme jamais, ni belle ni laide, mais authentique ; et le personnage – Rosine du barbier de Seville – a surgi dans ma chambre. Je ne savais même pas que c’était la Callas qui passait à la radio et tout de suite, le coup de foudre, absolu et pour toujours.

 

J’ai souvent repensé à cet Eonagata que je n’ai pas aimé, et à chaque fois, c’est la même image qui revient : Guillem et sa plume, qui écrit, qui danse, qui se donne, et ces cinq minutes de grâce absolue me restent ancrées dans la tête avec une telle netteté dans les détails qu’au fond, eh bien oui, je l’avoue presque malgré moi,  je ne regrette pas d’avoir vu cet Eonagata. Pour elle. Pour ces cinq minutes hors du temps. Pour ce moment de grâce pure.

 

Kelucharan dont je parlais dans un précédent article pourrait dire la concernant : « Elle, elle dirait qu’elle danse, mais moi qui la regarde, je dirais qu’elle prie »

 

Elle viendra danser l’an prochain au TCE en juin. Mais c’est dans un ballet « narratif » que j’aimerais la revoir.

Elle y déploie non seulement sa technique sublime et intacte, — chose exceptionnelle à 47 ans - mais surtout, mais aussi son intelligence de la danse, sa grande finesse et compréhension psychologique des rôles. Cette interprète exceptionnelle  offre toujours une vision très  personnelle de ses rôles mais avec une telle compréhension qu'elle suscite l'adhésion immédiate.

 

Ah ! Revoir Sylvie dans Manon, ou le Lac…  

Je ne suis pas allée la voir cette année dans 6000 miles away. Les photos vues dans les magazines sont sublimes, mais j'avoue avoir de plus en plus de mal avec la danse abstraite...

Je ne sais donc pas si j'irai la voir l'an prochain dans " Sacred monster" avec Akram Khan

je crois que je vais acheter la video pour me décider si oui ou non....

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Published by Shabastet - dans Sylvie Guillem
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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 07:48

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La nouvelle est tombée il y a quelques jours, pour le plus grand plaisir des «  fans » de Myriam, très nombreux, le 18 juin 2012, à la suite de la représentation de  la Fille Mal Gardée.

Après la nomination de Pagliero en avril, celle-ci me réjouit-elle davantage ?

 

Je n’en sais rien !

Actuellement, il n’y a personne chez les filles ou les garçons qui m’enthousiasme au point que j’attende leur nomination d’étoile.

 

J’aime de nombreuses danseuses — Abbagnato, Grinstajn, Hurel, Froustey –, mais aucune ne me fait ressentir ce petit pincement au cœur, que j’ai pu ressentir autrefois quand Karine Averty par exemple était première danseuse et qu’année après année, j’attendais qu’on la nomme étoile. Ah, Karine…. Je reverrai à l’infini sa Diane chasseresse dans Sylvia de Neumeier, l’un des derniers rôles où elle brilla….

 

 

Je n’ai jamais vu Myriam dans un rôle-titre, hormis en vidéo ; sa Marie – Casse noisette – est ravissante, elle a une technique parfaite….Mais il lui manque un petit grain de folie… belingard-Ould-Braham-copie-1.JPGMyriam est si sage dans sa façon de danser ! Si appliquée !

Certes, le seul souvenir que je garde d’elle où je l’avais adorée est suite en blanc de Serge Lifar

J’avais aimé la pureté de ses lignes, le moelleux de ses bras, et ce côté lisse, parfait, sous étroite surveillance ! Je l’ai aussi beaucoup aimée dans Genus de Evan Mcgregor,  pour les mêmes raisons de pureté de ligne, de perfection…

 

Ce que j’espère vraiment grâce à cette nomination, c’est qu’elle puisse, maintenant qu’elle n’a «  plus rien à prouver » - c’est cependant tout théorique, car être étoile est une charge lourde pour certains danseurs – faire apparaître tout son potentiel artistique sans redouter le faux pas !

Ahhhhh ! Si mon cher Noureev était là, il la bousculerait pour qu’elle mette à jour, quitte à souffrir un peu,  l’artiste qui pour l’instant semble vivre emprisonné en elle !

Il lui dirait « tombe, rate, mais vis ! »

 

Je pense que tous ceux qui ont adoré Platel doivent adorer Myriam, il y a entre elles deux une filiation spirituelle : elles sont travailleuses, leurs lignes sont pures, elles ne sont pas faites pour des répertoires contemporains, elles excellent vraiment techniquement en tant que ballerine.

 

Je souhaite de tout cœur à Myriam que je verrai le 11 juillet dans la Fille Mal gardée de très heureuses et riches années d’étoilat ! Je suis ravie à l'idée de la découvrir dans un rôle titre qui lui ira sans doute à merveille, car elle est pleine de fraîcheur, de jeunesse... et je pourrai ainsi poser un nouveau regard sur elle.

 

Mais, déjà une Ombre……

La prochaine saison artistique   n’offrira pas grand-chose à Myriam pour la  « nourrir »  (encore une expression de mon cher Noureev)   et je le regrette sincèrement…..  une Princesse Aurore, une Odette-Odile, une Tatiana l’aurait sûrement aidée à grandir en tant qu’étoile.    

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Published by Shabastet - dans opéra de paris
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