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Shabastet

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  • : Blog sur la danse en général et l'opéra de paris en particulier rédigé par Valérie Beck, administratrice du forum danses pluriel
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 07:49

 

 

Au moins trois  raisons, non quatre! d’être contente de sa venue !

 

Raison numéro : son nom !

 

537641879 danse benjamin millepied presente une creationAprès Petipa en Russie, Millepied à Paris, c’est savoureux quand même ? Bon, il ne vient pas en tant que chorégraphe mais directeur de la danse, une nuance de taille, mais déjà son nom est un gage de bonne-humeur ! J’entends déjà les blagues circuler dans les couloirs de l’opéra : les danseurs viendront travailler le sourire aux lèvres !

Un tel nombre de pieds est sans doute le signe d’un caractère affable, courtois, joyeux ! En plus, cela lui sera très pratique pour courir d’un étage à un autre, d’un opéra à l’autre !

 

 

La seconde : la Belle Nathalie : elle va vivre une grande partie de son temps à Paris et en est ravie et nous aussi ! Ah, on peut penser ce qu’on veut de Black Swan, n’empêche, elle y était bouleversante… la danse aime vraiment Nathalie : un rôle de danseuse, un mari  danseur… donc nous aussi, on l’aime !

 

La troisième, plus sérieusement, est que le monsieur vient de remettre des videos de sa jeunesse, et c’est de bonne augure : légèreté, précision technique, présence… oui, c’est un vrai danseur qui nous arrive et  qui s’est plus que frotté à la technique classique. Il ne crachera donc pas sur elle, ni ne la méprisera. On peut aller jusqu’à rêver qu’il ne se servira pas du répertoire  classique comme d’une vache à lait pour produire de hideux spectacles contemporains, mais bien pour mettre en valeur la compagnie toute entière, des danseurs étoiles en tête  (et même ceux qui ne dansent plus de classique) …. Jusqu’aux quadrilles ! Allez hop, tout le monde s’y met, s’il vous plaît !

 

La dernière raison est que un peu d’oxygène dans les murs de l’opéra de Paris après le rideau de fer, ma foi, ça ne peut être que bénéfique à la compagnie  de danse.

 

Hilaire, s’il avait pris la suite,  aurait sans doute  continué  la même politique de danse qu’aujourd’hui

Leriche comme Legris connaissent très bien les danseurs, trop peut être.  Ils ont tous les deux fait leur classe à l’opéra, et ont côtoyé la compagnie pendant de longues années.

 

Millepied, lui, débarque d’Amérique, même s’il a fait ses classes à Bordeaux ; il n’a pas dansé avec les plus mauvais,  - Robbins en tête  et Balanchine- Il fut danseur étoile du NY city Ballet.  

Il aura donc  un regard neuf, un regard frais  sur la compagnie, et sans doute aussi admiratif devant l’excellence de la troupe sur le plan technique! De quoi rebooster le moral des troupes !

Comme la compagnie (moyenne d’âge 25 ans), il est jeune (36 ans), et on sait que jeunesse et enthousiasme vont souvent de pair.

Les danseurs, pour la première fois depuis longtemps, auront l’impression que tout le monde a à nouveau ses chances, est à égalité. Avant que clan et chouchous ne surgissent – ce qui ne sera pas forcément le cas – il y aura un temps neutre, où les pendules seront remises à zéro.

De quoi redonner un peu d’ardeur à une compagnie qui a montré plus d’une fois des signes de lassitude…

Pendant les premiers temps, au moins, tout le monde «  y croira » à nouveau

 

Millepied, l’homme du renouveau : ma foi, ça me plaît !  Je lui souhaite en tous cas beaucoup de courage avec la paperasserie française qui en a fatigué plus d’un avant lui ! Espérons que comme Noureev, il saura faire avec, passera par-dessus les contraintes si «  françaises »  et donnera le meilleur à une compagnie que j’aime de tout mon cœur.

 

 

 


 
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Published by Shabastet - dans opéra de paris
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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 09:56

 

 

 

J’avais pris des places pour deux raisons ; la première, pour voir Nicolas Leriche que je n’ai pas vu depuis Rendez vous ou Appartement, car ces 8 dernières années, j’ai joué de malchance quand aux grands Noureev : blessure, ou partenaire blessée, ou grève… (Le Lac, Casse Noisette, Le Prince de Cendrillon…)

Comme Nicolas termine sa carrière à l’opéra cette année, l’occasion était trop belle de le revoir une fois encore. Il aura durablement marqué mes 15 dernières années de spectatrice…

La seconde, est que je suis très sensible à l’esthétique et l’univers de Teshigawara.

C’est une histoire de coup de foudre. Elle a commencé avec Air, créé pour l’opéra de Paris en 2003 ;  alors que les trois quarts des spectateurs criaient à la fumisterie chorégraphique, j’étais complètement envoûtée par le travail sur l’air précisément qui était fait dans cette œuvre, où les corps comme dématérialisés semblaient se mouvoir en apesanteur. Une intense poésie se dégageait de l’ensemble ; Miteki Kudo, irréelle, était comme l’écume, ou comme un nuage qui  bouge, prend et change de forme au gré du vent, une simple petite brise la plupart du temps, comme le  zéphir de l’été.

Quand à Jérémie Belingard qui participait déjà à cette création, il était à la fois un concentré d’énergie toute intériorisée, de douceur, de fluidité, et d’intensité, parvenant sans peine à superposer plusieurs états en un seul et à les faire ressentir au spectateur.

A la fin du spectacle, les pensées avaient changé, comme si le mental avait trouvé une telle source de saveur, que nourrit, il s’était apaisé…

 

Teshigawara, artiste atypique, n’a pas fait de la danse son art favori ; il l’envisage comme un plasticien et traite à égalité la bande-son, les éclairages, les costumes, les poèmes, le dispositif scénique. Il a une conception globale de son ouvrage où le mouvement s’intègre à tout le reste, n'en est qu'un des composants.  

 

Ma deuxième rencontre se fit grâce à Arte qui diffusait Absolute zéro exécuté par le chorégraphe lui-même et sa partenaire d’alors. J’ai tout de suite adhéré à l’espace scénique blanc et noir, à l’économie du geste entièrement intériorisé mais qui en se déroulant donne à sentir tout un univers, à la justesse du mouvement. On a l'impression d'assister à quelque chose de sacré.  

 

Pourtant, Teshigawara le dit lui-même : il n’y a rien de spirituel dans son travail.    

 

Darkness is hiding black horses

 

Avant de venir à l’opéra dimanche, je n’avais assisté ni à la répétition publique, ni lu les nombreuses interwiew ou autres qu’on trouve ici et là et qui bien souvent me donnent la migraine plus qu’autre chose. C’est donc en ne sachant presque rien de l’œuvre que je me suis retrouvée dans la salle.

 

Une œuvre en mouvement

 

Il faut savoir qu’à l’origine, cette œuvre devait être une création pour quatre danseurs – Dupont – Gillot- Bélingard- Leriche

Gillot ne fait pas sa saison pour l’instant à l’opéra de Paris,  il ne restait donc que trois danseurs, ce qui ne posait aucun problème au chorégraphe. Ce trio est devenu un duo hier, car Leriche, visiblement blessé depuis jeudi dernier, devait être remplacé par Marc Moreau, qui s’est blessé  à son tour, quelques heures avant de monter sur scène. Dupont et Bélingard ont quand même voulu donner la représentation et je les en remercie du fond du cœur.

 

J’ai assisté hier à une œuvre à l’esthétique parfaite, pleine d’émotion. Rien de révolutionnaire, non. Du blanc, et du noir, un espace où surgissent parfois des vapeurs de fumée verticale et qui quadrillent, délimitent, morcellent l’espace, suivant.

Une bande-son emplie de bruits de nature, ou de sons plus angoissants… bref, des choses déjà utilisées ailleurs.

 

Alors ? Et bien, tout cela a fait naître un poème d’une intense douleur emplie d’espoir. Tout commence avec Aurélie Dupont, qui, debout dans un espace noir, tente de faire naître un peu de lumière. L’espace scénique est envoûtant : Teshigawara donne au noir une texture et une profondeur. C’est un noir d’encre, un noir de sèche, épais, qui engloutit tout à l’entour ; et la frêle Aurélie se tient là, droite, fragile, prête à disparaître et pourtant, bien décidée à diffuser, à irradier la lumière qu’elle est. Elle lève timidement les bras, elle ouvre l'espace.

Quand Jérémie Bélingard la rejoint, on assiste, hypnotisé, à une danse où le corps s’étire  à l’infini, jusqu’au bout des ténèbres comme pour les repousser, ou au contraire se contracte  en un point infime, pour leur échapper. La lumière  l'éclaire un peu, tente de le protéger. Que le mouvement soit fluide ou saccadé, il est toujours juste, terriblement vivant. Bélingard danse avec un instinct quasi animal qui bouleverse. On atteint grâce à lui à la Beauté absolue.  Car  le danseur disparaît dans la danse : cet abandon viscéral au mouvement qui se fonde à la musique et à l’espace donne une force, une cohérence, une intensité à cette œuvre qui submergent le spectateur à tel point qu’il est «  stupéfixié ».

