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Shabastet

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Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 11:40
article écrit en juin sur le site critical dance, danser en français; le voici tel quel!

Comment rester de glace devant une représentation de la compagnie d’Alvin Ailey ? Le plaisir de danser et de faire partager l’amour de la danse est tel chez ces danseurs qu’il embrase la salle toute entière, véritablement mise à feu !Je n’avais qu’une envie en les voyant : me mêler à eux pour danser avec eux, et je pensais : « voilà la façon dont je voudrais vivre ma vie, en la dansant, en la fêtant, même dans les moments les plus douloureux. »

Il y avait hier soir, 24 juin, une ambiance de concert de rock au palais des sports, les applaudissements et houra d’encouragements fusaient spontanément, tout en respectant le spectacle et le travail des artistes, et au finale une belle standing ovation d’un bon quart d’heure a abouti à un bis du rocka my soul du célèbre Révélation. J’étais terriblement heureuse de l’accueil réservé à cette compagnie, fière aussi que Paris honnore comme il se doit ces danseurs que j’adore et qui ne déçoivent jamais ni mon attente ni n’émoussent mon enthousiasme. Et pourtant, depuis une dizaine d’années que je vais les voir régulièrement, ce ne sont jamais les mêmes qui dansent sur scène, hormis deux ou trois qui sont dans la compagnie depuis longtemps. J’étais hier soir terriblement émue et comme transportée vers chacun des artistes qui s’abandonnent totalement en scène et permettent un vrai moment de communion.
Les danseurs, superbes, à la fois techniciens accomplis avec cette façon tellement féline de se mouvoir et interprètes généreux, mettent leur âme dans chacun de leur mouvement. Ils passent de l’allégresse au désespoir, de la séduction à l’ironie, de la spontanéité enfantine à une intériorisation plus poussée avec une sincérité telle que toutes les émotions se transmettent comme électriquement aux spectateurs, si bien que la virtuosité ne semble jamais gratuite quand elle se déchaîne ( trio de Révélation par exemple) mais reflet d’un trop plein de vie, de passion à danser, d’un besoin viscéral d’exulter ou d’épancher sa peine.
Les différentes chorégraphies mettaient en valeur plusieurs styles ( seule Révélation était de Ailey) où se côtoient jazz le plus pur ( magnifique ensemble et début de Winter in Lisbon de Billy Wilson) technique plus contemporaine,( Ier tableau de Révélation) ou encore mouvements de danse africain métissé d’un peu tout cela à la fois.( Serving Nia)
Le superbe pas de deux de Treading ( déjà donné à l’opéra garnie en 1992, chorégraphie de Elisa Monte) a révélé deux danseurs fabuleux de « feeling », et de technique accomplie ( Linda Denise Fischer-Harelle et Clifton Brown)
L’hommage à Dizzie Gillespie a mêlé humour, lyrisme, poésie, virtuosité, le tout magnifiquement éclairé ( bravo à Chenault Spence !)
Bref, un moment de bonheur pur et d’émotion intense…
Vivement qu’ils reviennent !!! :D :D :D réprésentation du 24 juin 2003

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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 11:37

 

 

Savez vous que les claquettes américaines sont en réalité un "mixed" de l'Irlande et de l'Afrique? Non?

Ah, et bien, lisez pour savoir!

Dans l'article précédent, il était question des minstrels shows, ces spectacles populaires... où l'homme Noir et sa culture sont récupéres et caricaturés par le Blanc...

C'est pourtant dans ce contexte qu'émerge un danseur d'exception : Master Juba...!

Dès 1846, il est intégré à une troupe de minstrels blancs... ce jeune homme sidère les spectateurs par sa frappe de pied hallucinante, virtuose, d'une rapidité d'exécution sidérante... sa danse, qui annonce les claquettes, il l'a apprise dans sa prime jeunesse auprès d'un   Irlandais dénommé Uncle Jim Lowe. Celui ci enseigne au jeune affranchi tous les secrets du real et de la jig irlandaise,   où le buste reste droit comme un I, les bras, serrés le long du corps   tandis que les pieds tricotent d'hallucinantes figures... Il faut dire que les Irlandais, fraichement immigrés, partagent la misère avec les Noirs affranchis... ils s'entassent souvent dans les mêmes quartiers insalubres, et luttent pour avoir une place dans la société américaine, si petite soit elle.

Master Juba mélange d'instinct ces pas irlandais  à des rythmes afro-américains syncopés : il crée un nouveau style, jouant aussi sur le tempo, " swinguant" avant l'heure... nombre de pas de claquettes d'aujourd'hui viennent de ceux répertoriés par ce Master Juba...

Il assure aussi du même coup un lien entre les minstrels blancs et les sources noires authentiques... il pousse les danseurs blancs à chercher une inspiration plus authentique dans le folklore noir américain. Sa réputation est telle qu'il va en Europe pour une grande tournée, mais mourra d'épuisement à Londres, en plein triomphe, à seulement 27 ans... la faim trop souvent connue, la misère,puis le rythme infernal des spectacles ont eu raison de ses forces.

 

 

Que devient le Minstrels après la guerre de Secession?

(1861-1867)

carte issu du site  www.atlas.historique.

qui représente les états du Sud et du Nord pendant la guerre de Secession

 

 

Le minstrel évolue alors vers le vaudeville et trouve une nouvelle inspiration dans le sort du soldat, des veuves, des mères qui ont perdu un, deux, trois ou quatre de leurs fils pendant la guerre de Sécession...

