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Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 08:52

Petite critique écrite sur le site critical dance, danser en français; la voici telle quelle!



je sais que Bejart n'a pas choisi ce titre ridicule de Best of!  à Lausanne, le spectacle s'appellera " l'amour, la danse" mais Gérard Louvin oblige....

La première chose qui m'a frappé hier, devant ce récapitulatif éclair de son immense carrière, c'est son amour de la musique : Béjart est autant musicien que chorégraphe; de U 2 à Mozart, de la musique traditionnelle du Tchad à Webern, de Théodorakis aux chants islamistes, de Brel à Piaf en passant par Gounod ou Queen tout l'inspire avec une égale intensité!
et vraiment, hier, toutes ces musiques qui s'enchainaient résonnaient magiquement dans le palais des sports!

Ensuite, son langage; classique, neo classique, contemporain... il s'est essayé à différents styles
Personnellement, c'est dans le langage contemporain que je le préfère; ainsi, les deux solos sur " Ne me quitte pas", " dis quand reviendras tu " et " avec élégance" dansés par l'inégalé Gil Roman et l'extraordinaire elisabeth Ros m'ont bouleversé. Ce furent des moments de danse intense où la gestuelle semblait simple, inspiré directement des paroles, de la voix de Brel et Barbara, et les deux grands artistes ont donné à ces solos toutes leurs " tripes", il n'y a pas d'autres mots... boulerversant!

Fort, émotionnellement, Rumi, où les garçons en blanc ( jupes blanches et hauts blancs) tournent sur eux mêmes comme les derviches tourneurs de Turquie... on sentait des vibrations très intenses à ce moment là; il se dégageait de la danse des garçons une énergie à la fois forte, virile, et incroyablement spirituelle et fluide... magique là aussi!

Dépaysantes et envoutantes, les danses grecques, sur une musique de Théodorakis interprétées par six garçons plus un couple extraordinaire ( Catherine Zuasnabar et Martin Vedel) Les pas à la fois folkloriques et stylisés, les rondes où les garçons se tiennent par les épaules, tout respirait un esprit méditerannéen inspiré et stylisé, mais qui était une incroyable invitation au voyage dans le temps et dans l'espace....

Envoûtant, cet incroyable Heliogabale, sur une musique traditionnelle du Tchad où les couples enchainent danses et postures d'une créativité deboussolante. Les corps souplent s'entremelent, se quittent, adoptent des postures qui rappellent la statuaire, avec un langage qui réinvente le pas de deux classiques de fond en comble...

Quand au Sacre ( la fin du ballet qui correspond musicalement à la danse sacrale) il a été donné au début et à la fin
J'ai été déçue; j'avais encore en tête la version filmée des années 1960, et j'ai trouvé cet extrait trop lisse, pas assez intense... mais je crois qu'il est très difficile de donner l'esprit de ce ballet simplement en quelques minutes... j'ai trouvé cela froid et vide, alors que j'adore cette chorégraphie. La seconde fois était un peu plus vivante....

En revanche, je n'ai pas aimé pratiquement tout " Roméo et Juliette"
A chaque fois que le couple, les couples arrivaient sur scène, je me disais " quel ennui"; cela ne créait pas vraiment un enchainement mais une rupture...
de même le langage de Casta diva, où toutes les filles en blanc se pament ne m'a pas convaincu non plus; en fait, je n'aime pas trop lorsque Béjart utilise le langage classique, et déjà il y a deux ans à Bastille j'avais adoré Phrase de Quatuor et péri d'ennui avec le pas de deux classiques...

Ah, je voulais encore signaler la valse à mille temps, dansée par toute la compagnie ( extrait du ballet lumière)
c'est vif, rafaichissant, plein d'émotion, de clin d'oeil, de rires et de larmes... l'une des dernières créations de Béjart qui témoigne d'une vitalité et d'une fraicheur confondante...
les danseurs jouent avec un vêtement tube jaune, qu'ils enfilent, retirent, se nouent autour du cou, se cachent dedans, sautent comme des enfants ( la course en sac) etc... un bonheur tout vif que de voir ces danseurs plein de jeunesse et de vitalité sur l'immortel Brel...

et puis le solo incroyable de virtuosité sur "un so weiter" dansé par William Pedro : quelle technique, quel humour, quel peps!
Bref, un spectacle inégal, mais avec des moments de danse d'une intensité immense et profonde, comme je les aime; on en ressort différent, avec quelque chose de plus dans l'âme et le coeur...
merci à Bejart d'exister!
Il a eu droit à une belle standing ovation de près d'un quart d'heure!!!



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Published by Nâga.... - dans Maurice béjart
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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 08:38

petite critique écrite sur le site critical dance, danser en français, reproduite telle quelle ici


J'ai donc vu la représentation d'hier, 27 mars, avec Abbagnato, Leriche, Averty, Bridard et Martinez , après avoir vu celle du 12 ( Dupont, Legris, Gillot, Leriche Martinez)
je ne peux pas dire que j'ai préféré l'une à l'autre, parce qu'elles étaient très différentes, mais servaient merveilleusement le ballet... c'est mon coup de foudre de l'année, ce ballet, et je me sens très touchée par l'univers de Neumeier... je ne peux que le remercier d'exister! :D et de créer :D
la version qui a été filmée était parfaite de force, de maîtrise, avec la présence magistrale des cinq étoiles au sommet de leur talent
celle d'hier était très vivante, très humaine, avec une lecture de la scénographie un peu différente; elle était plus inégale mais aussi parfois plus forte sur le plan du drame et de l'émotion

Les deux Aminta, Legris et Leriche sont tous deux au sommet de leur art, pour simplifier on pourrait dire que la danse de Legris est très  pure, celle de Leriche terriblement humaine

Les deux Sylvias étaient magnifiques aussi : celle de Aurélie Dupont toute douce, pleine d'enfance, de fraîcheur, d'innocence, et et de doute; soumise aussi à la puissante Diane ( MA GILLOT) le pas de deux des deux filles est d'ailleurs un moment fort, où se joue à la fois tendresse, domination, désir de plaire, peur de perdre... il est vraiment doué ce Neumeier pour mettre autant en peu de pas!
Celle d' Abbagnato est différente : moins soumise, mais tout aussi indécise...

