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Shabastet

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  • : Blog sur la danse en général et l'opéra de paris en particulier rédigé par Valérie Beck, administratrice du forum danses pluriel
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 10:47
Léonore Baulac nommée étoile le 31 décembre 2016

Léonore Baulac nommée étoile : Aurélie Dupont crée son équipe (deuxième !)

 

La nouvelle était attendue depuis pas mal de temps et lorsque le nom de Baulac a figuré sur la distribution en date du 31 décembre, les rumeurs se sont amplifiées ; elles n’ont pas décru même après la nomination de Germain Louvet le 28 décembre. Ces deux artistes ont d’ailleurs dansé ensemble les rôles de Roméo et Juliette et les personnages principaux de Casse-Noisette ( Drosselmeyer/ Prince et Clara) que nous voulions voir, car nous avons toujours adoré Léonore, mais cela n’a malheureusement pas été possible.

 

Il est remarquable de se rappeler que dans l’émission « La danse à tout prix » qui date de 2012, suivre ce lien pour lire l’article correspondant - cette danseuse qui préparait le concours passait son grade de coryphée pour la 4ème ou 5ème fois sans se décourager. Elle était guidée par Aurélie Dupont pour le rôle du Cygne noir, et la petite séance de travail filmée en disait long sur la ténacité, la pugnacité de cette artiste. Elle ne changera pas de grade cette année-là non plus, mais à partir de 2013, tout va s’enchaîner pour elle : elle passé coryphée, puis sujet en 2014, et enfin première danseuse en 2015 ; elle a 25 ans. Heureusement, malgré ces années difficiles, elle a déjà abordé un certain nombre de rôles, car B. Lefèbre tout comme B. Millepied l’ont généreusement distribuée ce qui a permis au public de ces trois dernières années d’avoir eu de multiples occasions de la voir, soit dans le corps de ballet, où on la remarque toujours, soit dans un petit ou grand rôle ; on se souvient par exemple très bien de sa Fée dans la Belle au bois dormant, toute d’ incandescence féérique, de sa présence lumineuse dans le Chant de la Terre de Neumeier, ou encore de sa danse flamboyante dans le Daphnis et Chloé de B Millepied.

Et même dans l'affreux Nuit transfigurée de ATDK, elle irradiait aux côtés du blond Karl Paquette!

 

La Saison dernière, on a pu la découvrir dans le rôle de Juliette, aux de M Heymann, MO Braham s’étant malheureusement blessée ; elle a donc remplacé au pied levé la Ballerine et a incarné une Juliette " garçon manqué" dans le sens où élévée au milieu des querelles et des combats quotidiens, la jeune fille a acquis un caractère fort,tout de passion, qui comme ses pères ou cousins, prend les rênes de son destin en mains.

 

Ce qui enchante en elle, c’est cette façon si personnelle de s'exprimer en scène. Il y a en elle un contraste saisissant entre son visage elfique, sa grâce cristalline, son apparente fragilité qui cache en réalité une énergie peu commune et une grande force. Léonore danse comme si sa vie en dépendait. Elle est toute de générosité, de spontanéité, très vive. C’est une travailleuse acharnée que l’échec n’amollit pas. Elle est toujours prête à relever les défis, et se plaît autant dans le registre contemporain que dans les rôles classiques.

Tout cela a dû séduire Aurélie Dupont qui la connaît bien, et doit saluer sa capacité de travail hors norme, ainsi que sa très grande sensibilité, que possède également la directrice de la danse.

 

En même temps qu’elle en 2015, une autre artiste a été promue Première danseuse, Hannah O Neill que nous adorons pour la perfection de son placement, de ses lignes, pour son élégance et sa classe exceptionnelle, pour sa grâce d’une beauté froide, sa technique précise, toutes qualités qui signent les Etoiles. On ne pourrait imaginer deux personnalités plus opposées : l'une tout de chair et de sang, l'autre, presque surnaturelle mais très solide techniquement. Deux beautés différentes, deux artistes attachantes. Nous espérons que la seconde accèdera aussi au titre suprême. 