Vers la même époque, naissent des Minstrels Noirs.

 

Sous la direction d'entrepreneurs blancs de spectacles, beaucoup d'artistes Noirs commencent leur carrière dans les minstrels. Telle Bessie Smith ou W C Handy...

Ces artistes Noirs grimés en Noirs incarnent Zip Coon et Jim Corw. Ils sont sévèrement critiqués par la communauté Noire elle même...

Malgré tout, ces artistes courageux, qui veulent accéder à la scène et n'ont guère d'autre choix que celui du minstrel, réussissent, dans des conditions extrêmes à amener un nouveau public, heureux de les découvrir et de les admirer. Pourtant, jugez plutôt de leur condition de travail : ils montent et démontent les décors, balayent, rangent, nettoient, trouvent difficilement à se loger en tournée du fait de la ségrégation qui leur interdit hôtel, maison... ils subissent souvent des violences ou des agressions de la part de toute une population raciste... le ku klux klang, né pendant l'occupation du Sud par les troupes fédérales a été dissous en 1869 mais il est près à renaitre de ses centres... 50 ans plus tard...

Dans ces spectacles, ils apportent avec eux " un peu d'Afrique" : la fameuse danse " l'essence de Virginia" qui fut très très populaire dans le minstrelsy, inclue les fameux " shuffle" ou pas glissé, très caractéristiques de certaines danses vernaculaires.  Une de ses variations, le " rocking heels" a survécu longtemps... très récemment, il a réapparu dans le hip hop, sous une forme inattendue mais qui n'en plonge pas moins ses racines dans ces danses ancestrâles : le " moonwalk"

Dans la minstrelsy, le danseur Noir qui n'a aucune valeur " artistique" aux yeux du public venu pour du divertissement ( la différence entre high art, culture d'importation européenne) et low art est dû en partie à la création de la minstrelsy) développe une virtuosité, une endurance, une précision, une agilité exceptionnelles qui marquent les esprits... peu à peu, ces artistes Noirs gagnent ainsi estime et reconnaissance d'un public toujours impressionné par la vitesse d'exécution de ces danseurs.

Vers 1890, la minstrelsy décline.

Mais elle sera à l'origine d'une véritable tradition chorégraphique qui se prolonge au XX siècle ; elle a créée le cakewalk, les claquettes, le ragtime, le blues, grâce à ces artistes Noirs qui ont le don de s'approprier, de transformer, d'intégrer sans oublier leur "héritage africain" consciemment ou non...

Le jazz est alors près à éclore!

 

 

Pour le plaisir, la belle Bessie, et le père du Blues...

 


article réalisé à partir du livre d'Eliane Seguin, histoire de la danse jazz. Voir article précédent.

  a lire aussi histoire de la danse jazz ( 3) le minstrel show

histoire de la danse jazz ( 2) notes et réflexions 

histoire de la danse jazz ( 1 ) notes et réflexions


également : la folle histoire du jazz


vous avez dit modern jazz?
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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 11:03

 

 

Au début du 19ème, un nouveau spectacle apparait : le minstrel show. Ce genre de divertissement qui connaît un immense essor entre les années 1850 et 1870 a laissé une empreinte indélébile dans l'imaginaire américain. Ces minstrels chantent, dansent, déclament des textes à l'humour très lourd, et s'accompagnent de bandjos, de tambourin et de castagnettes d'os...

Les mintrels sont ds troupes iténérantes d'artistes exclusivement masculins, blancs, qui se noircissent le visage au bouchon brûlé et exagèrent le contour de leur bouche au carmin. Ils portent des perruques de laines, et chantent des chansons " nègres" qu'ils appellents " chansons éthiopiennes". Ils exécutent aussi  des danses imitées de celles des exclaves qu'ils ont observés dans les plantations....

 

Où en est alors l'esclavage?

 

On est à la veille de la plus grande guerre civile qu'ait connue l'Amérique... Ce pays constitué d'une foule d'états est la première démocratie qui ait vu le jour dans le monde... et pourtant l'esclavage reste de mise plus que jamais

Certes, des mouvements abolitionnistes voient le jour un peu partout, des écoles noires sont créées, le rôle social des église noires indépendantes est incontestable... au nord du pays, apparait une élite intellectuelle composée d'une majorité de Noirs affanchis ou nés libres qui essaient, relayés parfois par la presse, tel ce premier journal noir, " Freedom" ou encore le Herald Tribune dont le directeur défend la cause des abolitionnistes, de changer les mentalités.

Mais dans l'esprit de la plupart des Américains, y compris celui du président Lincoln lui même, l'esclavage reste une évidence, car écrit il, " Noirs et Blancs ne pouvent vivre ensemble au sein d'une même société..."

Tout cela pour expliquer le succès de ces minstrels shows, adulés dans les villes pro-esclavagistes...

Ces spectacles ont malheureusement contribué au renforcement d'une idéologie raciste...

 

Jim Crow et Zip Coon

 

 

Ces deux personnages caricaturent à outrance les esclaves Noirs Américains...

Le 1er est un personnage naïf, nègre des champs, vêtu de haillons, content de son sort, dévoué à ses maîtres, qui passe sa vie à chanter et à danser.

Son nom sera tristement célèbre car il nommera l'une des lois ségrégationnistes du Sud lors de sa reconstruction...

Quand à Zip Coon, c'est le Noir affranchi, qui vit en ville, est ignorant, bête et prétentieux, improductif, outrageusement vêtu et excessivement lubrique...