A peine s'est on assis dans la salle que Endymion le bel endormi autrefois aimé de Diane se meut sur l'avant scène, yeux fermés, alors que l'orchestre n'est pas installé et que la lumière est dans la salle. Puis la lumière s'éteint; et des flèches fusent de la salle vers la scène : les Chasseresses, sur appel de cors joyeux et étincelants, investissent un peu la salle avant que le rideau  se lève; une porte s'ouvre dans le fond de la scène
là apparait Amour les yeux bandés, un arc à la main ( Excellentissime José Martinez) accompagné par des petits êtres facétieux en salopettes qui m'ont rappelé le Puck du Songe d'une nuit d'été; ils sont très drôles, bondissant, plein d'insouciance et prennent en photo Amour!
Et voilà la magie de Neumeier : superposer des univers irréls, magiques, malicieux, plein de jeunesse et d'espièglerie avec des univers humains où les plaisirs succèdent aux joies, où les doutes cèdent la place à l'incertitude, au regret, où les désirs s'ils sont comblés n'apportent pas forcément le bonheur, où le temps, maitre absolu, passe inexorablement...
autre détail très attachant : chaque personnage danse à différents moments du ballet un petit leit motiv de pas : ainsi amour a un jeu stylisé de bras, il tourne sa tête de façon saccadé dans différentes directions, et cet enchaînement de pas que le spectateur peut facilement identifier, ce leit motiv joue un rôle très fort dans la mémoire du spectateur . Il tisse un réseau d'émotions indépendants de ce qui se passe sur la scène et crée dans la mémoire un ballet parallèle qui suit son cours indépendamment de celui qui se déroule sous nos yeux...

Ces leits motiv, on les retrouve aussi dans la musique, notamment une jolie et nostalgique mélodie à la flûte qui joue un rôle fort dans le déroulement du ballet!

Puis arrivent les esprits de la fôret,aux gestes fluides et poétiques, tout de vert vertu. Leur doux pas de deux laissent bientôt à la place aux chasseresses qui surgissent guerrières, jeunes, belles,( vraiment très belles!) en short et gilet moulant, un arc à la main. Elles sont pleines de vie, de fougue,d'ardeur, de jeunesse; elles rivalisent de vitalité et de force entre elles; elles ont elles aussi leur petit leit motiv : saut de chat à l'italienne, battement de face pied flexe, jeu de hanche, et ces mouvements les accompagnent à chaque fois qu'elles viennent en scène pour affirmer leur appartenance à un clan : Sylvia l'utilisera plus d'une fois pour résister à Aminta, pour refuser l'invitation d'Amour, pour marquer sa fidélité à Diane... dansée par Karin Averty; elle m'a émue aux larmes lors de son pas de deux avec Endymion, lorsque après avoir fustigé du regard Sylvia qu'elle a surprise avec Aminta elle danse avec son ancien amour endormi.
Karin Averty campe une toute autre Diane que la sublime et très autoritaire Diane de MA Gillot : Karine, très féminine, est cependant entière, féroce, elle entend bien que ses charessesses lui obéissent et lui soient fidèles; c'est dans la force de son caractère que réside sa virilité; mais lorsqu'elle se rememore son amour pour Endymion qu'elle retrouve pour un pas de deux magique ( parfait Yann Bridard qui avait vraiment l'air de dormir sur scène, ses gestes semblaient rempli d'air; il surgit d'un autre monde, s'ouvre pendant quelques instants à celui de Diane avant de sombrer de nouveau dans un sommeil lourd, où plus rien du monde de Diane ne lui parvient) Diane devient une toute autre femme éperdue de regret, de chagrin de ce qu'elle a perdu; et cela, Averty le danse à la Perfection :D :D
le premier acte reste mon préféré parce qu'il mêle humour, amour, poésie, facétie, lyrisme, pas de deux, solos, et que tout cela s'enchaine d'une manière parfaite
le second acte, le bal, est plus brillant, mais si Sylvia découvre sa féminité, elle se perd aussi elle même:
le retour d'Aminta dans le bois de sa jeunesse est poignant, et Leriche n'est plus que douleur; il revoit Sylvia et le pas de deux qui suit est bouillant d'amour; il ne la laissera pas partir une seconde fois; elle aussi réalise qu'elle l'aime... mais sa vie est faite; un homme vient la chercher; et Aminta reste desespéré dans le bois vêtu de blanc, couleur de l'hiver, de la fin de la vie, tandis que les charessesses, immuables, éternelles continuent comme par le passé à hanter les bois, indifférentes au temps qui passe et aux amours humaines

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 20:35

 Critique du 16 mars 2005


Un ballet " hanté" 

J'avais vu Hurlevent il y a deux ans; j'étais affreusement mal placée et j'avais entr'aperçu le ballet entre les épaules carrés d'un géant, et la silhouette plus que rondelette de sa compagne, le tout de 3/4 et au troisième étage... bref! pas l'idéal; j'étais ressortie un peu hébétée, sans trop savoir pourquoi... et puis, tout à coup, le ballet s'était mis à me hanter! si si, je vous assure : hop, je voyais Joseph allumer et éteindre les feux, dans des décors gris, grèges, noirs, avec des effets de lumière comme lorsque la pluie et le soleil tourmentent les landes... je voyais les mortes amoureuses et leurs longs cheveux apparaître et disparaître, comme dans les tableaux des romantiques allemands, et puis tout à coup, sur un air de vièle, des paysans dansaient entre les corps tordus des arbres... je voyais Linton trembler de froid et de solitude, enfiler des gilets, des manteaux, des pardessus, des robes de chambre, sans réussir à réchauffer le vide de sa vie... tout cela, avec le vieil arbre griffu,tordu par le vent qui prenait vie dans mes nuits d'insomnie... et puis revenait sans cesse une impression de vent, de froid, de brutalité et de passion; 

   Hurlevent

c'est cela, Hurlevent; des scènes déjà très fortes par les décors, la lumière, les couleurs de terre, avec parfois des contrastes qui ne durent qu'un instant : un ciel bleu, qui cède tout de suite la place à un ciel d'orage, lourd de pluie et de froid Depuis, j'ai revu le film avec Merle Obéron et Laurence Olivier, et puis plus récemment le très hanté "les soeurs Brontë "de Téchiné... qui est finalement assez proche par certains côtés du ballet de Kader Belarbi...et beaucoup de choses, rétrospectivement dans le ballet se sont éclairées...notamment les différents mondes : monde de lumière des Linton, monde rude de Heathcliff, monde de la lande, monde de la terre animés par les silhouettes des paysans, monde des esprits, blancs et noirs... et puis ses mystérieux gardes du corps qui évoquent un peu les " choeurs grecs" dans les tragédies antiques et puis monde de l'enfance, des fleurs où réside l'espoir J'ai donc vue la représentation du 15 mars et je suis ressortie complètement déchaînée de passion de la salle, à un tel point que je n'ai pas dormi cette nuit!Vous savez, lorsque vous avez vraiment vu quelque chose que vous n'arrivez plus à quitter pendant des heures et des heures! 