Les Saisons prochaines, très avares en ballets narratifs lui permettront de danser si elle le souhaite la Sylphide, à qui elle donnera beaucoup d’esprit, Kitri qui sera pleine de panache et de verve latine, et sans doute Tatiana, dans lequel il sera difficile d'oublier Isabelle Ciaravola!

 

On se réjouit donc de l’étoilat de cette artiste attachante, qui montre sur la vidéo de sa nomination une humilité sincère et touchante. Que les 16 prochaines années soient pour elle emplies de découvertes, de rencontres chorégraphiques, de rôles qui lui apporteront tout le bonheur de danser qui est le sien et la couronneront véritablement « Etoile de l’opéra de paris ».

 

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 10:38
photo sur le site de l'ONP

photo sur le site de l'ONP

Germain Louvet nommé étoile

 

 

La nouvelle flottait dans l’air depuis quelque temps puisque Ariane Bavelier avait platement -mais l’annonce n’en était pas mon claire pour autant -  titré son papier sur le Lac du 25 décembre : « Un Prince est né » anticipant donc la nomination de ce jeune danseur de 23 ans, tout fraîchement promu premier danseur.

 

La première remarque que l’on peut faire, c’est que Dame Dupont a du caractère ; comme un Noureev autrefois, elle utilise la hiérarchie  et la  contourne en même temps ! Elle nomme bien un premier danseur, donc elle la respecte, mais celui-ci n’a pas encore pris ses fonctions, donc elle la contourne ! Il y a eu des antécédents à ce genre de nomination : Guillem avec Noureev par exemple. Héhé ! Voilà ce qui s’appelle être un capitaine ! 

 

La deuxième, c’est qu’elle veut absolument se démarquer des directeurs et directrices qui l’ont précédée : pour former sa nouvelle équipe, elle va donc puiser dans les nouveaux talents émergeant et non dans les premiers danseurs déjà en place. Elle passe donc allégrement au dessus des Alu, des Marchand et des Raveau qui portent ce titre depuis quelques saisons et attendent….

 Louvet, jeune sujet fraichement promu premier danseur au concours de novembre dernier,  correspond à ce qu’on appelle un danseur noble, dans la lignée d’un Mathieu Ganio ou d’un JG Bart.  Physiquement, ils sont longilignes, ont des lignes infinies, et un air de noblesse qui signe les princes des ballets classiques

 

Dame Dupont a déclaré vouloir nommer les étoiles jeunes, ce qui est normal, puisque les danseurs sont des sportifs de haut niveau qui atteignent leur maturité technique autour de  20-25 ans environ ; elle-même, a-t-elle déclaré, n’était pas prête quand elle a été nommée ; cette femme courageuse, qui a dansé après avoir subi une opération du genou, a travaillé toute sa vie, et on a vu à quel point sa personnalité artistique s’est développée tout au long de sa carrière ; si on l'a peu aimée dans certains rôles, à cause de son côté trop sage, son Ombre des Mirages ou sa Sylphide restent nos plus beaux souvenirs. Elle sait qu'il faut du temps pour devenir une étoile complète ; on peut l'être techniquement à 20 sans l'être artistiquement. Etre promu étoile après 28 ans n'a pas de sens pour elle ; et pourtant, on ne compte pas le nombre d'étoiles que B Lefèvre a nommées après cet âge. Pourtant, les danseurs savent qu'on ne peut plus progresser techniquement, et aborder les grands rôles après cet âge si on ne les a pas déjà fait siens avant devient plus difficile, le corps ne les ayant pas digérés, mémorisés, intégrés. Retravailler un grand rôle abordé jeune puis  dansé des dizaines de fois ne pose pas de problème à 35 ans alors qu'il en pose si c'est à cet âge là qu'on l'aborde pour la première fois.  Alice Renavand, par exemple, est l'exemple type de l'étoile nommée trop tard ; après une série de Don Quichotte, elle renonça purement et simplement au classique.... du gâchis pur. C'est ainsi qu'on finit avec des étoiles - hors karl Paquette - qui dès 32 ans, ne dansent plus que du contemporain. Quand on sait que Margot Fonteyn dansait encore Juliette à 57 ans on Pontois la Belle au bois dormant à près de 50 ans...

 

La troisième, c’est qu’elle lance un message clair : retour du classique à l’ONP !