 

Ce duo  oppose  les ténèbres et la lumière, un peu comme au début d’une cosmogonie. L' œuvre poétique, intense est  douloureuse mais l’espoir cependant n’est jamais absent. Les vapeurs qui surgissent plongent le spectateur dans un rêve, un peu comme ceux mis en scène par Kurosawa (Dream). On est à notre tour  happé dans cet espace d’où on ne veut plus sortir.  On veut rester là à jamais,  la pensée suspendue, jusqu’à comprendre l’origine du monde peut être, ou de soi même. Ou encore  accroché à la beauté qui fait taire le mental.

 

Un grand, grand merci pour ce moment hors temps plein de poésie et d'intensité.

 

Jeremaur.JPG

 

 

 

Du coup, il m’a été quasiment impossible d’être présente à la suite du spectacle, je voulais tellement rester avec Teshigawara que je n’ai pas pu être vraiment là pour Trisha Brown, dont j’aime pourtant infiniment son Glacial Decoy et ses lignes qui se décalent, et laissent à sentir un espace  qui se prolonge au-delà de la scène et encore moins au Doux Mensonges, dont je n’ai pu qu’écouter la musique, diviniment chantée et dirigée par les Arts Florissants.

 

glacial-decoy.JPG

 

De Glacial decoy, me parvenaient des silhouettes angéliques, mutines, qui jouaient avec les lignes, dans un silence bienveillant. Des êtres ailés, interdépendants les uns, les autres, comme ces silhouettes découpées dans du papier qu'on déploie pour les fêtes et qui bougent toute ensemble, solidaires. Je n'ai pas trouvé que les demoiselles étaient toujours très ensemble d'ailleurs, mais je n'étais pas non plus très objective. J'ai trouvé le tout un peu scolaire, pas aussi vivant que dans mon souvenir, mais il faut dire que Trisha est malade et n'est donc pas venue régler l'ensemble; cela se sent.


 

 

 

Pour Doux Mensonges, seule Abbagnato me ramenait régulièrement vers la danse, car mon esprit était entièrement tourné vers la musique, vers la beauté des voix, inintéressée que j'étais par ce qui se passait sur scène et qui me semblait si fade, après le Teshigawara. J'étais encore avec Jérémie et Aurélie et j'aurais voulu en voir plus...  Parfois je regardais le grand drapé orangé au dessus des danseurs, espérant le voir évoluer comme les fumigènes du Teshigawara; allait il  devenir nuage, vapeur, écume?

Les vidéos m'ennuyaient, alors que je les avais beaucoup aimées les premières fois...

Il ne me reste donc de Doux Mensonges que la silhouette d'Abbagnato et son charisme inégalable. Dans cette oeuvre, sa technique est vraiment mise en valeur, elle y est sublime.

 

 

 

doux.JPG

    

 

 

A venir : un article plus complet sur Teshigawara

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 09:23

C’est aujourd’hui le concours de promotion des filles  à l’opéra de Paris.  Les participantes vont concourir pour accèder au grade supérieur. Elles sont libres de passer ou non le concours ; certaines savent qu'elles ont toutes leur chance, d'autres, qui au fil du temps comprennent qu'elles risquent de rester jusqu'à leur retraite dans le même corps,  le font pour montrer qu’elles sont motivées, « qu’elles y croient ». En général, il y a de une à trois places par catégories : ainsi les sujets concourent pour être première danseuses, les coryphées pour devenir sujet et ainsi de suite. Elles danseront une variation imposée et une variation qu'elles choisissent. Elles se préparent souvent seule avec une vidéo, et ont parfois la chance de pouvoir travailler une heure ou deux avec une Etoile qui les regarde et les conseille.

 

A partir de la catégorie sujet, la danseuse est considérée comme demi-soliste, et peut donc se voir confier des rôles jusqu’à celui d’étoile.

 

Je ne viens pas ici faire de pronostic mais simplement parler des danseuses que j'aime, que j'ai plaisir à retrouver sur scène année après année. 



Les sujets


Amandine Albisson-Pivat, Caroline Bance, Aurélia Bellet, Marie-Solène Boulet, Héloïse Bourdon, Lucie Clément, Sarah Kora Dayanova, Marine Ganio, Eléonore Guérineau, Charline Giezendanner, Christelle Granier, Laura Hecquet, Myriam Kamionka, Miteki Kudo, Laurence Laffon, Sabrina Mallem, Caroline Robert, Silvia Saint-Martin, Pauline Verdusen, Séverine Westermann,

 

dv-blcop-coppelia-coppelia2-150dpirgb.jpgMalheureusement Charline   a peu de chance de devenir première danseuse,  parce qu’elle est entrée dans le corps de ballet  il y a longtemps déjà et qu’en principe, on nomme une étoile potentiel dans le corps des premières danseuses, ce qui ne peut plus être son cas. C’est pourtant  l’une des ballerines les plus musicales et vivantes en scène que je connaisse. A chaque fois que j’ai eu l’occasion de la voir, elle a montré ce petit supplément d’âme que j’aime tant voir chez une danseuse. 

Il me semble que Marine Ganio ne concoure pas cette année, mais même commentaire ; une danseuse généreuse, lumineuse et expressive, à la danse ciselée, précise.

 

Je n’ai pas eu l’occasion de voir Caroline Robert dans du classique, mais quel tempérament ! Elle irradie sur scène, elle a un charisme extraordinaire, un sens théâtral inné, beaucoup de vivacité.

Quand à Laura Hecquet, j’aime son lyrisme, sa tenue, sa pureté, sa ligne… vraiment une belle danseuse, attachante, avec de grandes qualités de danse, plus à l’aise cependant dans le classique.  Je l’ai particulièrement aimée l’an passé dans la danseuse de rue de Don Quichotte.  Elle ne deviendra probablement pas non plus première danseuse.


Les grandes favorites sont Bourdon, que je n’apprécie pour l’instant pas et surtout Albisson, mise en avant ces derniers temps et que je vais peut être redécouvrir dans la Belle au bois dormant cette année

Je n’aime pas leur tempérament artistique, ni leur danse que je trouve encore scolaire, voir étriquée, manquant cruellement de musicalité. Heureusement, mon jugement n’est jamais arrêté une fois pour toute ; les danseuses évoluent, leur artistique mûrit et surtout au fil des rôles, certaines personnalités éclosent….


Il est parfois surprenant de voir une danseuse acquérir une maturité artistique qui lui faisait défaut auparavant,  comme ce fut le cas pour Laetitia Pujol, comme c’est en train de devenir le cas pour Pagliero. Cependant, ces deux danseuses étaient des techniciennes hors pair, ce qui n’est pas le cas des    favorites. 


Pour compléter, je dirai que j’ai souvent eu l’occasion d’ apprécié Séverine  Westermann  et aussi Laurence Laffon  ces dix dernières années que je retrouve toujours avec bonheur sur scène.

 

Je ne comprends pas pourquoi Miteki Kudo figure encore sur les listes alors qu'elle est partie à la retraite il y a un an ou deux déjà...

 


Coryphées

Laure-Adélaïde Boucaud, Marion Barbeau, Alexandra Cardinale, Sae Eun Park, Letizia Galloni, Juliette Gernez, Daphné Gestin, Fanny Gorse, Emilie Hasboun, Juliette Hilaire, Amélie Lamoureux, Vanessa Legassy, Laurène Levy, Juliane Mathis, Céline Palacio, Aubane Philbert, Charlotte Ranson, Ghyslaine Reichert, Lydie Vareilhes, Karine Villagrassa

 

De belles danseuses aussi dans cette catégorie : de belles personnalités artistiques que je vois sur scène pour certaines depuis plus de 15 ans. De celles mises en gras, deux sont particulières. L’une parce qu’elle part plus ou moins favorite ( Marion Barbeau) , - mais je l’ai peu vue sauf une fois où elle irradiait littéralement la scène -  l’autre ( Sae Eun Park) parce que c’est un jeune prodige à la technique virtuose.  Certaines qui savent qu'elles n'ont aucune chance montreront peut être encore leur motivation en passant le concours une fois encore. Jamais beaucoup la personnalité de Juliette Gernez par exemple, qui a été éloignée lontemps de l'opéra de Paris pour blessure, je crois et qui a présent n'est plus en " course" pour la catégorie sujet.

 


Quadrilles


Anémone Arnaud, Laura Bachman, Léonore Baulac, Alice Catonnet, Julia Cogan, Emma D'Humieres, Leila Dilhac, Noëmie Djiniadhis, Peggy Dursort, Lucie Fenwick, Miho Fujii, Claire Gandolfi, Natacha Gilles, Amélie Joannides, Julie Martel, Lucie Mateci, Sophie Mayoux, Caroline Osmont, Sofia Parcen, Christine Peltzer, Marie-Isabelle Peracchi, Ninon Raux, Maud Rivière, Gwenaëlle Vauthier, Jennifer Visocchi

 

Je ne connais dans cette classe que Léonore Baulac que l’on a pu suivre l’an passé grâce à l’émission de télévision la Danse à tout prix, Miho Fujii qui est depuis longtemps dans cette classe, (ainsi que d’autres danseuses )  J’ai souvent lu le nom des autres sur le programme mais ne vais plus assez souvent à l’opéra pour bien les connaître.

 

Comment garder l’envie quand vous arrivez à 16 ans dans ce corps de ballet, que vous y restez année après année, et que des danseuses plus talentueuses que vous arrivent, ne restent qu’un an ou deux puis grimpent ? Et comment aussi restez heureuse de danser quand les années passent, que l’âge arrive, et que de toutes jeunes recrues viennent rejoindre vos rangs ?