Les interprètes

Ce qui avait pris vie dans ma mémoire pendant deux ans s'est révélé hier dans une puissance dramatique magistrale: Nicolas Leriche ( vu deux jours auparavant en Amour! ) s'est révélé plus brutal que jamais, complètement fou d'amour pour Cathy, jaloux, méchant, habité par une violence hallucinante que traduit surtout sa gestuelle qui semble être dictée par ses sentiments intérieurs ( rien de décoratif, de surfait) et que ses sauts félins, d'une très haute élévation n'altèrent en rien; je veux dire que la beauté de ses sauts et de ses réceptions auraient pu adoucir le personnage ou lui donner une sensualité douce : pas du tout. Ils restent dans une énergie de hargne totale! Les sommets d'hier avec lui : la scène où par la vitre du salon, il voit Cathy : sans danser, il nous communique sa rage, sa souffrance, son sentiment de perte; la scène avec E Abbagnato : d'une puissance et d'une violence rare; j’ai cru qu'il allait la briser sur scène! Je n'avais jamais rien vu de tel, sauf dans Docteur Labus de Galotta et dans un tout autre registre de danse et puis l'incroyable scène finale: ses retrouvailles dans l'éternité avec SA Cathy.Il n'y avait plus un son dans la salle, les spectateurs retenaient leur souffle et leurs larmes... il n'y avait que le bruit du vent, obsédant et mystérieux, souffle d'un ailleurs... Hurlevent, et leur amour à l'image de la lande : aride, entier, violent, brut, sans concession possible... je reverrais longtemps ces scènes... Cathy-Gillot a atteint la perfection... toute gamine au début, se roulant dans les fleurs, puis dans la découverte d'une monde chic: la scène où elle se roule sur le canapé en chantonnant un langage d'onomatopée met mal à l'aise par son réalisme... ils sont tous là, les Linton, chic et figés, et elle Cathy, arrive dans leur salon, avec ses manières brutales, sa petite robe qui découvre ses jambes et ses pieds nus, ses cheveux en bataille... rencontre de deux mondes qui n'ont rien en commun; les Linton ont dansé ; ils ont l'air de pantins que rien n'anime et Cathy arrive... avec l'odeur de la lande, de la pluie, de la terre... Cette grande artiste opère une métamorphose totale en moins de deux heures : petite fille sauvage et insouciante, femme qui naît, qui découvre les plaisirs de porter de belles robes, de côtoyer des gens chics, d'être aimé d'un homme aux belles manières, d'avoir pour amie une femme douce ; puis femme qui souffre, femme qui se révolte, qui meurt... mais son amour est resté pour toujours dans la lande, et garde son parfum de bruyère... (on entend le thème du début à ce moment là, lorsque Heathcliff et Cathy se roulaient dans la lande, et c'est à pleurer!) Karl Paquette aussi a donné une consistance incroyable au pâle Edgar ; tout figé et un peu ridicule au début, débordant de bonnes et creuses manières, puis le personnage évolue, jusqu'à nous rendre palpable sa solitude et le vide de sa vie si lisse que Cathy n'a fait qu'effleurer Il danse d'abord comme un pantin bien élèvé : ronds de jambe et ports de bras figés, il a un habit vert, peut être en velours bien ajusté, et des bas bien tirés dans ses souliers ( rien a voir avec le pull et la pantalon " grunge" et les pieds nus d'Heathcliff)puis il perd peu à peu son assurance, ses manières, jusqu'à ce solo halluciné où il enfile habit sur habit : il m'a bouleversée tant il a donné à son personnage, donc aux spectateurs... aucun de ses habits ne recouvrira le vide qui l'entoure, ni ne réchauffera le froid qui le dévore... et Joseph est là, complice, spectateur ou simple témoin? Karl Paquette évolue beaucoup et bien cette saison...! Et puis, LA découverte de la soirée : Isabelle- E Abbagnato,( je l'avais vu dans Don Quichotte où je l'avais trouvée "jolie danseuse, agréable à regarder", sans plus) j'en ai encore les larmes aux yeux quand je revois son duo avec Heathcliff : tant de masochisme, de don de soi, d'amour désespéré, elle qu'on a vu danser chic dans son salon, avec sa jolie robe toute fluide, avec une vie toute aisée dans la lumière... tout à coup qui va se briser sur l'écueil qu'est Heathcliff; elle va se perdre dans un abîme sans fond... Heathcliff la traite avec une brutalité aussi énorme que dans ses affrontements avec Hindley Romoli : elle aussi quitte le langage de la danse " rond de jambe" pour une danse d'une expressivité " expressionniste" Le sommet intervient lorsqu'elle revient sur scène les pieds liés par une corde Je n'avais encore jamais vue E Abbagnato se mettre en danger sur scène de cette façon : elle donne tout; sa technique est complètement sûre, son sens dramatique vertigineux, sa métamorphose inoubliable... une artiste en état de grâce Quand au frère de Cathy ( Romoli) égal à lui même dans l'incarnation total d'un personnage vil et violent à la fois... au final, pathétique...on le voit errer, hargneux, escalader l'arbre tordu, se rouler dessous, il est souvent sur scène avec son mal de vivre, ses pas traînants, son dos qui se voûte 

Un chef d'oeuvre

Ce qu'il y a de fabuleux dans ce ballet, c'est la confrontation de tous ces mondes et des différents styles de danse qui en découlent C'est l'intelligence de Belarbi a avoir su rendre l'atmosphère du livre palpable avec ses passions : chaque tableau est entier, indépendant, tout en s'insérant parfaitement dans le tout du ballet : comme si au fil de la lecture, Belarbi avait visualisé très clairement les scènes auxquelles il tenait le plus C'est la beauté des décors et les contrastes de lumière La musique, si elle n'est pas d'une grande originalité sert bien l'oeuvre; elle joue aussi sur les ombres (cuivres, bois) et la lumière (cordes, harpe, flûte,) avec des réminiscences de thèmes bien dosés ( mais je plaignais les gens assis à l'orchestre côté tuba : ça a du être une horreur : pourquoi les cuivres sont ils aussi mauvais dans cet orchestre : ils jouent leurs notes en se foutant du reste de la partition!) Je n'ai pas parlé des deux enfants, ( Isoart et Zuspereggy) petits rôles et grande présence ni du sublissime Jean Marie Didière, très grande présence, gardien des secrets, des passions, et de Céline Talon, ... j'ai plus de mal à comprendre son rôle: est elle protectrice de Cathy? quoi d'autres? qui peut m'éclairer? Bref : j'en redemande!!!! bravo, une fois encore à tous les artistes!   