 

Mais, mais, mais, me direz vous ? Et la saison à venir ? Il n’y a qu’un Noureev  et la fille mal Gardée, avec entre les deux un Onéguine ?

Cette saison a sans doute été dessinée en partie par Millepied et en porte encore sa marque ; Aurélie Dupont n’a sans doute pu faire que quelques ajustements ; et c’est ce qui explique que l’on trouve une œuvre de Millepied l’an prochain ; les plannings des artistes se font des années à l’avance et pour les chorégraphes, c’est la même chose ; Dame Dupont n’a sans doute pas pu créer la saison idéale qui paraîtra vraisemblablement pour 2017/2018. Car être directeur veut dire passer une bonne partie de sa journée à téléphoner pour accorder les plannings... En nommant un danseur " noble", elle annonce la couleur de ce que sera ses futures saisons.

 

Ce Germain Louvet, alors, c’est bien, sa nomination ?

 

Nous avons vu son Siegfried le 25 (prise de rôle), qui possède des qualités de danse « à la française » indéniables ; sa variation mélancolique était superbe techniquement parlant.  Mais à 23 ans, sans jamais avoir encore abordé de grands rôles, son personnage était bien lisse ! La personnalité n’a pas encore éclos ; il faut donc espérer que ce jeune danseur va pouvoir au gré des années qui viennent renforcer sa technique encore un peu fragile – il a encore quelques années pour cela – mais surtout aborder suffisamment de personnages pour que son potentiel artistique puisse éclore ; pour cela, il lui faudra un bon coaching et une distribution intelligente qui ne le fera pas aller d’une salle à l’autre ( Bastille et Garnier n’ont pas les mêmes pentes ni les mêmes sols, et les dos des danseurs en souffrent en premier) ni passer d’un chorégraphe contemporain à un classique dans le même mois ( ce qui a été le cas encore cet hiver )

Il faudra donc prendre grand soin de cette nouvelle graine pour que, à l’instar d’un Heymann, d’un Ganio, il ne se blesse pas.  Attention, je ne le compare pas à ces deux aînés, qui, à son âge, avaient déjà un fort charisme et une technique époustouflante, ce qui n'est pas encore son cas.

 

A-t-il été nommé trop tôt?

 

Et bien, pour répondre à cette question, tout dépendra de la façon dont il sera distribué l'an prochain, les rôles qu'il aura l'opportunité de travailler dans les années qui viennent, et surtout, je le répète, la façon dont il sera " coaché".  23 ans, ce n'est pas 18 ans, et Ganio qui a été nommé à cet âge, splendide, déjà, de charisme et de technique, a hélas souffert de conditions de travail déplorables qui l'ont amené à se blesser gravement; jamais depuis, il n'a retrouvé la flamboyance de la superbe technique qu'il avait à 20 ans, même s'il reste, depuis que Nicolas Le Riche est parti, mon artiste masculin préféré pour sa sensibilité, sa grâce, cette qualité d'âme qu'il dépose sur les rôles et son partenariat attentif.

 

Cette nomination affirme donc la direction qu’Aurélie Dupont veut donner à la compagnie ; on sent donc chez elle de la volonté, et une politique de danse déjà bien construite dans sa tête. Après, à tous ceux qui prétendent grâce à Louvet avoir vu pour la première fois un prince Siegfried, on leur rit au nez ! Bassesse de courtisans qui prétendent voir ce qui est médiatiquement repris à grands cris ! Et on rit plus encore de l’inculture de ceux qui n’ont probablement jamais vu Jude, Le Riche ou Legris dans ce rôle  - ce qui en soi n'est pas grave - mais affirment découvrir un Prince exceptionnel quand il n'a été qu'une jolie promesse de Prince futur...

A noter aussi, que Louvet est de la génération école de danse " Platel" et non "Bessy".

Reste à espérer qu'elle ne laissera pas en route François Alu, premier danseur, qui possède une personnalité en scène époustouflante, une solide technique, et une générosité qui lui fait honneur; j'avais d'ailleurs écrit cet article lors de sa nomination au poste de premier danseur

Souhaitons à ce sympathique jeune homme beaucoup de bonheur dans son étoilat!