Que vous répétez  toujours les mêmes rôles de corps de ballet ?

Si l’amour de la danse n’est pas fortement chevillé au corps, de passion elle devient un métier. Au fond, c’est un peu le risque pour tous les métiers…. Sauf que pour celui-ci, la mise en compétition est permanente….

Parfois un chorégraphe contemporain repère telle ou telle et le temps d’une chorégraphie, d’une création, ce qui doit redonner un peu d’air frais à ces artistes.

Sans doute certaines danseuses gardent elles l’amour de la danse chevillée au corps toute leur vie, quelque soit leur grade, d’autres peut être, voient naître en leur for intérieur une amertume, une déception….

 

Les résultats seront connus en fin de journée!

 

A noter que le nouveau directeur de la danse, Benjamin Millepied, assiste au concours cette année.

 

 


 

le 10 novembre :

 

Et bien voilà : le verdict est tombé : sont nommées les danseuses en rouge dans la liste ci dessus, donc pas de surprise  à savoir Albisson qui devient première danseuse et que je verrai dans la Belle au mois de décembre

A noter que Laura Hecquet est classée deuxième ce qui me fait vraiment plaisir car c'est vraiment une belle danseuse!

Giezendanner est classée 4ème devant Hélöise Bourdon qui doit être extrêmement déçue car classée seconde l'an passé; elle devait espérer fortement.

 

Pour les sujets, nomination attendue de Sae Eun Park, technicienne de haut vol

pas d'autres classées, pour la plus grande tristesse des autres danseuses

 

 

et la rayonnante et adorable Léonore Baulac devient donc  Coryphée; sa ténacité a payé.

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 19:50

François Alu premier danseur

 

 

 

grid-cell-29261-1375370506-14.jpgUn petit article hommage à l’un de mes grands coups de cœur de ces 15 dernières années – depuis Nicolas Leriche en fait ! Ce danseur découvert via une émission télé m'a donné envie de quitter ma douillette maison pour aller le voir l'an passé  danser le rôle de Basilio  du ballet Don Quichotte  (version Noureev, enfin, ce qu'il en reste! Car les costumes et les décors... beurk, mais là n'est pas le propos!)!!!! Cela ne m'était pas arrivé depuis 15 ans! Il fallait que je le vois dans ce rôle titre! L'article qui relate cette soirée est ICI.

 

A ses côtés, il y avait la magnifique Alice Renavand qui pourrait bien passer étoile avant la fin de l'année....mais c'est pour un autre article!

 

 

Voici ce que j’ai déjà écrit de lui sur ce blog

 

1)      Dans le petit docu-fiction de l’an passé, la danse à tout prix – Comme j’aurais aimé en revoir un de la sorte cette année - il se montre un danseur passionné, à l'intelligence rare, et doté d'une "facilité" qui semble naturel; rien n'est " laborieux" chez lui, contrairement à presque tous les danseurs actuels hormis Charline Giezendanner, actuellement sujet.

 

Au cours du reportage, F. Alu se blesse au pied et doit s’arrêter de danser. Quinze jours avant, il reprend le chemin de l’opéra sans savoir  s’il pourra passer le concours. Lorsqu’il revient travailler, c’est une période à la fois de remise en route du corps, mais aussi de préparation au concours ; il a toujours un ligament qui lui fait mal. Il ne peut même plus trouver de studio de répétition libre, ce qui fait qu’il travaille sa variation libre - Le Solor de la Bayadère - pendant les cours collectifs… où on le voit briller. Il a les pires conditions de préparation qu’on puisse imaginer : le corps n’est pas prêt, il n’a pas d’endroit où répéter seul, ni se faire conseiller.

  Et j’ajoute dans cet article

Vu cet hiver dans Don Quichotte, c’est surtout l’intelligence de sa danse qui m’a stupéfaite. Il comprend réellement les pas qu’il danse et du coup, leur donne une nuance personnelle sans trahir le texte ; il a de grandes qualités dans la propreté des pas, dans l’exécution des pirouettes, dans le moelleux de ses sauts. Son élasticité naturelle, un peu comme Leriche, lui permet de varier la vitesse d’exécution, ralentissant un saut, accélérant une pirouette, le tout donnant un naturel à sa danse étonnant !

 

Et puis à l’issu de la représentation de Don Quichotte j’écris :

 

On retrouve chez F. Alu un peu de ce style si particulier à Noureev !  D’ailleurs ce qui m’a le plus séduit chez ce danseur, c’est son intelligence car sa technique encore un peu verte est largement compensée par une vraie compréhension des pas et une façon de les exécuter très claire.

 

 

Il n’y a pas un doute : si ce danseur continue sur sa lance, il sera étoile. Lorsque je l’ai vu l’an passé dans Don Quichotte, il n’était pas encore officiellement sujet ; le voilà premier danseur ; il n’a pas 20 ans !

C'est un parcours fulgurant!

 

Espérons que Benjamin Millepied le programmera intelligemment dans les Saisons à venir, en en prenant plus soin qu’on ne l’a fait avec le grand artiste et Etoile de l’opéra de Paris : Mathieu Ganio

Celui-ci, nommé trop jeune et mal distribué ( et peut être mal «  coaché » ) s’est beaucoup blessé et s’est tenu souvent loin de la scène.  Comme certains danseurs, il avait beaucou grandi, et a eu du mal à rétablir son centre de gravité; a force d'enchainer le style contemporain et classique, qui sont antinomiques, il s'est souvent blessé. A présent, il sait quel rôle choisir et comment les travailler.

 

Voilà ; François Alu  allume ( sans jeu de mot) mon grand espoir en la renaissance de l’opéra de Paris !!!! voilà un danseur curieux - son cousin est danseur de hip hop - vif, intelligent ET travailleur!

Il semble danser comme il respire!

 

Cela me rappelle ce que disait  Jean Babilée " je travaillais, je faisais les pas, je m'appliquais et un jour, je me suis amusé, tout me semblait naturel, facile, sur la musique, et mon professeur m'a dit : voilà, c'est cela danser!"

François Alu incarne absolument cette pharse!

Il est réellement passionné par la danse....  il a cette aisance, ce charisme, cette joie de la danse, ce côté non laborieux, non scolaire que je suis lasse de voir ces dernières années à l'opéra ( Albisson, Bourdon, Magnenet,  pour ne citer qu'eux.... )  A suivre, donc!

 

 
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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 15:46

 

noureev-Tennant.jpg

 

           Noureev et Tennant - Ballet du Canada - 1972

 

Un bref historique…

 

Ce ballet composé en  1890 par Tchaïkovski, est une commande des Théâtres Impériaux et de son directeur, Ivan Vsevolojski. C'est le second ballet du compositeur qui a déjà écrit le Lac des Cygnes en 1876. Ce ballet,   chorégraphié en premier non par Petipa mais par Julius Reisinger,  fut un terrible échec.  Le pauvre Tchaikowksy  dut assister impuissant non seulement à une chorégraphie calamiteuse mais à la mise à sac de sa partition car la prima ballerina a jugé bon de remplacer des dizaines de pages de sa partition par du Minkus qu’elle trouve bien plus dansant… 

 Heureusement : justice sera  rendue à cette poétique et poignante partition vingt ans plus tard, grâce au génie de Petipa qui la  magnifiera. Les actes blancs et leurs trentes cygnes aux arabesques inoubliables sont un chef d’œuvre de construction, d’équilibre, de beauté et de perfection classique. Tchaikovksy, décédé trois ans plus tôt, n’en saura rien. L'oeuvre, plus d'un siècle plus tard, n'a rien perdu de sa force et de sa poésie et figure au répertoire de toutes les compagnies classiques

 

 

Si le compositeur accepte la proposition de Vsevolojski malgré cette première expérience désastreuse, c’est au moins pour deux raisons : le livret s’inspire d’un conte de Perrault  que sa mère, d’origine française, lui lisait quand il était enfant. Cette possibilité de se plonger dans son enfance et ses souvenirs le ravit, lui qui a traversé des heures bien  sombres quelques années plus tôt, ne parvenant plus à écrire une seule note de musique.  La seconde est qu’il peut travailler directement avec le chorégraphe, créant ainsi une œuvre à deux voix. Petipa qui sait à quel point les compositeurs n’aiment pas être dirigés, a tout prévu dans les détails afin de rendre la collaboration agréable. Leur vision commune du conte, de sa scénographie permettra une vraie entente entre les deux artistes et également la naissance de  Casse Noisette, deux ans plus tard.

Le Lac posthume complète cette trilogie dansée aujourd’hui encore sur les scènes du monde entier. Marius et Piotr auront donné en seulement six années au ballet classique ses plus beaux joyaux. Cette riche collaboration permettra ensuite à d’autres compositeurs d’accepter de se frotter au monde  du ballet, ce qui était impensable auparavant. Pour Petipa aussi, c’est une rencontre heureuse ; il a enfin trouvé un compositeur à la hauteur de son talent. Ses chorégraphies pourront devenir symphoniques et être totalement portées par la musique. Petipa crééra des ensembles, des duos, des variations où la pureté du style classique s’entremêlera à sa poésie naturelle et expressive.

 

A la création, Aurore était dansée par l’Italienne Carlotta Brianza âge de 23 ans ; Pavel Gerdt, son Désiré avait exactement le double de son âge. Petipa avait confié à sa fille Marie le personnage de la Fée Lilas. Cecchetti incarnait Carabosse ET l’Oiseau Bleu.