L'évocation de Giselle, chef d'oeuvre du ballet romantique


 on ne peut que penser à Gisèle en voyant Hurlevent : non pas une "copie" mais une réminiscence : monde de la terre, monde des esprits, amour trahi, mortes amoureuses-willis, garde du coprs qui rappellent les gardiens du cimetière, Hindley est un peu comme Hilarion,présence immense de la nature et rôle dans l'oeuvre,etc mais Hurlevent a un propos et une esthétique d'aujourd'hui; pour moi, c'est un très grand ballet : il s'insère dans une progression logique de la danse : il plonge ses racines au coeur de ballet romantique, exploite la technique contemporaine sans renoncer au langage classique; il traite un thème universel (une histoire d'amour) mais avec un visuel très personnel et contemporain : utilisation judicieuse de projection de diapo par exemple...

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 20:33

voici un long texte écrit pour critical dance, danser en français à l'issu d'une représentation de Hurlevent
a noter toute la différence de regard entre cette critique et la précédente sur la même oeuvre vue deux ans plus
tôt!


J'avais vu Hurlevent il y a deux ans; j'étais affreusement mal placée et j'avais entr'aperçu le ballet entre les épaules carrés d'un géant, et la silhouette plus que rondelette de sa compagne, le tout de 3/4 et au troisième étage... bref! pas l'idéal; j'étais ressortie un peu hébétée, sans trop savoir pourquoi... et puis, tout à coup, le ballet s'était mis à me hanter! si si, je vous assure : hop, je voyais Joseph allumer et éteindre les feux, dans des décors gris, grèges, noirs, avec des effets de lumière comme lorsque la pluie et le soleil tourmentent les landes... je voyais les mortes amoureuses et leurs longs cheveux apparaître et disparaître, comme dans les tableaux des romantiques allemands, et puis tout à coup, sur un air de vièle, des paysans dansaient entre les corps tordus des arbres... je voyais Linton trembler de froid et de solitude, enfiler des gilets, des manteaux, des pardessus, des robes de chambre, sans réussir à réchauffer le vide de sa vie... tout cela, avec le vieil arbre griffu,tordu par le vent qui prenait vie dans mes nuits d'insomnie... et puis revenait sans cesse une impression de vent, de froid, de brutalité et de passion; c'est cela, Hurlevent; des scènes déjà très fortes par les décors, la lumière, les couleurs de terre, avec parfois des contrastes qui ne durent qu'un instant : un ciel bleu, qui cède tout de suite la place à un ciel d'orage, lourd de pluie et de froid

Depuis, j'ai revu le film avec Merle Obéron et Laurence Olivier, et puis plus récemment le très hanté "les soeurs Brontë "de Téchiné... qui est finalement assez proche par certains côtés du ballet de Kader Belarbi...et beaucoup de choses, rétrospectivement dans le ballet se sont éclairées...notamment les différents mondes : monde de lumière des Linton, monde rude de Heathcliff, monde de la lande, monde de la terre animés par les silhouettes des paysans, monde des esprits, blancs et noirs... et puis ses mystérieux gardes du corps qui évoquent un peu les " choeurs grecs" dans les tragédies antiques
et puis monde de l'enfance, des fleurs où réside l'espoir

J'ai donc vue la représentation du 15 mars et je suis ressortie complètement déchaînée de passion de la salle, à un tel point que je n'ai pas dormi cette nuit!Vous savez, lorsque vous avez vraiment vu quelque chose que vous n'arrivez plus à quitter pendant des heures et des heures!

Ce qui avait pris vie dans ma mémoire pendant deux ans s'est révélé hier dans une puissance dramatique magistrale: Nicolas Leriche ( vu deux jours auparavant en Amour! ) s'est révélé plus brutal que jamais, complètement fou d'amour pour Cathy, ( M A GIllot)  jaloux, méchant, habité par une violence hallucinante que traduit surtout sa gestuelle qui semble être dictée par ses sentiments intérieurs ( rien de décoratif, de surfait) et que ses sauts félins, d'une très haute élévation n'altèrent en rien; je veux dire que la beauté de ses sauts et de ses réceptions auraient pu adoucir le personnage ou lui donner une sensualité douce : pas du tout. Ils restent dans une énergie de hargne totale!

Les sommets d'hier avec lui : la scène où par la vitre du salon, il voit Cathy : sans danser, il nous communique sa rage, sa souffrance, son sentiment de perte; la scène avec E Abbagnato : d'une puissance et d'une violence rare; j’ai cru qu'il allait la briser sur scène! Je n'avais jamais rien vu de tel, sauf dans Docteur Labus de Galotta et dans un tout autre registre de danse et puis l'incroyable scène finale: ses retrouvailles dans l'éternité avec SA Cathy.Il n'y avait plus un son dans la salle, les spectateurs retenaient leur souffle et leurs larmes... il n'y avait que le bruit du vent, obsédant et mystérieux, souffle d'un ailleurs... Hurlevent, et leur amour à l'image de la lande : aride, entier, violent, brut, sans concession possible...
je reverrais longtemps ces scènes...

Cathy-Gillot a atteint la perfection... toute gamine au début, se roulant dans les fleurs, puis dans la découverte d'une monde chic: la scène où elle se roule sur le canapé en chantonnant un langage d'onomatopée met mal à l'aise par son réalisme... ils sont tous là, les Linton, chic et figés, et elle Cathy, arrive dans leur salon, avec ses manières brutales, sa petite robe qui découvre ses jambes et ses pieds nus, ses cheveux en bataille... rencontre de deux mondes qui n'ont rien en commun; les Linton ont dansé ; ils ont l'air de pantins que rien n'anime et Cathy arrive... avec l'odeur de la lande, de la pluie, de la terre...

Cette grande artiste opère une métamorphose totale en moins de deux heures : petite fille sauvage et insouciante, femme qui naît, qui découvre les plaisirs de porter de belles robes, de côtoyer des gens chics, d'être aimé d'un homme aux belles manières, d'avoir pour amie une femme douce ; puis femme qui souffre, femme qui se révolte, qui meurt... mais son amour est resté pour toujours dans la lande, et garde son parfum de bruyère... (on entend le thème du début à ce moment là, lorsque Heathcliff et Cathy se roulaient dans la lande, et c'est à pleurer!)