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 08:52
Y. Chauviré s'apprête à surgir de sa tombe, elle est encore sous la scène

Y. Chauviré s'apprête à surgir de sa tombe, elle est encore sous la scène

Grâce au livre d'Odette Joyeux, Le monde de la danse, édité en 1973, un premier contact s'établit lorsque j'étais enfant avec cette danseuse; les photos du livre et le texte dithyrambique de Me Joyeux expliquant que tout le monde pleurait en coulisse lorsque la danseuse incarnait ce personnage eurent son mon imagination un impact fantastique. Je l'avais précisément vue faire ses adieux l'année précédente, grâce à la télévision française qui était encore digne du rôle qu'elle doit jouer auprès du public; elle l'avait interviewée dans sa loge ainsi que son partenaire, Cyril Atanassof; on voit encore un extrait de ce reportage dans les archives en ligne de l'INA. Et puis l'année suivante, le théâtre tout neuf de ma ville accueillit la troupe de l'opéra de Paris, Cyril Atanassoff et Noella Pontois vinrent danser Giselle : quel choc! Je me mis à  penser à Giselle jour et nuit, j'achetais le disque, et, jour après jour,  le livre et Dame Chauviré sous les yeux, je revoyais inlassablement le ballet dans son entier car j'en avais mémorisé une grande partie.

 

le temps du bonheur puis de la trahison
le temps du bonheur puis de la trahison

le temps du bonheur puis de la trahison

Des années plus tard, en 1983, je la découvrais dans l'éblouissant Raymonda, remontée par Noureev pour la troupe de l'opéra, où elle incarnait la Comtesse; c'est un rôle principalement mimé, il n'y a qu'une danse de groupes en robes longues faite  de déplacements. Dans ce ballet, au premier acte, la Comtesse  sermonne la troupe de jeunes gens un peu trop turbulents qui transforment le voile de la future mariée en cachette. Je me rappelle encore son entrée en scène, quelle allure! Cette femme avait une présence d'une puissance rarement égalée depuis ( je compare toujours sa présence charismatique et puissante à celle de Jean Marais, vu à 80 ans dans Bacchus, et qui m'a laissé un souvenir d'une force incroyable car trente ans plus tard, sa voix et son regard vibrent toujours dans ma mémoire); elle avait une classe naturelle, des bras d'un lyrisme accompli, souples, éloquents, qui, à l'égal des ailes des anges, pouvaient aller du murmure, du bruissement imperceptible au sermon le plus glaçant; son visage reflétait magnifiquement la lumière, on l'aurait dit sculpté par un artiste de génie; et puis elle pouvait passer de l'autorité à la douceur, de la flamboyance à l'écoute, avec un rien d'humour, rien qu'en se déplaçant, en inclinant la tête, en levant un bras...

 

Yvette Chauviré, souvenirs

J'ai toujours une VhS de ce Raymonda, à la piètre qualité car enregistrée à la télévision en 1986. Il faudra que je la numérise tôt ou tard, à moins que l'INA un jour, ne réédite cette merveille.

Heureusement, on la voit aussi donner les leçons  de  style  dans le merveilleux film de Dominique Delouche, " Une étoile pour l'exemple" où Loudière, Guillem,  Guérin, Pietragala et d'autres répètent sous son regard avisé. Elle y évoque aussi Lifar pour lequel elle créa nombres de ballets, dont l'Ombre des Mirages.

A l'opéra, elle donna longtemps des cours de style, et nombres de danseuses ne les auraient manqués pour rien au monde, comme l'expliquait Ciaravola. Elle avait été non seulement une immense artiste, mais elle savait aussi transmettre ce style si pur à la perfection. Comme toute artiste habitée par la passion, elle avait la générosité qu'il faut transmettre le flambeau, une fois que l'on ne peut plus faire de scène.

Longtemps, lorsque j'avais encore ma compagnie de danse, j'ai eu accroché au dessus de mon piano des photos d'elle en Ishtar : elle m'inspirait, elle m'éblouissait, par sa plastique parfaite, par son allure extraordinaire, par ses bras aux angles si indiens, par la profondeur de son imagination que l'on décelait sur les photographies; si cela était visible dans un mouvement arrêté, on imagine ce que cela devait être lorsqu'elle était encore sur scène.