Car ces spectacles populaires d'hommes blancs sont pour des hommes blancs... les femmes sont fustigées de la même manière... de même que le " high art" ou art européen, tel le ballet, le théâtre, l'opéra... le minstrel parodie et tourne en ridicule les ballerines ou les acteurs de théâtre shakespearien...

 

La suite : Master Juba, l'inventeur des claquettes!

 


 

 

 lire : histoire de la danse jazz ( 1)

histoire de la danse jazz ( 2) quelques points de repère de la danse au 18ème

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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 08:25

 La danse au 18ème siècle

quelques élements

(1)

C'est au 18ème que l'esclavage se renforce, avec son lot inimaginable de cruautés, tandis que parallèlement, éclate la guerre d'Indépendance : c'est bien la deux des visages des futurs USA : revendication de la liberté et de l'indépendance, et parallèlement asservissement et négation de toute une partie de la population; tandis que les Indiens sont massacrés avec méthode et régularité, les états cherchent leur démocratie... étrange, que la démocratie naisse dans un context pareil... en France, vers la fin du siècle, la république naîtra dans un bain de sang. La convention abolira l'esclavage mais Bonaparte le remettra en place...

C'est au 18ème siècle aussi que se fera le grand clivage économique Nord Sud des états unis. La présence des Afro Américains dans le Nord ne représente au 18ème pas plus de 5 pour cent de la population à cette époque... la raison est que au Nord on trouvera surtout des villes où se développera l'industrie, tandis qu'au Sud s'étendent les plantations, d'abord moyennes, puis immenses et qui nécessiteront une main d'oeuvre immense.

Voici ce qu'écrit Eliane Seguin : " L'efficacité de l'esclavage a réside en premier lieu dans l'acharnement qu'ont montré les propriétaires à déposséder les esclaves de leurs références culturelles d'origine. (...)  l'interdiction d'apprendre à lire ou écrire et plus généralement l'interdiction de toutes forme d'apprentissage qui ne cadrait pas avec les obligations du travail servile, cherchaient à maintenir le Noir en situation d'infériorité permantent et de totale dépendance. Les affranchis, les premiers à bénéficier de l'alphabétisation ont été les principaux instigateurs de révoltes."

 


 

Ce qui dans ce context est touchant et profondément révélateur de l'énergie de ces populations asservies, malgré leurs conditions de vie, est la passion des esclaves pour la danse. Moreau de Saint Méry écrit : " Ce qui ravit les Nègres, soit qu'ils aient reçu le jour en Afrique, soit que l'Amérique ait été leur berceau, c'est la danse, car ils l'aiment avec fureur"

Nombreux sont les chroniqueurs à noter la vitalité surhumaine des danses noires. Les observateurs ne sont cependant pas très fins dans leurs analyses : il attribue cette passion à la superficialité des esclaves qu'ils voient " stupides, infantiles, mélomanes, dansomanes" sans comprendre que leur amour de la danse est pour eux questions de survie. La minstrelsy caricaturera tout cela d'une manière lamentable.... ( j'en parlerai dans le prochain article)

 

blanc grimé à la manière d'un Noir dans le minstrel show

 


 

Plusieurs thèses entrent en conflit quand à l'abandon ou non des valeurs culturelles africaines. Certains, telle E Frazier, pense qu'il y a eu oubli total de toute culture noire. Pour Herskovits au contraire, l'ancrage d'une mémoire corporelle " qui se signale par la prévalence du rythme , récurrente dans toutes les formes de musique et de danse africaine américaine, permet d'expliquer la préservation d'éléments spécifiques d'une poétique nègre".

Pour les esclaves noirs, une automonie partielle est autorisé dans leurs quartiers : le temps de la danse représente une " évasion de la réalité".

Mais la danse reste cependant sous surveillance.... la preuve en est l'interdiction des tambours qui réduit au silence, seront remplacés par des bandjos.

Afin également de laisser parler le rythme pendant la danse malgré l'absence des tambours, les esclaves vont développer le " patting" qui consiste à frapper différentes parties du corps afin de produire des rythmes et de frapper également les pieds au sol.

Les réunions dansées avaient parfois lieu loin des plantations; la municipalité de la Nouvelle Orléans va interdire ces réunions et les restreindra à un lieu et à un moment précis : le mythique Congo Square et seulement jusqu'au coucher du soleil ( et non plus toute la nuit)

 

congo square

Une véritable nouvelle culture va naitre peu à peu.

Là aussi, on note la présence de maître blanc certains soirs dans les quartiers des esclaves car ils prennent plaisir à voir et écouter les esclaves chanter et danser. Certains organisent même des concours de danse soit à l'intérieur de la plantation, soit entre plusieurs plantations.

Par ailleurs, les domestiques se familiarisent, eux, avec les danses des maîtres blancs car des maîtres à danser itinérants ( les plantations immenses, sont loin de tout)  sont accueillis parfois plusieurs jours d'affilée dans une plantation afin que les filles de la maison prennent des leçons. Ils écoutent du coup les leçons, observent les grands bals qui sont donnés et subissent d'une certaine manière l'influence de la musiuqe et des danses européennes. Certains apprennent même le violon et il existera même une corporation importante de musiciens professionnel de couleur.