Karl Paquette aussi a donné une consistance incroyable au pâle Edgar ; tout figé et un peu ridicule au début, débordant de bonnes et creuses manières, puis le personnage évolue, jusqu'à nous rendre palpable sa solitude et le vide de sa vie si lisse que Cathy n'a fait qu'effleurer

Il danse d'abord comme un pantin bien élèvé : ronds de jambe et ports de bras figés, il a un habit vert, peut être en velours bien ajusté, et des bas bien tirés dans ses souliers ( rien a voir avec le pull et la pantalon " grunge" et les pieds nus d'Heathcliff)puis il perd peu à peu son assurance, ses manières, jusqu'à ce solo halluciné où il enfile habit sur habit : il m'a bouleversée tant il a donné à son personnage, donc aux spectateurs... aucun de ses habits ne recouvrira le vide qui l'entoure, ni ne réchauffera le froid qui le dévore... et Joseph est là, complice, spectateur ou simple témoin? Karl Paquette évolue beaucoup et bien cette saison...!

Et puis, LA découverte de la soirée : Isabelle- E Abbagnato,( je l'avais vue dans Don Quichotte où je l'avais trouvée "jolie danseuse, agréable à regarder", sans plus) j'en ai encore les larmes aux yeux quand je revois son duo avec Heathcliff : tant de masochisme, de don de soi, d'amour désespéré, elle qu'on a vu danser chic dans son salon, avec sa jolie robe toute fluide, avec une vie toute aisée dans la lumière... tout à coup qui va se briser sur l'écueil qu'est Heathcliff; elle va se perdre dans un abîme sans fond... Heathcliff la traite avec une brutalité aussi énorme que dans ses affrontements avec Hindley Romoli : elle aussi quitte le langage de la danse " rond de jambe" pour une danse d'une expressivité " expressionniste"
Le sommet intervient lorsqu'elle revient sur scène les pieds liés par une corde
Je n'avais encore jamais vue E Abbagnato se mettre en danger sur scène de cette façon : elle donne tout; sa technique est complètement sûre, son sens dramatique vertigineux, sa métamorphose inoubliable... une artiste en état de grâce
Quand au frère de Cathy ( Romoli) égal à lui même dans l'incarnation total d'un personnage vil et violent à la fois... au final, pathétique...on le voit errer, hargneux, escalader l'arbre tordu, se rouler dessous, il est souvent sur scène avec son mal de vivre, ses pas traînants, son dos qui se voûte


Ce qu'il y a de fabuleux dans ce ballet, c'est la confrontation de tous ces mondes et des différents styles de danse qui en découlent
C'est l'intelligence de Belarbi a avoir su rendre l'atmosphère du livre palpable avec ses passions : chaque tableau est entier, indépendant, tout en s'insérant parfaitement dans le tout du ballet : comme si au fil de la lecture, Belarbi avait visualisé très clairement les scènes auxquelles il tenait le plus
C'est la beauté des décors et les contrastes de lumière
La musique, si elle n'est pas d'une grande originalité sert bien l'oeuvre; elle joue aussi sur les ombres (cuivres, bois) et la lumière (cordes, harpe, flûte,) avec des réminiscences de thèmes bien dosés ( mais je plaignais les gens assis à l'orchestre côté tuba : ça a du être une horreur : pourquoi les cuivres sont ils aussi mauvais dans cet orchestre : ils jouent leurs notes en se foutant du reste de la partition!)

Je n'ai pas parlé des deux enfants, ( Isoart et Zuspereggy) petits rôles et grande présence ni du sublissime Jean Marie Didière, très grande présence, gardien des secrets, des passions, et de Céline Talon, ... j'ai plus de mal à comprendre son rôle: est elle protectrice de Cathy? quoi d'autres? qui peut m'éclairer?
Bref : j'en redemande!!!!
bravo, une fois encore à tous les artistes!

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 20:20
quelques annotations sur cette soirée écrites sur le forum critical dance, danser en français


soirée du 17 déc et que j'ai trouvé la soirée magnifique
O Zlozony était une pure merveille
j'avais vu le passeport, et là, dès le lever de rideau, le fond de la scène saupoudrée d'étoiles argentées sur fond noir sur laquelle se découpent trois silhouettes poétiques, m'a tout de suite happée
Cette oeuvre m'a considérablement émue, tant par la musique de Laurie Anderson que par les interprètes, incroyables de force, de poésie, de musicalité, de fluidité, chacun avec son style bien à lui, mais surtout, tous les trois en osmose
et tout à coup, j'ai su pourquoi j'aimais l'art : parce que j'y suis entraînée dans des contrées que je n'imaginais pas, parce que je voyage au delà de moi même, parce que je vais à la rencontre des autres, de leur monde... :)
Un grand bravo à N Leriche, M Legris, A Dupont ( qu'elle avait l'air à la fois immatérielle et terrestre!)
Et surtout un grand merci à eux trois pour m'avoir emporté aussi loin hier soir :p

 j'ai adoré Manuel Legris dans ce registre!Il bougeait comme un serpent; c'était très fluide, intensément poétique, sans que pour autant cela manque de force ou de puissance bien au contraire. Ce qui m'a surtout émue hier, c'est le niveau artistique de l'ensemble : les trois se sont données complètement
 
A noter que pendant un "passeport", la chorégraphe a expliqué son travail. T Brown s'appuie sur l'alphabet qu'elle a élaboré, mais pas uniquement;  elle en a construit plusieurs, et se sert aussi   des répétitions rythmiques et un tas d'autres choses; elle s'est laissé guidé par la technique classique en la moulant à son style, et c'est très beau!
c'est un peu comme un compositeur qui par exemple prend une série de sons pour construire son oeuvre ( période de Berg, Schoenberg)
leur oeuvre ne se limite par à cette série de sons, mais tout s'oriente à partir d'elle (c'est un travail très très complexe mais qui ne s'entend pas!)
j'avais  vu le passeport, où les danseurs nous montraient l'alphabet et  j'ai vu le résultat, et en fait on ne voit pas la structure de son travail, même si à plusieurs reprises on reconnait des lettres comme on reconnait la série du concerto pour violon de Berg, lorsqu'il la fait entendre en entier à certains moment clés de son concerto
T Brown a beaucoup de sensibilité, donc, ça n'est pas une recette mécanique
elle avait d'ailleurs dit au passeport en montrant l'alphabet, "cela, nous sommes d'accord, ce n'est pas de la chorégraphie"!
 

Dans la suite de Bach d Lancelot ( jouée ave beaucoup de fausses notes, ceux qui entendront Roland Pidoux auront plus de chance!) Kader Belarbi est toujours juste; il a une présence incroyablement humble, mais tout en occupant la grande scène de Garnier; il nous emporte avec lui dans cet univers sobre...
c'est formidable lorsqu'un artiste, par sa présence, la justesse de sa danse, donne autant sur scène, sans jamais ennuyer le spectateur, bien au contraire, en l'entrainant dans une sorte de voyage inattendu.