 

Pour Rudolf Noureev qui découvre l’œuvre au Kirov, après en avoir entendu longtemps parlé à Oufa par son maître de danse, c’est le coup de foudre absolu. C’est précisément avec ce ballet que Noureev triomphera dans les ballets du marquis de Cuevas – dont il critiquera largement les costumes pesants qui contraignent les mouvements – dans les doubles rôles du Prince et de l’Oiseau Bleu.

 

 

L’opéra de Paris et la Belle

 

L’opéra de Paris découvre en 1922  lors de la période des Ballets Russes le troisième acte de la Belle qui est une espèce de «  compilation-divertissement » appelée le Mariage d’Aurore. Il est  présenté le 31 mai en même temps que l’Après midi d’un faune, le Spectre de la Rose et Shéhérazade. On peut lire sur le programme «  la variation des Comtesses, Marquises, Duchesses, de Barbe Bleue, du Papillon siamois, Shéhérazade, des trois Ivan et la variation du Prince sont de la Nijinska ». La première production intégrale de l’ouvrage à l’opéra voit le jour en 1974.  La chorégraphe est Alicia Alonso. En 1982,  Rosella Hightower, alors directrice de la danse a Paris, fait donner 45 représentations successives de la Belle au bois Dormant dans l’immense salle du Palais des congrès. C’est un triomphe. C’est seulement en 1989 que Noureev donnera sa version à la troupe.

 

 

Aurore au premier acte : Princesse mais femme de tête !

 

Dès son entrée, Aurore, 16ans,  montre toute sa fraîcheur et sa jeunesse. Les nombreux sauts de chats expriment à eux seuls un enthousiasme et une candeur enfantine. Mais c’est une Princesse.

 

   developpé seconde et équilibre, tempo lent.

developpe-seconde.JPG Et comme telle, elle sait aussi contenir ses émotions : ce que montre le célèbre Adage à la Rose, moment d’équilibre et de concentration redoutables pour la danseuse. Quatre princes sont présentés à Aurore qui  passe de l’un à l’autre (quatre développés seconde). Pendant la longue tenue de l’ attitude arrière, les princes la saluent à tour de rôle. Puis ils lui offrent chacun une rose, mais la princesse ne les garde pas, montrant  par ce geste à la fois sa détermination, sa maturité : elle ne veut pas choisir un époux, malgré la volonté de ses parents : elle donne les quatre roses à sa mère.

A la coda, pendant laquelle l’orchestre monte en puissance,  Aurore retrouve  ses quatre attitude-Aurore.JPGdéveloppés seconde du début, avec double pirouette, attitude quatrième -mais la Princesse a pris de l’assurance ; sa délicatesse et sa courtoisie du début ont fait place à sa détermination. Elle termine sa variation au centre des quatre princes avec ses magnifiques et redoutables pirouettes à la seconde, et les tours attitudes cambrés. Vient la dernière diagonales de développés seconde, très rapides cette fois : les Princes font une dernière tentative en offrant une nouvelle rose – ils sont tenaces !                                                                                                    attitude 4ème et équilibre : mise à distance

 

qu’Aurore saisit avant de les jeter au sol cette fois-ci :   pas la peine d’insister, messieurs les Princes,  j’ai dit non ! Et je vous réserve le même sort qu’à vos fleurs si vous continuez ! semble dire Aurore. Le tour attitude quatrième où chaque prince fait tourner la princesse sur elle-même – autre redoutable moment de concentration ! clôt la varation.

 

Noureev  et la Belle :

 

C’est grâce à la scénographie de Noureev que cette variation prend tout son sens ; Aurore représente la jeunesse, l’avenir ; elle souhaite être maîtresse de son destin, de son cœur. Autour d’elle, une cour empêtrée dans son étiquette et ses traditions cherche à lui imposer son destin.

 

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Carabosse devient  avec Noureev  une douairière méchante et frustrée qui entend bien faire entendre raison à cette jeune fille insoumise. Elle refuse les princes qu’on lui propose ? Il faut la punir ! Féru de psychanalyse de conte de fées, Noureev fait de ce personnage un barrage à la féminité et la sexualité d’Aurore. C’est l’épingle de son chignon et non sa quenouille qui blesse Aurore. En face d’elle, Lilas permettra à Aurore d’être elle-même ; elle lève les tabous, les interdits. Elle représente la liberté. Elle permet la rencontre de deux jeunes gens. Elle préside à leur heureuse destinée et à une arrivée d’air frais et pur à la cour.

 

la-fee-Lilas.JPG

   

Noureev met en scène sa première Belle au bois dormant en 1966 pour la Scala de Milan avec Carla Fracci en Aurore. La chorégraphie de Petipa est respectée. Sa mémoire prodigieuse lui a permis de graver de façon certaine la version dansée au Kirov qui a conservé au plus près le ballet d’origine. 

 

Noureev disait «  Quand je faisais mes premiers pas à Ufa, mon maître à danser qui avait appartenu au Kirov, me disait toujours que la Belle au bois dormant était le ballet des ballets ; et j’en étais gourmand à l’avance. Le Kirov, plus tard, m’a fait découvrir la splendeur du festin. Ce ballet représente en effet l’apogée du ballet classique : la danse s’affirme alors comme art majeur. Et cela constitue un événement historique : après la Belle, le ballet a pu attirer  lui les plus grand compositeurs qui ‘n’ont plus hésité à travailler avec les chorégraphes. »

Lorsqu’il remonte le Ballet pour l’opéra de Paris, (1989) c’est d’abord à Georgiadis qu’il confie le soin de réaliser décors et costumes. Mais c’est Ezio  Frigerio et la talentueuse costumière Squarciapino qui les créeront pour la nouvelle production à la Bastille (1997), Georgiadis étant à présent trop âgé pour supporter une telle somme de travail. Les 100 ans sont évoqués par le changement de style : celui de Louis XIV laisse la place à un style plus Louis XV, en tous cas pour le Mariage, car la chasse louche un peu du côté des costumes Louis XVI.

 

  Le rôle de Patricia Ruanne

 

En 1975, Patricia Ruanne fut la princesse Aurore de Noureev au London festival ballet.   Noureev qui avait beaucoup dansé avec elle et créé Juliette littéralement sur elle  en lui faisant innover sur pointes la technique contemporaine acquise auprès de Graham, lui demanda de devenir répétitrice du ballet de l’opéra ; après la mort de Rudolf, elle continua d’assumer cette fonction avec passion, détermination et aussi de grands moments de doute lorsque les productions passèrent de Garnier à Bastille, au plateau démesuré ; elle disait qu’elle se demandait sans cesse si Noureev serait content du résultat. La Belle fut le premier ballet qu’elle remontera sans la présence de Rudolf à ses côtés

decors.JPG

Cette production énorme de 1997 a demandé trois mois de travail à plein temps pour atteindre à cette perfection que Rudolf aimait tant. Le résultat est magistral. C’est Le plus beau décor jamais réalisé pour ce ballet, la châsse parfaite pour l’un des joyaux les plus précieux qu’il soit.  Ezio Frigerio explique à quel point l’univers de Noureev était loin du sien, et l’effort qu’il a fait pour se mettre à sa place afin de réaliser ce qu’il voulait. «  J’ai vraiment été vers lui, vers son monde, explique –t-il, ce n’était pas mon goût mais le sien ; il suffisait d’entrer dans sa maison pour voir son amour oriental du vieil or, des matières et des couleurs. Et j’ai fait tout mon possible pour le comprendre et le servir au mieux, y compris pour son tombeau. »  Travail que Noureev aurait sans doute adoré par sa magnificence et son sens du détail. 

 

Les différences entre les deux productions sont de taille : ainsi, le prologue se déroulait en plein air dans la première production ; il n’y avait pas le grand escalier par lequel arrive Aurore. Frigerio qui doit adapter ses décors aux dimensions du plateau fait du prologue et du premier acte un immense espace théâtral, avec colonne roccoco, dorure, trône,le-temps-a-passe.JPG  et grand escalier.  On ne voyait pas non plus le lien entre le décor du prologue et celui du second acte qui montre bien avec   que le temps  a passé et que la pierre s’est effritée puisque la toile peinte qui représente une rotonde devient une peinture à la Hubert Robert.

C’est cette version qui sera donnée cette année à Bastille.

 

Le Prince et Noureev

 

Dans ce ballet, Noureev a donné toute son importance au prince au deuxième acte qui est le personnage central du second acte.  La variation lente du prince qui dure 7 à 8 minutes sur un  très beau solo d’alto, redoutable pour le souffle, est conçue comme un monologue de théâtre ou un air d’opéra. On sent que Noureev s’est frotté à Shakespeare. Le Prince s’interroge sur sa vie, son destin ; il confie ses doutes, ses peines, son envie d’être aimé, compris ; il étouffe au sein d’une cour où les mêmes gens et les mêmes jeux le lassent ; il veut la solitude afin de réfléchir au sens qu’il veut donner à sa vie.  Manuel Legris dit qu’on avait l’impression que les pas qu’il proposait sortaient de son rêve. « Lorsque l’on arrivait à les danser comme il le souhaitait, il était alors fou de joie et comme transporté  sur une autre planète ». De la sorte, le ballet est parfaitement rééquilibré.  Si le rôle du prince s’accentue dès 1966 à la Scala, c’est en 1972 et au Canada que Noureev ajoute le superbe solo romantique du prince. Il y a d’ailleurs un film de cette version, malheureusement, de mauvaise qualité visuelle. Noureev donnera ensuite son ballet à l’opéra de Vienne en 1980 puis enfin à Paris en 1989.