( à suivre)

 


 

l'article est un résumé très succint du deuxième chapitre d'Elaine Seguin : histoire de la danse jazz

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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 08:02

Je commence aujourd'hui une série d'articles qui seront à la fois de petits résumés à partir ce livre exceptionnel d''Eliane Seguin et des réflexions personnelles sur un art qui m'a toujours fasciné.

Je pense que l'ensemble sera composé d'une bonne dizaine de petits articles. Je les morcèle pour que leur lecture ne soit pas fastidieuse; aujourd'hui, je me borne à  résumer le début de l'ouvrage dans ses très très grandes lignes, espérant vous donner l'envie de le lire dans son intégralité.

J'ai toujours été très touchée par la culture noire,et noire américaine. Et la lecture de ce livre m'a profondément bouleversé, ébranlé; comme si en profondeur, je renouais avec ma vision intime de l'art, de ce que la danse a et doit dire...


Dans son introduction, Eliane Seguin dit deux choses qui ont retenu mon attention :

" Si la danse jazz constitue, pur beaucoup, une expérience exaltante et porteuses d'émotion, si professionnels et amateurs parcourent de longues distances pour honorer un spectacle, l'esthétique officielle oppose toujours son silence théorique, lourd et suspect".

Le cadre est défini : cette forme de danse souffre, comme certaines autres, d'une mépris qui la relègue dans le cadre de " divertissement" et non de danse savante... quoique l'on en dise, sa place dans les programmations des scènes françaises est réduite... et malgré la création d'un D E pour l'enseigner, elle n'a pas droit de citer comme sa comparse la danse contemporaine dans les différentes structures  culturelles des villes. Tous les CND d'aujourd'hui ( centre national de danse) sont dévolus à la danse contemporaine seule...

Plus loin, elle note que son livre  a été écrit comme une introduction ou un guide pour ceux qui ne connaissent la danse jazz que de façon fragmentaire : " Peut être et enfin aidera t'il à combatre l'idée, si vivace chez certains artistes que la danse peut être comprise hors du contexte culturel dont elle provient"

Cette phrase parle d'elle même : j'ai toujours eu du mal à comprendre que l'on puisse pratiquer un art, -quel qu'il soit, musique, théâtre, danse- sans avoir quelques points de repères précis sur son origine, son élaboration, son sens...

 


 

L'origine du mot jazz

Comme je l'avais déjà noté dans un précédent article, le mot jazz est  né sans que l'on puisse clairement définir son origine; en fonction des différents dialectes, son sens différe légèrement; il peut venir de " jaser", mot français, qui désigne à l'époque une conversation animée,  ou de  "chass", combattre, ou de "jaz, jasi," se dépécher, ou encore de gasm, gism, mot argotique, qui signifie à la fois puissance,et aussi sperme, ou encore de l'argot sénégalais, qui désigne l'acte sexuel.

Quoiqu'il en soit, note Eliane Seguin, ce terme, dès le départ, a une connotation péjorative, car de " all that jazz", littéralement " tout ce baratin" à " to jazz", " baiser"  ce terme, les créateurs Noirs, n'en veulent pas. Elle ajoute que du coup, ce terme fourre tout, finira par recouvrir des formes de danse qui n'ont au final, pas grand chose à voir avec la danse jazz elle même...

 


 

esclaves forcés à danser sur le pont des bateaux

afin de conserver forme, muscles et d'éviter le suicide

Mais qu'est ce que la danse jazz?

son origine

Comme pour la musique, il faut revenir en arrière, à l'époque de l'esclavage ;   les esclaves, dès qu'ils en avaient la possibilité, dansaient, et en dansant  recréaient des liens interdits à la base par la barrière du langage, car il s ne venaient pas tous des mêmes contrées.

 Olaudah Equiano, un esclave d'origine Ibo qui retrouve sa liberté en 1766 écrit : " On peut dire que nous sommes un peuple de danseurs, de musiciens et de poètes; chaque évènement d'importance est célébré par des danses accompagnées de chants et de musiques appropriées à l'évènement"

Senghor note d'ailleurs dans ses ouvrages sur la Négritude, que l'art est rarement jeu ou pure jouissance esthétique; qu'il est un acte, un mode d'existence; qu'il revêt un aspect fonctionnel. Il ne sert pas à représenter le monde mais à connaitre, à expliquer et à comprendre le monde.

A l'inverse, la civilisation occidentale a fini par séparer art et vie quotidienne.  de même, il existe une séparation entre public et artistes.

La danse et la musique noire au contraire, permettent à tout homme d'être un artiste et de s'exprimer dans la vie culturelle de la communauté.


J'en profite pour faire un apparté : depuis l'enfance, je me pose beaucoup de question sur l'art, sa place dans notre société, ce qu'il représente

Souvent, à la sortie d'un spectacle, je me demande : pourquoi?

En dehors du plaisir ou de l'émotion ressentie, que reste t'il d'un spectacle? Qu'emporte chez lui le spectateur? Le plaisir esthétique n'est il pas au final creux, vide? Elève t'il l'homme au dessus de lui même? Lui ouvre t'il les yeux, la conscience? Lui ouvre t'il une porte sur le secret du monde et de lui même?

Par ailleurs, j'ai trouvé un peu plus loin dans le livre des indications sur la danse elle même qui m'ont étonnament rappelé ce que j'ai vécu au cours de Mia Frye... au fond, chez Mia, nous renouions avec la dans rituelle, et nous célébrions la Vie...

Mais tout ceci est pour un autre article!


Dans son premier chapitre, Eliane Seguin retrace rapidement

 l'héritage africain.