Pour Glacial decoy, j'ai vraiment adoré le silence du ballet; il n'y avait que quelques toux, les spectateurs étaient très concentrés :)  Les danseurs avaient l'air de s'amuser et de se jouer de toutes ces difficultés comme s'il n'y en avait pas!
tous étaient excellents
Ce qui est formidable, c'est que le mouvement existe aussi hors scène, on le devine, il va plus loin que l'espace scénique que le spectateur a sous les yeux; cela crée une dimension particulière pour l'oeuvre
Je salue particulièrement ( même si tous les autres étaient formidables) Wielfried Romoli, qui s'est totalement donné sur scène hier; un artiste à part entière
et puis Delphine Moussin, rayonnante, D. Gilbert, C Talon...Belingart, Romberg... enfin tous! :)

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 20:16

compte rendu pour critical dance, danser en français


Le lendemain de la soirée Brown-Lancelot, je voyais la Belle à Bastille avec Letestu et Bart dans les rôles titres.

J'ai été très déçue par l'Aurore de Letestu.
Je l'avais trouvée formidable dans Kitri, mais là, elle m'a déçue, comme elle m'avait déjà déçue dans Juliette, dans Raymonda.

Ce qui m'a le plus étonné, c'est qu'à aucun moment elle ne regarde son partenaire, elle danse seule, il n'y a rien entre eux d'un bout à l'autre; je me suis demandée si JG Bart lui tapait sur les nerfs, tant c'était flagrant.
son adage à la rose était laborieux, ces derniers équilibres tremblant et contractés,on avait l'impression qu'elle n'allait pas finir. elle avait sans cesse le cou dans les épaules, et malgré sa magnifique technique que j'admire au plus haut point, je n'ai pas aimé ses choix artistiques.
Sa vision du deuxième acte manque de charme et sa variation du troisième acte manque d'esprit
Pourtant, mis à part l'entrée difficile dans le ballet, elle s'est jouée de toutes les difficultés techniques du reste de l'oeuvre

J G Bart lui, a été un prince Désiré très crédible; sa technique est magnifique
je l'attendais dans la variation de la méditation, très belle, mais qui gagnera je pense en émotion au fil des années
Elle manque un peu de flammes dans la partie centrale, mais il s'est inténsément engagé en la dansant, et tout au long des actes, il s'est montré un Prince poétique

Ce que j'ai préféré, c'est le corps de ballet ; ce soir aussi, ils avaient l'air heureux de danser; ils se regardaient, et ça change tout
j'ai toujours adoré la compagnie Alvin Ailey pour cela, car els danseurs dansent les uns avec les autres, et pas les uns à côté des autres; et ce soir, c'était le cas; ils formaient une vraie troupe! c'était léger, frais, beau

J'ai beaucoup aimé la fée Carabosse de C Talon ( vue la veille de Forsythe!) Elle a plus d'un tour dans son sac et entend bien mener les choses comme elle l'entend!beaucoup de présence et d'expression; sa malice est cruelle!
Encore une mention par le diamant de Fanny Fiat!
du vif argent! des sauts de chats d'une légèreté! beaucoup d'esprit dans sa danse

Et puis encore un mot pour K Paquette D Moussin en oiseau bleue/ Florine
Il y a eu quelques ratés, mais alors ce n'était pas grave du tout!
ces deux là étaient complices, se cherchaient, se regardaient, se trouvaient
Leur danse était légère, enjouée, plein de grace
 Delphine  est bien meilleure qu'il y a cinq ans
Ses ports de bras ne sont plus scolaires,ni secs
Elle a laissé la minauderie de la dernière Belle pour une vraie poésie, une vraie grâce!
K Paquette n'est pas le plus belle oiseau bleu techniquement parlant, mais bizarement, il est l'oiseau bleu! Il donne à son personnage une part de mystère, d'espièglerie inattendue
ce tableau était très très poétique
Bref, une soirée pleine de jolies surprises, qui m'a appris que, décidément, peu importe les ratés techniques, les petites imperfections, à partir du moment où la danse est vivante, vécue de l'intérieur, donnée avec générosité

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 20:09

un petit compte rendu, un peu bâclé celui là, sur critical dance, danser en français!


soirée du 9 octobre 2004

une soirée inégale

Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur etudes , que j'ai vu dans l'interprétation de Laétitia Pujol, J G Bart, rétabli et M Ganio

Sans la présence de Laetitia Pujol, que, décidement, j'adore, j'aurais été un peu déçue, du moins par le rôle des deux solistes hommes
si J G Bart était en forme et techniquement impeccable, ce n'était pas tout à fait le cas de M Ganio, un peu imprecis dans ses receptions de tours en l'air et sauts; en revanche ses portées étaient aussi magnifiques que dans la Sylphide
J G Bart avait du brio et de la hargne aussi, car il a fait une entrée en scène en claquant très fort des doigts afin :D ainsi, L Pujol a t'elle été forcée de ralentir à plusieurs reprises ses tempi :D ) au cas où cette disparition lui serait trop insupportable (!!!! :eek: )


Véronique Doisneau :
Le problème avec cette oeuvre,  c'est qu'il ne se passe vraiment rien, et que le spectacle est dans la salle ( c'est voulu, me dira t'on)
dans les loges, les gens baillaient, parlaient, regardaient les petites particules de poussière qui dansaient dans la lumière des projecteurs, leurs voisins, renouaient des lacets, arrangeaient leurs cheveux; ah, de l'art spontané, un public actif, que c''était merveilleux!

ah, mon dieu, que j'aime l'art conceptuel ; le créateur ne fait plus rien, et c'est le public qui fait tout!!! car c'est lui qui donne le sens : la bonne blague, quand tout est creux et vide, comme une vieille coquille de noix; le concept reste lui aussi creux et vide!

glass piece ( Robbins)

Sans doute, l'ONP a t'elle programme cette oeuvre pour que l'on oublie pas après V Doisneau, que pour danser, il faut bouger!!!

  cette oeuvre   a fait remonter dans ma mémoire celle que j'avais vu en 1991 et que j'ai adorée
Les hommes ont composé un ensemble fabuleux!
je me suis rappelée alors que la première fois, je les avais trouvés un peu "mous", pas assez virils, mais là, il dégageait une energie très contagieuse et était magnifiquement ensemble

il y avait un danseur assez grand, avec des cheveux bruns coiffés en arrière, qui avait de vagues airs de Hervé Dirmann et qui flamboyait sur scène. Qui est ce?
Il y avait aussi Martin Chaix, toujours totalement investi dans ce qu'il fait, toujours cette danse très généreuse que j'adore
et puis Caroline Bance aussi, très bien!
La musique que j'adore ( c'est lui qui a composé celle de the hours) était on ne peut plus mal jouée, mais cela n'a pas empêché toute la troupe de donner le meilleur d'elle même!
Les deux solistes, Emilie Cozette ( qui gagne en aisance) et Yann Bridart ont composé un beau pas de deux, tout en subtilité
Merci à J Robbins, de nous rappeler que la danse, c'est la vie elle même!