 

Autres changements de Noureev :

 

Les autres modifications par rapport au ballet d’origine sont pour les fées : la seconde variation est dansée par deux fées jumelles, et la Fée Lilas ne danse plus la 6ème variation. Elle intervient plus tard dans le prologue, et le rôle utilise la pantomime avec ses codes si particuliers. Cette fée Lilas lumière s’oppose à la fée Carabosse douairière : l’une se tourne vers le progrès, les Lumières littéralement, l’autre vers le passé, la tradition.

Au troisième acte, le Petit chaperon rouge et le Loup disparaissent ainsi que Cendrillon. Le pas de quatre des pierres précieuses devient un pas de cinq.

 

 

 

Cette Belle au bois dormant, vue et revue, délivre à chaque fois de nouvelles perspectives, de nouvelles surprises, de nouveaux enchantements, pour peu que la distribution soit à la hauteur. Ainsi sont les chefs d’œuvres : ils nous accompagnent toute notre vie et grandissent en même temps que nous dans notre cœur et notre esprit.

 

Il existe une captation avec Noureev et Tennant ( Aurore) et le ballet national du Canada qui date de 1972 à l'image malheureusement médiocre... comme tous les documents qui concernent Noureev, je la possède bien évidemment...

 

 


Noureev-spleeping.jpg

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 09:13
Le lieu de mémoire consacré à Noureev a ouvert ses portes au Centre National du Costume de Moulins il y a quelques jours. Cela apparemment n’a pas été une mince affaire, et je suppose que ce lieu doit beaucoup à l’obstination et à la persévérance de ceux et celles qui souhaitent vraiment conserver la mémoire de cet être qui a filé comme une étoile, illuminant pendant vingt cinq ans environ le monde de la danse de sa créativité, de sa passion, et de sa volonté à rendre le ballet classique «  moderne » tout en étant ouvert à toute la création de sa génération.
A une époque où la mémoire des gens s’étiole  et où l’on considère que au final  Noureev n’a pas fait grand-chose puisque les ballets sont de Petipa et que sa technique, superbe jusqu’à la fin des années 70, a ensuite décliné rapidement à cause de sa maladie longtemps cachée, il est bien qu’un lieu comme celui-ci rende hommage à cet exilé qui a tout sacrifié pour la danse.

                                                                        Salon de Noureev quai Voltaire
10458433133_7c3c072fb9_o-copie.PNG
 
Excessif, passionnée, démesuré, Noureev l’était, comme le sont toujours  ceux  qui   apportent de l’air frais sur un art en passe de se momifier, ce qu’était devenu en Occident le ballet classique dans les années 60. Qu’un transfuge de l’Est  apporte  dans leur intégralité des ballets inconnus ou perdus pour «  l’Ouest »  dans les années 1960 était un vrai miracle pour bons nombres de compagnies de  danse, qui savaient que seul l’Est détenait ces ballets.
Car on l’oublie trop souvent : Noureev n’était pas qu’un danseur. Il remontera avec passion, ardeur et intelligence aussi, tous les grands ballets que sa mémoire phénoménale a conservé précieusement, étant capable non seulement de danser les rôles masculins mais aussi les rôles féminins, réglant les ensemble parfaitement, lui qui arrive à l’école Vaganova en 1955  âgé déjà de 17 ans,  devient soliste deux ans plus tard, et quitte définitivement la Russie six ans après, en ayant déjà énormément dansé, assisté et mémorisé nombres de  ballets et commencé  une petite révolution dans son propre  pays en bousculant la tradition.
 
Destin unique et fascinant que celui de cet enfant d’origine musulmane et très pauvre, qui va10454968954_ba300607cd_o-copie.PNG accéder en quelques années à un statut de star – il l’était déjà dans son pays, mais la Russie a soigneusement gommé toute trace de son souvenir après son passage à l’ouest -  et bouleverser le métier de danseur, le faisant financièrement véritablement «  décoller ».
Noureev s’achète maisons, appartements et objets d’art partout où il danse ou presque. Beaucoup ont encore en mémoire les images de cet homme seul et fatigué sur son île au large de l’Italie, voyageant d’un bout à l’autre du monde presque jusqu’à la fin de sa vie, et remontant, malade, pour l’Opéra de Paris, la Bayadère à la toute fin de sa vie.
 
Le Centre du costume de Moulin a pu acquérir des objets, du mobilier, des costumes qui ont traversé la vie de Noureev et les  présente dans une scénographie due à l’un des plus fidèles et plus talentueux collaborateur de Noureev : Ezio Frigerio.
Il a  réalisé un superbe tombeau de mosaïque comme vous pouvez le voir dans cette vidéo : j'ai moi même déposé la rose sur ce tombeau.       Tutu d'Odette de N Pontois




 
 
Il reste à espérer que peu à peu le musée fera d’autres acquisitions et saura toujours rendre vivant cet héritage culturel exceptionnel, car Noureev n’aimerait sans doute pas voir sa mémoire se momifier puis tomber en poussière...
 
Martine Kahane et Delphine  Pinasa ont déjà publié un catalogue de cette collection
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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 07:25

Dans un de ces films, Woody Allen fait dire à un de ses personnages qui se promène  dans les rues de Beverly Hills:  mais, ils n'ont pas de poubelles, ici?

Ce à quoi on lui répond : non, ils les sortent à la télé!

 

Voilà ce que j'ai toujours pensé de la programmation de la télé française ces derniers temps, et plus précisément, de TF1 qui tient le "record de déchets" en la matière

 

Alors oui, à force d'entendre dire " tu verrais les stars qui dansent, ça n'est pas mal du tout"!  ou encore " il y a Pietra cette année encore, elle est sympa!", j'ai fini par aller jeter un oeil sur ce " danse avec les stars"!

 

Déjà, première constatation, les stars, elles sont où?

 

Pas parmi les candidats, dont je ne connaissais pas un seul nom, ou peut s'en faut.... ( ah si, Alizée, elle chantait il y a dix ans une chanson de Mylène Farmer... ça, c'est une référence, c'est sûr)

A part Alizée au parcours musical impressionnant et digne d'une Kate Bush ou d'une Tori Amos, tous les autres m'étaient parfaitement inconnus.... Je vous ai mis un lien, comme cela vous verrez  par vous même, il suffit de cliquer sur le lien!


Marie-Claude-Pietragalla-Danse-avec-les-Stars-27-octobre-20.jpgCôté jury, ma foi, ce n'est pas mieux.... qu'est ce que Pietra fait là?

Sans doute cette fille qui tient à bout de bras sa compagnie a t'elle besoin d'argent pour continuer à la faire tourner, ou à monter ses propres spectacles....  et pourquoi pas, après tout?

Mais c'est drôle de voir comme elle a décidé de monter un gentil visage d'elle même : " je fus étoile, certes, mais j'ai un grand coeur, et je suis là pour encourager la danse..." semble t'elle dire à chaque passage de candidat : sourire, brosse à reluire, elle sort tout son attirail de "gentille" et met des notes élévées en veux-tu en voilà!

 

Les autres jurys? De quoi pouffer.... Shym, que je ne connaissais pas non plus est juste là parce qu'elle a gagné le concours l'année d'avant. Il parait qu'elle est chanteuse. Inutile de préciser qu'elle ne connaît rien à la danse. Bon. Si elle chante comme elle s'habille, j'imagine très bien. Seins à l'air, sourire ravageur, battements de cil, et j'en passe...

 

Quand aux deux autres, J M Généreux et C Marquès - qui s'est fait un look " plus ringard tu meurs" comme les danseurs du film   Ballroom dancing, ils ont des titres en danse de salon. Ils dansent sans doute bien, mais côté vocabulaire : Généreux hurle plutôt qu'il ne parle des " j'achète" à tire larigot, dès qu'un candidat lui plaît - il n'est pas très difficile -  et l'autre garde le même masque du Joker de Batmann tout du long....

 

 

ça aurait pu être une émission comique... !

 

Passons à présent aux   danseurs-répétiteurs-chorégraphes-créateurs-professeurs.

 

Les stars auraient pu éventuellement être de ce côté là, car je remarque au passage un ou deux danseurs avec beaucoup d'âme et de technique... Il y a notamment Grégoire  Lyonnet, qui danse avec conviction  et qui essaie d'insuffler un peu de poésie à Alizée.

 

Mais horreur... j'aperçois Fauve, candidate d'une ancienne émission qui passait sur la 2; la danseuse est Fauve1.jpgméconnaissable dans cette émission; Fauve, c'était la grâce, la poésie, la précision rythmique, la fluidité, l'instinct.

Et que vois je?

Une fille déguisée par TF1 d'un collant moullant transparent et body assorti tout aussi transparent, d'une vulgarité affligeante, qui danse en force et pousse de grands éclats de rire....

Elle doit sûrement elle aussi avoir besoin d'argent; en revanche, son image est dégradée dans cette émission, et c'est bien dommage : elle vaut mieux que cela.

 

Quand au concours lui même!

 

Navrant, affligeant, désolant, et encore, je suis loin de la vérité

 

On veut nous faire croire qu'en une semaine, une chorégraphie de danse de salon est mise au point, puis apprise par des gens qui prétendent ne pas danser....