Au temps de la traite comme de nos jours, le rythme est l'un des traits fondamentaux de la musique et de la danse africaines. Danseurs et musiciens se complètent, l'un appelant l'autre.

Le tambour auquel peuvent s'ajouter d'autres tambours, des flûtes ou des xylophones reste prédominant. Les percussions entrelacent toujours des polyrythmies très complexes.  En 1759, un observateur, M Adanson, note : ' Les Noirs ne dansent pas un pas, mais chaque membre de leur corps, chaque articulation et même la tête, exprime un mouvement différent, en conservant toujours la pulsation, aussi rapide soit elle"

très souvent, deux individus face à face ou deux groupes face à face dialoguent, dans la forme appel- réponse. Ou bien encore un soliste face à un groupe.

R Jobson explique : " Les plus désireuses de danser sont les femmes qui le font sans les hommes, une à la fois, les genoux pliés, le corps penché, elles bougent avec agilité pendant que les autres semblent honorer leur danse en frappant des mains"

La danse africaine, explique E Seguin, offre alors à chacun l'occasion de montrer ses talents de danseur au sein d'un ensemble, plutôt qu'à titre personnel. Il en ira de même avec la danse noire américaine.

J M Chernoff note : " Sans les danseurs, de nombreux percussionnistes nepeuvent apporter un large éventail de variations, c'est pour cette raison que nous pouvons suggérer que la danse a probablement joué un rôle d'inspiration important dans les débuts du jazz"

a suivre!.....

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20 février 2007 2 20 /02 /février /2007 09:19

Quand le film musical "Chicago" est sorti en 2002, j'ai été exaspérée! Non par le film lui même ( quoique que...) mais parce que tout le monde criait au génie, et lorsque j'évoquais   Bob Fosse, ce même monde me regardait avec de grands yeux ahuris : " c'est qui?"

Et bien, c'est LUI!!! Lui, le chorégraphe,  le créateur de cette comédie musicale qui a triomphé à  Broadway il y a plus de trente ans maintenant!"

- ah bon!"

Et puis c'était tout!

Bon, l'homme et la mémoire ne font pas bon ménage n'est ce pas, l'Histoire et ses horreurs le prouvent assez?


 

Pour Bob, il faut faire quelque chose : à l'époque, lui rendre justice oralement, et aujourd'hui, faire un article!

 Actuellement, je ne suis   pas sûre non plus que les gens enthousiastes qui vont voir " Cabaret" à Paris ( spectacle créé sur l'initiative de la géniale Ann Reiking, sa partenaire et sa maîtresse) fassent le lien entre lui, la chorégraphe, le réalisateur du film aux huits oscars... mais avant de parler de tout cela,   commençons par le commencement!!!

Bob Fosse en répétition

 

Bob Fosse est né le 23 juin 1927. Il étudie toutes sortes de danses : classique, claquettes, danse acrobatique...à vingt ans, installé à New York, il épouse sa première femme et danseuse ( de nombreuses autres femmes épousées ou non suivront... comme pour Balanchine!... ) Quelques temps après, Hollywood l'emploie comme danseur, chanteur, chorégraphe sur différents films... mais  il retourne rapidement vers Broadway et crée en 1966 pour sa troisième femme  le musicla " Sweet charity..."

C'est alors qu'il décide trois ans plus tard de passer derrière la caméra pour mettre en scène ce musical avec Shirlay Maclaine... dans le film, cette femme croit à l'amour dur comme fer... elle est rêveuse et idéaliste...


 

C'est en 1972 que le succès va littéralement explosé  : il passe à nouveau derrière la caméra après plusieurs comédies musicales pour réaliser Cabaret qui sera couronné de huit oscars, et de différents autres prix... Lizza Minelli s'y révèle exceptionnelle... le rôle était d'autant moins évident à interpréter qu'il s'inspirait en partie de la vie de Marlène Dietrich, car Bob Fosse réalise un film musical sur le côté " glauque" d'un cabaret à l'époque de la république de Weimar et de la montée du nazisme dans les années 1930...

 

Dietrich et Minelli... le tonneau et la chaise!

et le chapeau!

 

C'est en 1975, quelques comédies musicales plus tard,qu'il crée la fabuleuse comédie musicale Chicago, s'entourant de la même équipe que pour Cabaret : Kander et Ebb. Dans les deux rôles principaux, la brune et la blonde : Gwen Verdon et Chita Rivera...

En 1978, il réalise sa dernière comédie musicale et en 1979 son dernier et troublant film : all that jazz... qui obtiendra la Palme d'Or à Cannes, récompense supprême...

Ce film, étonnant, dérangeant, retrace l'histoire d'un brillant chorégraphe de Broadway qui prépare son dernier spectacle. Mais ce chorégraphe qui a brûlé sa vie par les deux bouts, comme un rock star, sexe, alcool et drogue... est guetté par la mort, qui l'attend dans les coulisses....

Après ce succès, viendront " Star 80" son dernier film, sorti en 1983 et sa dernière comédie musicale : " Big deal" qui sont des échecs... il meurt d'une crise cardiaque le 23 septembre 1987.


Bob Fosse a laissé une empreinte très forte dans les comédies musicales de Broadway ou d'ailleurs... des poses, des accessoires, en partie inspirés pour Cabaret, par le cabaret Berlinois.

Ann Reikin veille toujours à ce que le " style Fosse" soit respecté... ce style inimitable, dont je reparlerai dans un prochain article!