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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 11:40

voici une critique écrite en 2003 sur le site critical dance danser en français
je l'insère ici telle quelle!


Une grande émotion

 
le corps de ballet

Il n'a pas cessé de multiplié les erreurs : jamais ensemble! c'est la première fois en trente ans que je vois autant de disharmonie; dès la scène des mendiants, l'un des danseurs avait toujours un temps d'avance sur les autres! et cela a continué avec les courtisanes, les gentilhommes, les filles déportées en Louisiane; c'en était choquant! il y avait toujours un bras ou une jambe en décalage, on avait l'impression qu'ils n'avaient pas répété.
D'autre part, j'ai trouvé les coiffures des filles vraiment laides; les visages n'étaient pas mis en valeur.

l'orchestre

vraiment, vraiment très lourd et assez indigeste à entendre... peu de nuances de jeu et de sons. Leurs tonitruants crescendo ont gâché plus d'une fois mon émotion...les cordes compensaient leur manque de lyrisme par des vibratos outranciers...bref... c'est dommage, car bien que je ne sois pas une fan de Massenet, le choix des morceaux était très plaisant

Wilfried Romoli

j'ai énormément aimé son jeu bien que n'ayant aucun point de comparaison avec les autres interprêtes;  il m'a vraiment fait rire dans la scène comique!
En revanche,  je ne trouve pas   le couple qu'il forme avec MA Gillot convainquant en tant qu'amants; on dirait plutôt deux complices; mais après tout pourquoi pas?
En le revoyant danser, je me suis rememorée son tragique   et bouleversant personnage de Hurlevent; je lui ai trouvé beaucoup de présence, d'ambigüté, et une technique très sûre.
Sa relation avec sa soeur est tendre, complice, ambigue, cruelle, despotique, affectueuse aussi. L'un l'autre mette en lumière leur part d'ombre, et c'est très puissant.
On le voit aussi "s'aplatir" devant M de GM, ou se montrer brutal avec Desgrieux.


Le couple Hilaire Guillem
Je ne les avais pas vus autant en harmonie depuis le Roméo et Juliette de 1990; et pourtant, depuis, je les ai souvent vu danser ensemble; dire qu'ils m'ont émue est un euphémisme
Laurent Hilaire, que je n'avais pas vu danser depuis son roméo de 2001, où je l'avais trouvé épuisé, était très en forme; il a su à la fois mettre sa partenaire en valeur, créer avec elle une relation sensuelle, amoureuse, tragique et passionnée, ( quels portés!) et en même temps prendre sa place dans ses solos; j'ai été épatée de le voir occuper naturellement tout l'espace lorsque la scène se vide totalement à l'acte 2: c'est dur d'occuper autant d'espace; et il y arrive avec à la fois puissance et grâce.

Quand à Guillem, qui fait couler beaucoup d'encre sur ce topic, je dirai simplement que j'aime en elle le physique longiligne et tout en muscles, le moelleux des mouvements, des bras surtout ( surtout le haut du corps, si souvent trop "tenu" chez les autres danseuses)chez elle, les bras semblent aquatiques, et l'effort ne s'y lit jamais, la légéreté de fée clochette ( d'ailleurs, elle en a un peu l'air au troisième acte, on dirait Julia Roberts dans Hook) la finesses des pieds, très très musicaux.  Elle cisèle chaque note avec ses pointes délicates et très sûres, et elle m'a impressionnée dans les risques qu'elle n'a pas cessé de prendre dans tous les portés où elle s'élance dans les bras de ses partenaires.
J'aurais beaucoup aimé voir Aurélie Dupont pour avoir une comparaison, sur le plan de l'interprétation, mais en tant qu'artiste, Guillem m'émeut, et c'est d'une manière irrationnelle, car ce ne sont pas ses levers de jambes qui m'éblouissent, mais ce quelque chose d'unique qu'elle a et qui agace ou plait, selon.
(Je tiens à dire que je l'ai vue bien avant qu'elle ne soit étoile, en reine des Dryades, et qu'elle m'avait déjà séduit sans même savoir qui elle était, tout comme Guérin m'avait ébahie dans le pas de deux des Sarrasins d'un tout premiers Raymonda; ensuite, j'ai suivi leur carrière, sûre que tôt où tard, elles deviendraient étoiles.)

MacMillan

Je n'avais encore jamais vu de chorégraphie de lui, sauf le Roméo en vidéo avec Alessandra Ferri
J'ai été émerveillé par la richesse de ses pas de deux; conçus très différemment de Noureev. Tous les portés sont incroyablement innovants, même si la chorégraphie à déjà trente ans, je n'avais encore jamais rien vu de tel.
Il y a beaucoup d'invention et aussi de naturel;les mouvements collent à la musique naturellement; d'une manière générale, la chorégraphie est moins impressionnante, moins tourbillonnante ou vertigineuse que chez Noureev, mais plus humaine; les personnages sont vraiment creusés, fouillés, il explore vraiment l'âme humaine et trouve un langage chorégraphique adéquat pour chaque personnage; ce qui fait que même les seconds rôles sont marquants ( on prend en grippe M de Gm dès les premières secondes!)
La chorégraphie reste lisible d'un bout à l'autre avec une progression constante dans la complexité des relations entre les personnages et la montée de la tension dramatique : du grand art!

Merci à Cathy de m'avoir incité à voir Manon! ;)
car jusqu'à présent je n'en avais jamais eu envie; et j'ai vraiment vraiment adoré les pas de deux de ce ballet.J'en suis encore toute émue ce matin!

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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 11:40
article écrit en juin sur le site critical dance, danser en français; le voici tel quel!