TF1 connaît donc bien son public  : on peut lui faire gober n'importe quoi!

Alors des bouts de répétition sont montrées, avec un scénario bien huilé, bien rôdé pour faire croire que voilà, les " stars" répétent dur! On y met des petites blessures - foulure de cheville, lumbago - histoire de pimenter le tout et de dire " pourra -t-elle/Il danser ce soir?" Alors qu'on voit bien que les candidats n'ont rien, que tout a été réglé d'avance. Alizée nous dit qu'elle dansera le soir une chorégraphie qu'elle n'a répété " que dans sa tête"! Et bien, ça, c'est la meilleure quand on voit que le pas de deux en lui même demande plus d'une heure de répétition.

 

En outre, des pas imposés sont glissés dans la chorégraphie : pas un seul candidat ne les réussit, et pour cause! Puisque tout et n'importe quoi sont proposés.

 

Dans la Meilleure danse, tout le monde avait l'obligation de glisser les mêmes pas imposés dans sa chorégraphie; là; c'est au petit bonheur la chance : des pas de danse irlandais, de danse classique, et pas des moindres,  de rumba ou de danse irlandaise,  tout y passe!

 

" Mais tu es dure, ce n'est pas si mal" me dit on

 

Bien sûr! Avec huit caméras, des éclairages magnifiques, des montages qui coupent les images toutes les secondes et ne montrent que des bouts de chorégraphies, des tenues achetés à Barbès pour raccoler, et des maquillages outranciers,  pour un public néophyte, qui veut juste passer un moment sans penser devant sa télé, ça peut faire illusion

Mais sinon!

 

 

 

Autant, la Meilleure Danse  qui montrait de vrais danseurs, avec un jury élégant - M A Gillot n'avait pas son pareil pour se montrer à la fois professionnelle, gentille tout en conservant son statut d'étoile - et des candidats créatifs, brillants,  était un vrai moment de danse auquel j'assistais avec plaisir ET émotion, autant là, la vulgarité  et la facilité sont étalées en long,  en large et en travers. J'avais d'ailleurs consacré à la Meilleure danse de nombreux petits articles pour dire à quel point j'aimais l'émission, la créativité de ses candidats! Comme par hasard l'émission a disparu alors que Danse avec les stars en est à sa quatrième saison....

 

 

Alors, pourquoi la meilleure danse s'est elle arrêtée? Pourquoi cette nullité persiste t'elle?

  Parce que la télé n'a plus la vocation qu'elle avait autrefois : amener le spectateur vers plus de beauté ou de culture

 

Il faut l'abreuver d'âneries afin de lui faire perdre toute forme d'intelligence, l'abrutir au maximum.... et avec cette émission, elle y parvient sans problème

 

Du divertissement, pour sûr c'en est; de la danse, sûrement pas, malgré le talent d'un ou deux " professeurs-danseurs" qui ont la lourde tâche de faire " travailler" ce ramassis de gens sans talent

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 12:14

 

 

Voilà plusieurs années déjà que je voulais voir Cyrano de Bergerac dans la mise en scène de Podalydès, rêvant à travers la distribution papier d’une sorte de perfection théâtrale.

J’en suis ressortie très déçue ; le texte magnifique de Rostand cohabite avec une mise en  scène curieuse dans sa volonté à la fois de rappeler l'époque à laquelle a été écrite le texte, de  lui donner en même temps un ancrage dans «  l’époque »  de l'histoire, tout en la rendant contemporaine. Trois temps en un qui rendent le tout bancal... par exemple,  le siège d'Arras évoque la guerre 1914... Roxane arrive d'ailleurs non pas " dans un carosse" mais dans un avion...elle porte un costume d'aviateur;  les cadets sont en bleu  dans un décor rouge et rappellent les soldats lors de ce conflit...

A ce méli-mélo temporel se mêle dès l’ouverture un autre méli-mélo de  fort mauvais goût.Cyrano3.jpg

 

Certes, il ne doit guère être facile de donner des corps à toutes ces voix qui fusent au début, et qui  réclament pour entrer au théâtre la gratuité sous les prétextes les plus farfelus. L’ambiance très Baz Lurhmann est pour le moins déstabilisante :  trop de bruit, trop d’effets, et surtout une volonté de gommer l’époque même de Cyrano. On est projeté dans une ambiance à la  Moulin Rouge du même réalisateur que je citais plus haut. Il y a même un écran qui permet de visualiser ce qui se passe une fois l'entrée du théâtre franchi.

 

Si vous ajoutez au tout une musique envahissante, tonitruante - tel le Boléro de Ravel, ou la Valse de Chostakovith - vous aurez compris qu'on est dans un spectacle " pitre" ou rien n'est vraiment sérieux...

 

La scène de l'hôtel Bourguignon  qui  laisse étourdi  permet de  réaliser assez vite qu’on ne trouvera pas là  l’une des  notes essentielles à ce Cyrano : la sensibilité. Ce personnage perd sa souffrance, perd son cœur, pour n’être plus qu’un polichinelle virevoltant, plein de panache et d’esprit. Mais de cœur : point !


Alors oui,  c'est brillant, tourbillonnant, bien joué, mais à aucun moment l’émotion ne se laisse sentir, ni même deviner. A aucun moment le texte de Rostand qui est pourtant gorgé d’émotion sur le fil ne prend son envol.  Il ne reste que la «  farce ».

Cyrano-de-retour-a-la-Comedie-Francaise_large.jpgVuillermoz que j'ai tant aimé dans les Trois Soeurs campe un Cyrano brillant, drôle, ingénieux, mais  il ne souffre jamais même lorsqu’il comprend que Roxane ne l’aime pas. A la limite, cela l’arrange.  Il peut déployer son esprit et son astuce. Il ne déclare donc plus son amour à Roxane, mais se sert de Christian comme prétexte à jouer avec les mots, à faire briller son esprit. L'amour se désincarne et ne devient plus qu'une passion intellectuelle.  La scène du balcon devient clownesque avec une Roxane suspendue dans les airs comme un saucisson, et qui bat des bras pendant tout le dialogue, le tout accompagné par une musique sirupeuse …

Cette Roxane, plus femme de tête plus que de cœur a de l’énergie à revendre. Elle n’est ni une précieuse, ni une jeune femme touchée par l’amour, mais un être épris de liberté qui vit comme elle l’entend. Elle empoigne sa vie à bras le corps, tout comme son brillant cousin Cyrano.

C’est pour ainsi dire son double féminin. On se demande même comment elle peut aimer Christian.

De tous, c’est d’ailleurs ce personnage ( Loic Corbery)  qui m’a le plus convaincue dans son rôle d’amoureux qui ne manque pas de courage mais de mot. Il donne une vraie profondeur à cet cadet amoureux et gauche et on s’y attache. Il est sobre, humain, vivant. Authentique.
Tous les  autres rôles sont déshumanisés si on réfléchit bien, ils sont là pour mettre en valeur un texte mais sans référence à un  univers d'humain. Ils renforcent donc le " théâtre où tout est pour de faux". Il semblerait que ce soit une volonté de Podalydès que de tirer ce Cyrano du côté de la  comedia dell'arte. Les personnages deviennent des sortes de clowns qui pas un instant ne croient en leur réalité, en leur destin. C'est flagrant lorsque Cyrano fait mine de tomber de la lune,  pour retarder de Guiche ( qui ne m'a laissé AUCUN souvenir) et permettre le mariage de sa cousine. Cyrano se pare du  masque du Pulcinella de la comédia. Vuillermoz s'en donne à coeur joie, certes, mais la scène m'a paru bien longue...
 

 

masque-de-venise-commedia-dell-arte-pulcinella-1471.jpg

 

                                                                     Masque de Pulcinella

 

 

Finalement, l'acte que j'ai préféré est le dernier, lorsque Cyrano va mourir et rend visite à Roxane au couvent même si le côté polichinelle reste jusqu'au bout pour le personnage de  Cyrano, car la mise en scène était plus sobre. On rencontre un peu d’émotion…enfin… il était temps... trois heures ont déjà passé...

 

 

Quel dommage de ne pas avoir réellement rencontré ce soir là «  Ragueneau, mon ami, pâtissier et poète » ou encore Le Bret, camarade de Cyrano «  Dis moi tout bas qu’elle ne t’aime pas » ou bien  la Duègne en manque de plaisir.  « Aimez-vous les gâteaux que l’on appelle petit chou ?

 - J’en suis férue à en périr» sans parler de Lignière...  "j'ai écrit une chanson.... comme c'était méchant!!!"

 

Dommage aussi que les compagnons d’armes de Cyrano ne soient pas plus crédibles, que De Guiche pâlisse face au pitre qu’est Cyrano… 

 

Dans cette mise en scène, la pièce devient creuse, un peu vaine, artificielle. Pour faire briller les mots, on gomme tout le reste. 

 

Pour me consoler, je me suis ruée le soir même sur la plus belle version cinématographique qui soit, celle de Rappeneau,  où l’intelligence de la mise en scène rivalise avec l’intensité et la diversité des émotions présentes…

   

 

Quoi, me direz vous, préférer le cinéma au théâtre où tout vit!

 

Et bien oui, je l'avoue, ce film habite mon coeur à jamais, tandis que la mise en scène, elle,  sera vite oubliée....

 


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Crédit photo R Gaillarde et B Enguérand.