Noureev dit : "tant qu'on dansera mes ballets, je serai vivant... " il en est de même pour Fosse... qui est toujours dansé à Londres, New york et à Paris depuis peu, via " Fosse" donné au Chatelet il y a quelques années, et à présent grâce à Cabaret...

 

 


 

quelques videos : lizza dans Cabaret :  l'inoubliable " mein Herr"

 

et puis " bye bye life" extrait du film " all that jazz" ( sur la célèbre chanson de Simon and Garfunkel)

 

autre article sur mon Blog : Fosse

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19 février 2007 1 19 /02 /février /2007 08:58

Tous mes articles sont des cris d'amour, n'est ce pas? D'autant plus profonds que les artistes nous ont déjà quitté, comme c'est le cas pour Bob Fosse, depuis vingt ans déjà!!!

Je n'arrive pas à le croire...

Cet artiste a eu une immense influence non seulement sur la danse " jazz", mais sur tant d'artistes, de metteurs en scène...

D'ailleurs, Cabaret, la comédie musicale qui triomphe actuellement à Paris est Son oeuvre!

Et le film qui a reçu tant d'oscars il y a quelques années, est l'exemple de la marque profonde, indélébile,  qu'a laissé cet artiste complet, homme de tous les excès, qui meurt d'une crise cardiaque a 60 ans, après avoir confié sa biographie déguisé dans ce fameux All that jazz...

Ce danseur, metteur en scène, acteur, réalisateur, né en 1927 ne connait de vrais succès qu'à partir des années 1970 : son film    Cabaret, avec Liza Minelli   reçoit huit oscars! Mais avant, il a travaillé avec S McLaine, en 1966,  dans sweet charity, qui n'a pas le succès escompté...

car on l'a peut être oublié : mais S Mclaine a été une sublime danseuse!

 Dix ans plus tard, il obtient la récompense supprême, la Palme d'or à Cannes pour All that jazz, ce  film étonnant, onirique, dérangeant dont l'esthétique et l'ambiance continuent de hanter bien des êtres! Jessica Lange y joue... un ange...!

De Ute Lemper à C Z Johnes dans Cabaret, de R Attenborough et son chorus Line, à Mia Frye, dont les chorégraphies dans les années 1990 s'inspiraient en partie de son puissant érotisme, tous ceux qui ont approché la danse jazz de près ou de loin lui doivent quelque chose... moi, modestement, inclue... car la netteté des mouvements, leur agressivité qui fait place à la douceur, l'érotisme, la languer, le ciselé des poses, tout cela a quelque chose d'énivrant, quand la danse est parfaitement maitrisée

Le première fois que j'ai vu Ann Reinkin se mouvoir avec ses longs longs bras, ses mouvements de bassin si suggestifs, ses poses étonnantes, lascives et puissantes à la fois, j'ai été fascinée : car l'érotisme en danse, exprimée sur le plan de l'art, avec créativité, est quelque chose de pronfondément puissant.

 


 

Trois articles vont se suivre :

l'un consacré à la biographie de Bob Fosse

Un autre,  aux films marquant ou aux comédies musicales : all that jazz, cabaret, chorus line, et Chicago et à cette esthétique si particulière, car le style de Bob Fosse est lié à Broadway.

  Un article   parlera d'une partie de son héritage via Ann reinkin, Ute lemper, artiste sublime et hors norme qui sera à Paris bientôt...

Donc... à très bientôt!

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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 19:38

C'est le Cotton Club!

C'est le club le plus branché de Harlem qui vit le jour en 1923. Francis Ford Coppola en tire un film au titre éponyme

Ce club nait dans un context étrange de prohibition, de ségrégation sociale, où, bizarement, la clientèle exclusivement blanche est servie et divertie par des Noirs Américains...

Et c'est là, en 1927, que Duke va lancer son grand orchestre : une première : la salle est reliée à la radio CBS, et les concerts sont transmis en direct... ce qui fait que la réputation du Cotton Club ( en mémoire des champs de coton du sud)  dépasse très vite les frontières de Harlem

 

                          Duke Ellington et son orchestre et the girls chorus line

           1927

 


 

Que danse-t-on au Cotton Club ou encore au Savoy, autre ballroom dancing a la réputation sulfureuse?

Du charleston, du Lindy hop, du " tap", avant que le swing qui apparait un peu après ne fasse son entrée...

Charleston, en souvenir de la ville, danse immortalisée entre autre à Paris par la Revue Nègre et Joséphine Baker, sa vedette somptueuse...

Lindy hop, nom inventé par un des danseurs à qui un journaliste en extase devant la performance des danseurs Noirs Américains demandait ce qu'il dansait et qui se serait inspiré d'une manchette de journal " Lindberg hops the Atlantic" ( Lindberg traverse l'Atlantique)

 

 

Cette danse improvisée se danse donc au rythme des grands orchestres comme ceux de Duke qui naissent dans les grandes villes de l'Amérique du Nord à partir des années 1920-1930. "Duc" "comte", "Roi" sont des revanches pleine d'humour sur le passé d'esclaves de ce peuple qui vibre d'une immense énergie et qui apporte à l'Amérique une musique neuve, des rythmes neufs, des sons neufs... King Olliver, Duke Ellington, Count Basie...

J'adore la période " jungle" de Duke... !!!

Et toujours ses merveilleux petits appels au piano, dans l'aigu, en superposant des quartes acidulées : écoutez, on le reconnait entre mille!