Comment rester de glace devant une représentation de la compagnie d’Alvin Ailey ? Le plaisir de danser et de faire partager l’amour de la danse est tel chez ces danseurs qu’il embrase la salle toute entière, véritablement mise à feu !Je n’avais qu’une envie en les voyant : me mêler à eux pour danser avec eux, et je pensais : « voilà la façon dont je voudrais vivre ma vie, en la dansant, en la fêtant, même dans les moments les plus douloureux. »

Il y avait hier soir, 24 juin, une ambiance de concert de rock au palais des sports, les applaudissements et houra d’encouragements fusaient spontanément, tout en respectant le spectacle et le travail des artistes, et au finale une belle standing ovation d’un bon quart d’heure a abouti à un bis du rocka my soul du célèbre Révélation. J’étais terriblement heureuse de l’accueil réservé à cette compagnie, fière aussi que Paris honnore comme il se doit ces danseurs que j’adore et qui ne déçoivent jamais ni mon attente ni n’émoussent mon enthousiasme. Et pourtant, depuis une dizaine d’années que je vais les voir régulièrement, ce ne sont jamais les mêmes qui dansent sur scène, hormis deux ou trois qui sont dans la compagnie depuis longtemps. J’étais hier soir terriblement émue et comme transportée vers chacun des artistes qui s’abandonnent totalement en scène et permettent un vrai moment de communion.
Les danseurs, superbes, à la fois techniciens accomplis avec cette façon tellement féline de se mouvoir et interprètes généreux, mettent leur âme dans chacun de leur mouvement. Ils passent de l’allégresse au désespoir, de la séduction à l’ironie, de la spontanéité enfantine à une intériorisation plus poussée avec une sincérité telle que toutes les émotions se transmettent comme électriquement aux spectateurs, si bien que la virtuosité ne semble jamais gratuite quand elle se déchaîne ( trio de Révélation par exemple) mais reflet d’un trop plein de vie, de passion à danser, d’un besoin viscéral d’exulter ou d’épancher sa peine.
Les différentes chorégraphies mettaient en valeur plusieurs styles ( seule Révélation était de Ailey) où se côtoient jazz le plus pur ( magnifique ensemble et début de Winter in Lisbon de Billy Wilson) technique plus contemporaine,( Ier tableau de Révélation) ou encore mouvements de danse africain métissé d’un peu tout cela à la fois.( Serving Nia)
Le superbe pas de deux de Treading ( déjà donné à l’opéra garnie en 1992, chorégraphie de Elisa Monte) a révélé deux danseurs fabuleux de « feeling », et de technique accomplie ( Linda Denise Fischer-Harelle et Clifton Brown)
L’hommage à Dizzie Gillespie a mêlé humour, lyrisme, poésie, virtuosité, le tout magnifiquement éclairé ( bravo à Chenault Spence !)
Bref, un moment de bonheur pur et d’émotion intense…
Vivement qu’ils reviennent !!! :D :D :D réprésentation du 24 juin 2003

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 15:57
compte rendu de Don Quichotte à l'ONP Juin 2004 écrit sur le site critical dance ( danser en français); je livre cet article tel quel


soirée du 26 mai

Bon, c'est un peu tard! mais malheureusement, je n'ai pas pu écrire cette critique plus tôt!
J'ai bien évidemment lu celle de Cathy que je rejoints sur bien des points, mais il y a juste quelques petites choses que je voudrais ajouter

La soirée en elle même dégageait quelque chose de spécial, un bien être que j'ai rarement éprouvé à ce point ces dernières années, comme si tout le monde était en harmonie, comme si une sorte de paix, de joie était descendu ce soir là sur la scène. Le corps de ballet était PARFAIT!!! :)
Et tous les danseurs étaient uniques, eux mêmes en quelque sorte, ce qui faisait parfaitement oublier les petites fautes techniques qui passaient vraiment au second plan, comme le décalage entre les deux amies de Kitri; ce n'était pas grave...

J'ai trouvé Karl Paquette assez crispé au premier acte pour ses solos, mais tout de suite après ce premier acte, il s'est bien affirmé dans le rôle et il campe un Basilio très personnel, plaisant, avec une veine d'acteur comique insoupçonné jusqu'à présent!
Pour une prise de rôle, c'est un franc succès! bravo à lui! :D
C'est un partenaire extrêmement attentif, et il formait un couple très complice avec Eleonora Abbagnato ; et oui, ses portées! j'en ai eu le souffle coupé!!!
De tous les danseurs/ses de la soirée, c'est elle qui m'a le moins charmé par son style : à mon goût, trop de minauderies et pas assez de force; elle a des bras très déliés, une belle technique, une très jolie silhouette, des équilibres très sûr, mais j'ai une autre vision de Kitri.En revanche, si elle danse un jour Aurore, je courrai la voir!
En fait, je n'ai eu d'yeux toute la soirée que pour Dorothée Gilbert : j'ai eu l'impression d'assister aux débuts de Moniques loudières que j'avais vu dans ce même rôle en 1981, qui m'avait éblouie, (elle éclipsait presque ce soir là Noella Pontois qu'elle remplaça cette même année dans Kitri pendant une tournée d'été en Italie, Noella s'était blessée) et qui était nommée etoile six mois plus tard : la même sublime technique, la même espiéglerie, le même piquant, un style très pur et très juste, un jeu d'actrice très réussie. Elle danse a la fois avec une grande simplicité, une grande classe, et en même temps, elle va au bout de tous ses mouvements. Elle accapare tout l'espace de la scène à elle, je ne l'avais encore jamais vue danser, j'ai été emerveillée; j'avais l'impression de revoir Don Quichotte, période Noureev, lorsqu'elle dansait.
D'autant qu'elle revient danser dans l'acte des dryades aux côtés de de Myriam Ould Braham et de Mathilde Froustey qu'elle éclipsait tout naturellement.
L'autre danseuse que j'ai beaucoup aimée est Nathalie Riqué : elle habite bien son personnage, elle a beaucoup de présence, et sa danse "un peu aguicheuse" contraste merveilleusement avec celles des amies de Kitri; c'est une bonne actrice aussi, et le couple qu'elle formait avec Espada (Yann Saiz) était très plaisant à voir: Passion, quand tu nous tiens! semblaient-ils dire tous les deux, en prise avec leur séduction, et leur jeu dansé, parade amoureuse colorée! :D
et puis Isabelle Ciaravola : magnifique dryade! les jetés à la seconde (? quels noms cela porte-til?) étaient suspendus en l'air, comme si elle était une plume; quand à la série de développé seconde...
Décidement, cette scène des dryades reste pour moi un grand moment dans l'univers du ballet classique: j'adore sa magie, son côté slave; c'est très habile de la part de Petitpas, de mettre en avant cette beauté irréelle de danseuses en tutus, qui évoluent dans un monde onirique, au milieu de toute cette fougue latine
Autre mention, les torréadors : je les trouve d'habitude toujours un peu ridicules, mais là! chapeau! ils m'ont convaincue!
Pour le reste, j'ai regretté le Don Quichotte de Jean Marie Didière, mais le sancho pança de Fabien Roques était très très drôle!

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