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 08:31

 

 

Boléro

 

On ne peut évoquer Boléro sans aussitôt voir Jorge Donn, sa démesure et son génie envahir tout l'espace d'un film de C Lelouch.

   Le Boléro  de Béjart est une oeuvre qui peut être dansée par un homme ou une femme. 

  Boléro fait partie de ses oeuvres universellement connues... et souvent mal comprises. Elle avait été composée pour Ida Rubinstein, en 1932,qui, sans être une grande technicienne, avait ce quelque chose d'unique qui illuminait la scène, un vrai charisme.

Béjart s'en est emparé et a créé une oeuvre étonnante.

 

 

L'oeuvre de Ravel utilise plusieurs " ingrédients" qui la rendent envoûtante. Deux phrases musicales, très longues, toujours répétées deux fois, l'une jouée en majeur et l'autre en mineur, se déroulent  tout le long de l'oeuvre, soutenues par une   rythmique obsédante, base de cette danse espagnole : immobilité et mouvance créent l'ombre et la lumière de l'oeuvre. Le deuxième thème est plus oriental que le premier, tout entortillé sur lui même. Il évoque presque un serpent sortant de son panier!  La flûte fait une entrée   doucement lumineuse, puis tour à tour les bois entrent, jusqu'à l'irruption étonnante du célesta...  peu à peu, quelque chose d'impétueux, de sauvage va s'emparer de l'orchestre... cela est très net après l'entrée impérial des violons, rendus fougueux par leur longue attente. Le trombonne, ironique et décalé,  y va de son solo un peu jazzy, le hautbois, tout languide,   de son ton un peu triste, toujours si élégant et mélancolique,  le saxophone apporte une touche stylée inattendue, une chaleur inattendue. Peu à peu, tout l'orchestre s'empare de ses deux phrases, si longues, qu'il est difficile de les retenir vraiment... il manque toujours une note quand on les chante...

Cette fièvre qui monte,  et qui emporte l'auditeur jusqu'à une extase sauvage, Béjart a parfaitement su la transcrire en pas et mouvement

 

 

 

 

 

Monotone, Boléro?

non, plein de mystère, de fougue, de poésie, de scintillement, d'humour... Boléro se déroule comme un ciel infini et immuable où passent les nuages... toujours les mêmes mais aux formes sans cesse renouvelées...

 

 

Quand à la chorégraphie...

 

Un homme/femme danse sur un table ronde, au milieu d'un groupe de danseurs. Au fur et à mesure de l'entrée des instruments, les danseurs autour de la table interviendront.

On peut imaginer toutes sortes de choses : une corrida avec mises à mort, un rite sacré très ancien... l'oeuvre peut se livrer aux débordements de l'imagination de chacun.

La danse commence par le jeu du bras qui se lève et s'abaisse... mais peu à peu, elle va devenir sensuelle, violente, sauvage, jusqu'à la possession du danseur par la musique... Le corps se balance, les hanches se meuvent avec sensualité, le buste frémit, le corps tout entier est pris par le rythme lancinant du Boléro et la passion de l'orchestre.

 

Par ailleurs ce qui fait la magie de Bolero est l'aspect féminin/ masculin de la chorégraphie

Les jeux de bassin sont féminins, lascifs parfois, avec une utilisation très orientale. On trouve des accents, des déhanchements, des ronds de bassin dont l'accent se finit sur le côté.  Ce sont presque des emprunts à la danse orientale. L'un des pieds est à plat, l'autre demi-pointe qui induit cet oscillement du corps sur lui même.

Même chose pour le buste qui utilise ( mais pas du tout comme Graham) les contractions et relâchement.  Le balancement du corps, son oscillation, le jeu des bras, tout cela est fluide, souple, du domaine du féminin. Les bras serpentent, les mains et les poignets aussi.

En opposition, la présence des garçons,  le travail de leur buste, la force qui se dégage de leur attitude, de leur pose, leur nombre, apporte un élément masculin puissant.Parfois, la Grèce et ses fresques s'équissent un instant...

Le soliste doit à la fois puiser dans sa féminité pour apporter l'élément " oriental" de la danse, et dans sa force pour, déjà, tenir les quinze minutes, et surtout pour que les sauts, les battements, les jetés de bras, les expressions du visages soient fougueux, passionnés, pleines de force, ce que par exemple Plissestkaia ou Guillem réussissent merveilleusement bien que femme.Sans parler d'Elisabeth Ros sensuelle et guerrière tout à la fois.

Ce double aspect féminin/masculin dans cette chorégraphie est sûrement l'un des aspects le  plus fort, le plus troublant, et qui donne ce côté hautement érotique à l'oeuvre.

 

Cöté garçon, Donn lui donnait son érotisme, son génie, sa sensualité un peu folle,  Leriche, son érotisme,  sa puissance, tout en y exaltant sa féminité.

Plissestkaia apporte sa ferveur presque mystique. Guillem, une forme de domination dont elle se joue, dont elle s'amuse.


 

Savez vous que ?

d'une version à l'autre, Boléro dure de 13' 55 minutes à 16'02...

C'est l'oeuvre la plus jouée dans le monde.

 

 

 

Histoire à suivre!.....

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 14:41

 

 

 

 

 

 

Marguerite : Isabelle Ciaravola

Armand : Kar Paquette

Le père : André Klemm

 

Prudence : Nolwen Daniel

Manon Lescaut : Myriam Ould Braham

 

Des Grieux : Fabien Revillon

 

Olympia : Eve Grinsztajn

Gaston Rieux : C Duquenne

 

 

marie-duplessis-by-c3a9douard-vic3a9not.jpgIl y a deux ans et demi, j’avais voulu voir Isabelle Ciaravola dans la Dame aux Camélias ; la belle s’étant blessée, j’avais assisté à une représentation qui m’avait déçue et pire, ennuyée, car la remplaçante – faute de répétition ? – ne s’était vraiment pas montrée à la hauteur.

J’étais ressortie du théâtre en me demandant si c’était le ballet qui était raté, ou bien l’interprétation qui n’allait pas. Toujours est-il que j’avais passé l’une de mes pires soirées à l’opéra.

 

Remis à l’affiche cette année, j’étais bien décidée à ne pas y aller ;  il ne me restait de l'oeuvre  que des longueurs, du bavardage, de l’ennui… seulement, voilà, une petite voix me répétait sans cesse : « va voir Isabelle, va voir Isabelle ». Je connaissais déjà l’Armand de Karl Paquette, ou plutôt  « je croyais connaître l’Armand de Karl Paquette » car aux côtés d’Isabelle, je découvris le 29 septembre un tout autre Armand.

 

Ecrire d’Isabelle qu’elle insuffle à sa courtisane une profondeur extraordinaire ne suffira pas à rendre justice à son talent, à sa poésie, à sa passion et à ce sentiment de solitude qui pèse sur elle tout au long du ballet. Cette artiste sensible  enrichit de mille nuances et contradictions sa Marguerite qui acquiert ainsi une humanité universelle. Pour cela, elle utilise tout son corps comme un musicien le ferait de son instrument, le faisant chanter, parler, modulant les accents, les intonations, et toujours avec peu de choses : un poignet, un mouvement de la tête, du pied, du bras, du buste, du regard. Tout s’exprime chez cette ballerine, mais si naturellement qu’on a sous les yeux un personnage de théâtre ; on oublierait presque qu’elle danse, tant elle met son âme à nue. À ses cotés, Karl Paquette a atteint des sommets de poésie, de désir, de passion, de candeur, d’éloquence, de colère… seuls ou en « pas de deux » les deux artistes ont offert une partition nuancée, pleine d'ardeur et générosité.

C'est sans doute la magie de ce couple, transmise à tout le plateau,  qui a créé cette osmose entre tous les danseurs. Tous les seconds rôles, sans exception, ont pris leur place, pour renforcer la dramaturgie. Un travail « d’équipe » de haut vol, comme on en voit rarement à l’opéra ces dernières années.

 

Mais commençons par le début!

 

Neumeier aime la mélancolie, le souvenir, thèmes qui reviennent chez lui. Réminiscence, passé, nostalgie et douleur hantent souvent ses ballets.

 

Cette Dame aux camélias, qui, en quelques années passe de reine de Paris à courtisane déchue, abandonnée de tous, et meurt solitaire, était faite pour lui. En s’intéressant à ce sujet, Neumeier découvre que le jeune Dumas, fou amoureux de Marie Duplessis, qui lui inspirera roman et pièce de théâtre, était un ardent lecteur de Manon Lescaut. Après un court moment de passion, l’écrivain renonce à sa Marie, trop coûteuse pour lui : il s’est endetté au-delà de ce qui lui est permis. Il s’éloigne d'elle, non sans souffrance ;  lorsqu’il reviendra à Paris, il y apprendra la mort de la courtisane, à 23 ans. Bouleversé, il s’enfermera pour écrire son roman. Qui sera, un an plus, un opéra sous la plume de Verdi.

 

Neumeier a son fil : il mettra face à face les deux couples – Manon/ Des Grieux et Marguerite/ Armand, le premier montrant comme en un miroir le destin du second. Il fera cohabiter un espace 18ème siècle, celui de Louis XV et ses plaisirs licencieux avec le 19ème et sa morale bourgeoise. Ce n’est pas un hasard si le père d’Armand est tout engoncé dans ses vêtements noirs, avec un chapeau haut de forme qui fait de lui un homme « tout en longueur ». Ce rôle n’est pas dansé, mais n’en est pas moins le rouage essentiel du drame qui se jouera. Car il représente la morale bourgeoise, sévère, des messieurs en habit noir qui s’encanaillent la nuit, mais montrent un visage moralisateur le jour.