 


 

 Grégory Hines en " tap dance " dans une scène de Cotton Club

 


 

La crise de 1929 pointe à l'horizon, mais le peuple noir Américain en a vue d'autres et sa vitalité est intacte. La musique, le chant, la danse sont sa revanche, et si une partie de la population Noire Américaine, pour qui la vraie musique reste le gospel, le Negro Spiritual, la musique d'église,  et est choquée par ces lieux dirigés par d'anciens gangsters, d'autres s'y plongent avec délice et y trouvent une ivresse que la dureté de la vie des années 1930 interdit.

Les prémisses de la danse jazz sont là : vitalité, énergie, rythme, improvisation et LIBERTE...

Le Lindy hop est en quelque sorte l'ancêtre du rock and roll qui n'apparaitra qu'en 1956 : sortie officielle du premier disque d'Elvis, le seul Blanc " à chanter comme un Noir" Mais c'est une autre histoire!

En 1940, le Cotton Club quitte Harlem pour Broadway, et les music hall récupèrent la mouvance de la danse " jazz" ... c'est l'heure du swing...

Qu'est ce que le swing?

Musicalement, "on l'a ou pas", c'est une façon de jouer avec la mesure, avec la pulsation... comme de faire rebondir en douceur le rythme, sans le décaler...

C'est irrésistible... le swing réveille les jambes et les corps de tout le monde....

Quand au "tap dance"  ou vulgairement " claquettes" si les premiers noms qui nous viennent sont peut être Fred Astaire et Ginger Rogers,il ne faudrait pas oublier avant lui  Sammy Davies, qui avait vraiment quelque chose d'unique... mais nous sommes déjà au début des années 1950 et le Cotton Club ne va pas tarder à fermer...

 


 

 

 Donc voilà en quelques mots quelques styles de danses qui ont précédé " le modern jazz" qui n'est pas encore né à la fin des années cinquante...

Quelques points de repères supplémentaires  seront en ligne bientôt : le swing, Joséphine Baker, qui a eu un tel impact en Europe...

Et vous savez quoi?

D'avoir écrit cet article, me voici en joie, plein d'images me reviennent, l'immense talent de ces artistes Noirs Américains me met les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres; ce sont les seuls à être capable de provoquer ces doubles émotions en moi! La compagnie d'Alvin Ailey le fait de la même manière aujourd'hui...

Comme je les aime!!!

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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 07:58

L'autre jour, en regardant mes rubriques pour voir un peu ou j'en étais, je constate horrifiée  qu'en 6 mois, je n'ai encore rien écrit sur la danse jazz ou modern jazz... pourtant, je l'ai pratiquée, j'ai eu l'occasion de voir sur scène des spectacles de Bob Fosse, d'Alvin Ailey, de Redha, de Jérôme Robbins....

Alors, pourquoi???

Parce que je me rends compte tout simplement que je ne sais pas très bien par quel bout m'y prendre pour parler de cette catégorié "un peu fourre tout"

Je pars donc en quête de documentations, et là, horreur, je me rends compte que 90 pour cent des textes sont en langue anglaise que je ne lis que très très mal... j'apprends au passage qu'un livre vient enfin d'être rédigé par une danseuse ( ballet rick odrum) et chercheuse à l'université de Paris ( je vais me le procurer sans attendre)

Et je refléchis...

 


 

un quatuor adore : Miles, John, dizzie, Charlie ( davis,Coltranne, Gillespie, Parker)

 


 

Je connais assez bien l'histoire du jazz, et j'adore le jazz sous toutes ses formes, du vienx jazz new orleans, aux géniales session de Dizzie Gillespie, en passant par les grands orchestres de Duke, ou encore l'ébourriffant Miles Davis, ou le troublant Charlie Parker

Certes, mon coeur est à Billie Holliday, et au saxophoniste Lester Young, mais mes plus grands moments de radio sont "le jazz est un roman" sur france musique à 18 heures ou encore les soirées jazz de fip... quand il m'arrive le soir de prendre ma voiture vers 21 heures, et que les grosses cheminées fumantes de Bercy se marient au jazz qui coule de la radio, c'est le bonheur total!!!


 

jazz sulfureux de Bob Fosse, clin d'oeil au cabaret Berlinois, mêlé de "jazz" et d'un style bien à lui.

Alors, la danse jazz?

Et bien, elle a aussi son histoire, complexe, dont je n'ai pas encore démêlé les échevaux, mais une première chose importante : tout comme la musique, la danse jazz est improvisée. Au début, on trouve surtout des danses comme le Charleston, puis le swing, toutes ces danses libres qui naissent dans le Sud des états Unis. C'est au début l'apanage de danseurs Noirs, descendant d'anciens esclaves, et ceux ci ne se produisent pas du tout sur scène, pas plus que la scène n'accueille en ses débuts les orchestres de la Nouvelle Orléans ( on pouvait les entendre dans des petits clubs, dans la rue,  lors de différentes manifestations populaires et sur les gros bateaux à vapeur qui descendaient le Mississipi)

Lorsque le Cotton Club ouvre, ce célèbre club new yorkais, un select public blanc  se presse  alors que la musique et la danse sont le produit des Noirs. Ce sera le club de   Duke Ellington, la danse se fait elle aussi la part belle. ..

Et on y trouve aussi un peu de tout... des danses libres, des musiciens de passage, d'autres déjà bien installés dans le jazz, des chanteurs qui reprennent des chansons à la mode...

 parallèlement, à la fin des années 40, les grandes revues de Broadway battent leur plein : et tout le monde chorégraphie : aussi bien un G Balanchine, issu du ballet classique, que plus tard un Jerôme Robbins ou encore un BOb Fosse, dont le jazz est de style " cabaret"

Broadway, puis le cinéma, obligera la danse jazz a quitter l'improvisation pure  pour un langage chorégraphié et écrit d'avance.

 


 

Robbins fait répéter une scéne de west side story à Chakiris

 


 

Dans le même temps, Alvin Ailey s'essaie à ses premières chorégraphies, et c'est le génial revélations qui nait.... ( 1960) chef d'oeuvre qui révolutionne toute une esthétique...

Il donnera au jazz ses lettres de noblesse, et ses danseurs Noirs monteront sur scène à une époque ou la ségrégation est encore très puissante...

 C'est le début de la longue histoire du "modern" jazz qui se prolonge aujourd'hui encore...


 

Tout ceci vous parait confus?

J'y mettrais  un peu d'ordre dans mes prochains articles...

Mais sachez tout de même que le modern jazz va tisser un pont entre deux cultures, l'Africaine et l'Européenne, comme le fera plus tard le rock and roll...

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26 mai 2006 5 26 /05 /mai /2006 16:47

 Alvin Ailey, ou plus exactement sa compagnie, est invitée aux étés de la danse qui se déroulera en plein air dans les jardins de l'hotel de Rohan. Le spectacle commencera à la nuit, vers 21h45... s'il ne pleut pas!!

C'est toujours un évènement lorsque cette compagnie vient en France, à peu près tous les trois ans ou quatre ans  Je les ai découverts en 1992 à l'opéra Garnier, puis les ai revus au Chatelet, en 1995 ou 1996, puis à Mogador, en 1998, puis au Palais des sports en 2003 où l'ambiance était explosive. Et à chaque fois, l'émotion est au rendez vous, dans ce qu'elle a de plus violent, de plus fort, de plus inoubliable, de plus humain. 

 

 


 

Premier souvenir de spectacle

 

 

La toute première fois que je les ai vus sur scène à l'opéra Garnier, tout en haut de l'amphithéâtre, ce qui m'avait vraiment étonnée, surprise et enthousiasmée, c'est que cette compagnie, après les applaudissements hystériques des spectateurs, avait fait remettre la musique et avait offert un bis... du jamais vu pour moi! C'était drôle, car à l'amphithéâtre, les gens,  déchaines, tapaient des pieds sur le sol en bois  et j'avais l'impression que l'amphithéâtre allait s'écrouler... Une telle chaleur se dégageant d'une compagnie,se communiquant aux spectateurs sous les dorures de l'opéra et ses velours rouges, c'était presque comique! Mais c'était surtout tellement extraordinaire, ce partage avec les artistes, qu'on en oubliait le lieu un peu guindé pour s'abandonner à cette magnifique célébration de la vie, de la danse...

Je revois ces magnifiques danseurs, souriants, regardant le public debout...   on avait tous l'impression d'être vu individuellement tant le regard des artistes était plein de vie. Ils nous regardent, ils sont souriants, et puis, ils se mettent à   taper dans leurs mains pour nous donner le rythme, et hop, ils demandent à remettre à la musique et sans plus de manière, se remettre à danser  avec un plaisir....! sous les hurlements de joie du public! C'était jubilatoire!!!!

On ressort de ces spectacles avec une envie de célébrer la vie, comme le fait la compagnie sur scène. Les danseurs sont fabuleux de technique, de vie, de félinité, et certains sont d'incroyables virtuoses.

Alors, sur le trottoir, encore tout vibrant d'émotion, le coeur débordant de tout ce qu'on a reçu pendant le spectacle,  on se met à sauter, à tourbillonner, comme des enfants...

 


 

Revelation

 

A chaque fois que j'ai vu le ballet Révélations, j'ai fini en larmes. Ce ne sont pas des larmes de tristesse, mais d'un trop plein d'émotions. En quelques instants, on ressent au fond de soi toute l'étendue de la palette des émotions humaines, à travers une chorégraphie d'une grande lisibilité, qui déroule des scènes de groupe, des solos bouleversants, un trio d'un étonnante vitalité, et la scène finale sur " rock my soul", célèbre gospel, déclenche toujours un enthousiasme parmi les spectateurs digne d'un concert rock!

Mais il n'y a pas que ce célèbre ballet qui est à voir... il y a  aussi The River, poétique,  Cry, solo touchant, Pas de Duke et tant d'autres. Et puis sont aussi à voir les   chorégraphies d'autres chorégraphes,  comme Elisa  Monte ( treading est donné régulièrement) Donald Byrd. Depuis la mort de Ailey, c'est Judith Jamison qui dirige la compagnie...

 

 

La rencontre :

En fait, j'ai découvert Alvin Ailey là aussi grâce à la télévision. Je suis tombée un jour par hasard sur une émission qui lui était consacrée, je me suis mise à danser dans mon salon, tant la danse et le sentiment qui s'en dégageait étaient communicatifs, et tout à coup, je me suis dit : "Voilà, c'est ainsi que j'aime la danse! Elle célèbre la vie, même dans ses moments les plus sombres..."

Surtout ne les manquez pas!!!!

 


 

A venir  dans la rubrique chorégraphe :

Portrait de Alvin Ailey

 


 

Les étés de la danse : informations sur le site :

http://www.lesetesdeladanse.com/

 


 

 

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