 

Pour la musique, le chorégraphe jette son dévolu sur Chopin, compositeur romantique, qui tout comme Marie Duplessis est tuberculeux, vivra vite, seul au milieu des autres de par son exil forcé  et confiera quotidiennement sa vie à son piano, comme à un journal intime. Justement, Marguerite tient le sien  qu’elle léguera à Armand  après sa mort.

Le ballet commence  par la fin : on vend les derniers effets de Marguerite, une robe, un tapis, un divan, un portrait…

Armand et son père sont là ; ils retournent dans le passé, et se souviennent, ils racontent…

 

Commence alors le long et magnifique concerto pour piano n° 2 de Chopin, qui va servir de fil narratif pour évoquer la rencontre de Marguerite et Armand  et accompagner tout l’acte 1

 

Précisément, tous deux assistent à une représentation de Manon Lescaut. Marguerite s’amuse, elle taquine Armand, qui est gauche, maladroit ; mais elle se trouble aussi. Dès l’apparition de Manon, son masque tombe. « Seule au milieu des autres », telle semble être Marguerite. Parée de satin mauve, Ciaravola superbe, souriante, mutine, montre tout à coup un autre visage ; celui de la solitude. Cette femme porte un regard sur son propre destin et lorsqu’elle réalise ce qu’est sa vie, la tristesse la gagne.

 

Dans ce premier acte, M O Braham et F Révillon composent un couple très Louis XV : frivole, amoureux des plaisirs, complices.

Neumeier mêle deux styles tout en employant les mêmes pas.

 

Tout au long de l'oeuvre, M O Braham fera exister un personnage « fantomatique » qui intervient peu, et seulement comme une marque du destin, avec une redondance qui pourrait lasser. Mais à chaque apparition, la ballerine montre une nouvelle facette de Manon, et  on suit donc son histoire, fascinée.

Elle a donné tant de ferveur à sa Manon qu’il est impossible de l’oublier. D’acte en acte, la frivolité s’effrite, les plaisirs s’éventent, la fraîcheur s’en va. L’œil devient las, le pied moins mutin, une pesanteur parcourt ses membres. Un peu plus tard, la beauté se fane, les cheveux portent la trace de toutes les mains qui l’ont caressée, la robe, de toutes les mains qui l’ont retroussée pour prendre des plaisirs hâtifs, mais largement payés. Au fil des scènes, M O Braham devient  froide comme le    marbre. Les chairs se décolorent, se désincarnent. Elle pressent l’exil en Amérique, et la mort, tragique, dans le bayou.

Elle montre à Marguerite sa future déchéance, sa mort précoce. Un sommet d’intensité et d’émotion pour ces deux artistes.  

 

Le Des Grieux de Fabien Revillon, attachant, candide et bondissant, tout en rond de jambe, montrait aux côtés de Manon, une âme entière, honnête. Au fil des actes, Révillon s'insère sans peine dans la  narration commune et donne de la consistance à un personnage épisodique. Il était encore bien vert en Lenski il y a deux ans. Son Des Grieux, offre une technique plus sûre au fil des actes. Il est parfait en amoureux qui accompagne jusqu’au bout celle qu’il aime.

 

À la fin de l’acte 1, le pas de deux aux portées vertigineux annonce ce que sera l' amour  enfin éclos entre Marguerite et Armand : une passion dévorante, même si pour l’instant, Marguerite se refuse à l’accepter.

Les deux artistes, en parfaite osmose, ont offert un moment de danse hors du temps…

Et pourtant, ces pas de deux... comment peut-on exécuter de telles acrobaties sans que cela tourne au cirque ?  Comment donner autant de sens et d’émotion quand le risque de chute est si grand ?  Aucune erreur, aucun faux pas… la narration encore et toujours qui se déroule sous nos yeux : notre souffle se suspend, on atteint « rasa »….

 

L’acte 1 s’achève sur le départ à la campagne

 

On peut alors admirer la jolie Nolwen Daniel, à la danse toujours belle, onctueuse, qui sait  montrer plus d’une facette de son personnage – Prudence, une amie de Marguerite.

À ses côtés, Duquenne badine et amuse. Quelle jeunesse pour ce danseur qui part à la retraite lui aussi cette année !

Neumeier glisse ces divertissements légers pour qu’ils servent d’écrin au drame qui couve.

 

 On retient surtout de l’acte 2  le « dialogue » entre Marguerite et le père d’Armand, venu plaider la cause de son fils, personnage mimé plus que dansé incarné par André Klemm : c’était d’une beauté à couper le souffle !

D’abord, il y a ce monsieur qui se demande ce qu’il fait chez cette femme de petite vertu, se lève pour partir, change d'avis, mais revient, car finalement, il est là pour son fils. En face de lui, cette courtisane sensible et intelligente, qui devine d’instinct le malaise de son visiteur, et lui dit « dites moi le but de votre visite, je vous en prie ».

Tout au long du pas de deux, le mépris du père devient tendresse puis compassion pour la jeune femme, la révolte de Marguerite s'apaise, elle comprend, elle accepte le sacrifice. Les deux personnages se sépare dans un profond respect mutuel. Kleim et Ciaravola ont fait de ce " duo" un moment d'intensité absolue...

Il fallait voir ces deux artistes donner vie et sens à chacun de leur geste… là encore, O temps, suspends ton vol….

 

Marguerite quitte Armand. Le solo de Karl  Paquette m’a rappelé celui, superbe, de  Kourbsky dans Ivan le Terrible vu il y a dix ans et toujours pas oublié.

Armand découvre que Marguerite est retournée vers ses anciens plaisirs, il est en proie à des sentiments contradictoires. Là où certains danseurs ne sont que désespoir, Paquette a montré la rage, la colère, le désir, le refus, le déni, la révolte, l’incapacité à accepter la vérité, l’amour qui le  brûle  à le rendre fou. Chacun de ses gestes exprimait une nuance différente et absolue dans ce solo magistral, porté par l'un des plus tragiques préludes de Chopin.

 

À l’acte 3, Armand croise un jour Marguerite sur les Champs Elysées. Pour se venger, il badine avec Olympia qu'il entraîne dans sa chambre. Le plaisir pris à la va-vite avec cette courtisane lui laisse un sentiment de dégout. L’Olympia de Eve Grinsztajn est parfaite : cette fille ne s’embarrasse pas de principe, ni d’état d’âme. Elle travaille pour l’argent. Un point c’est tout ! et elle met du coeur à l'ouvrage, mais si tout est faux.

Et puis, c’est les retrouvailles avec Marguerite  après l'humiliation au bal… Le pas de deux sur la ballade en sol mineur, virtuose, d’une rapidité à couper le souffle, est un véritable moment d'explosion. Tout ce qui a été tu éclate à ce moment-là. Le désir flamboie, il brûle tout le reste, il unit les amants dans une étreinte passionnée. Le pianiste épousait parfaitement la respiration des danseurs, musique et pas étaient en osmose… Ciaravola était impressionnante de force, d'énergie, de précision et d'abandon, Paquette de lyrisme. Les portées semblaient si faciles, coulant de source.

 

Mais Manon hante Marguerite ; elle quitte Armand une fois de plus, écoutant sa raison et non son cœur.

 

À la fin de l’histoire, la courtisane est seule, malade, pauvre ; elle tient son journal. Elle enfile avec le peu de force qui lui restent une robe de soirée rouge, pour se rendre au théâtre.  Comme au début du ballet, on y donne Manon Lescaut.

Armand ne la rejoindra pas cette fois-ci. Elle mourra sans le revoir.  Isabelle est à ce moment tellement fragile ! Elle meurt un peu comme la Mélisande de Debussy, sans faire de bruit, léguant à Armand son journal…

 

Citer tous les artistes et tous les moments du ballet rendrait la lecture de ce billet déjà bien long, fastidieuse

Ce qui est sûr, c’est que cette soirée mémorable restera gravée dans mon cœur, parce que portée très haut par une troupe en osmose et des solistes de grand cœur et de grand talent

 

 

Le mot de la fin :

 

Je vais moins à l’opéra, car je suis lassée des spectacles qu’on consomme et qui laissent sur sa faim. Mais avec cette soirée, je retrouve ce que j’aime dans la danse indienne. La dévotion. Bhakti

 

Un danseur d’odissi ne danse pas ; il prie.

 

D’une manière ou d’une autre, c’est ce qui s’est passé ce soir-là ; ce n’était pas de la danse, mais de la dévotion que les spectateurs ont pu sentir. « Rasa » est la saveur spirituelle qui doit emmener l’âme du spectateur vers « Dieu ». Paquette, Ciaravola et Ould Braham nous ont offert cela et le reste de la troupe a suivi.

 

Et il s’est passé ceci d’extraordinaire, c’est qu’après la représentation, beaucoup de spectateurs m’ont dit avoir passé une nuit « blanche ».

Eux aussi ont été touchés…

 

Quand l’art rejoint le spirituel… Merci à tous les artistes !

 

 

 


 

 

Ici, un petit compte rendu du même ballet avec Moussin- Paquette  e 1er mars 2010.... et un tout autre ballet!

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Published by Shabastet - dans opéra de paris
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