Cette danseuse, tout comme Pavlova, a contribué à promouvoir une image merveilleuse de la danse classique, une image moderne et loin des clichés. Et ce petit article du jour la remercie d'avoir, à travers quelques photographies si longtemps chéries, nourri pour toujours la mémoire d'une enfant passionnée de danse classique.

 

La sculpturale Ishtar
La sculpturale Ishtar

La sculpturale Ishtar

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 22:19
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 19:27

Note du 6 avril : Laura vient d'être nommée étoile.

J'ai écrit cet article en juin 2014 alors que Laura était encore sujet ; je l'ai réédité lorsque  Laura a été nommée première danseuse ( 6 décembre 2014) et je me réjouis que son talent lui ait enfin permis d'accéder à ce titre; je lui souhaite de tout coeur la carrière qu'elle mérite depuis longtemps.  Atypique, classique et talentueuse... et terriblement musicale.... quelques mots supplémentaires ce soir pour la re-définir... Bravo, Melle Hecquet! Et Merci de transmettre autant de beauté et d'émotion!

 

{C}

hecquet1.jpgQuelques mots aujourd’hui sur Laura Hecquet

Juste quelques mots.

Ces   dernières années, cette danseuse magnifique, qui n’a jamais pu éclore comme elle l’aurait dû,  a donné le meilleur d’elle-même. Elle apporte à chaque scène un supplément d’âme, de poésie, de beauté, comme nulle autre pareille. Je l’emporte à chaque fois dans mon cœur, plus que les rôles titres. Par ce modeste article, je rends hommage à sa beauté, son lyrisme, sa personnalité bien affirmée, sa ligne et son placement magnifique et son mystère… elle a un quelque chose à la Greta Garbo, une profondeur indécelable qui donne envie d’en savoir plus, qui donne envie de la voir danser davantage.

Les dernières scènes où elle m’a profondément marquée, bien que je n’aille presque plus voir de danse sont :

Son pas de deux dans Proust ou les Intermittences du cœur ; cela remonte déjà à quelques saisons, mais sa présence sur scène a été l’un des rares moments de ce ballet bavard et parfois de mauvais goût qui me sont restés en mémoire. Ensuite, je citerai la 3ème symphonie de Malher, où elle est toute aussi belle, et habitée par une profondeur insondable, un quelque chose que l’on n’arrive pas à préciser et qui vous hante ensuite, sans douleur, mais d’une façon précise et constante

Sa danseuse des rues de Don Quichotte  d’il y a deux saisons est un vrai bijou  : sans jamais tomber dans la vulgarité, Laura Hecquet arrive à donner à ce personnage un ton familier mais sans lui ôter le moins du monde sa majesté, comme si cette danseuse des rues, populaire, était l’une des icônes de Séville. Elle est d’une beauté à couper le souffle, et montre l’autorité naturelle d’une danseuse habituée à se frotter à tout public ainsi qu’une féminité puissante mais terriblement séduisante…

Récemment, le pas de deux du Palais de Cristal de Balanchine  est l’un des plus beaux moments de danse qu’il m’ait été donné de voir ces dernières saisons : parée d’un tutu bleu haute couture, signé Christian Lacroix, Laura Hecquet danse au son d’un haubtois  mélancolique avec une intériorité, une poésie, une profondeur qui mettent en valeur sa technique aux lignes pures, la gravité de son visage,   sa grâce naturelle, son élégance racée, et ce quelque chose qui n’appartient qu’à elle : elle est comme un point d’interrogation qui pousse à questionner sa danse, son tempérament, sa musicalité, sa compréhension fine des rôles.

Tout dans ce pas de deux était fondu mais précis, doux mais intense, poétique sans miévrerie, lyrique sans grandiloquence… et, je me répète, d’une musicalité parfaite.

Un moment de danse hors du temps, plein de subtilité, d’émotion, de beauté…

 

Cette danseuse, seulement sujet à l’opéra quand d’autres sont étoiles,  est actuellement l’une des plus belles artistes de cette maison ; un vrai bijou…

 

Les photos suivront !

 

 

A lire le compte rendu de son Aurore sur le blog des balletonautes :  http://lesballetonautes.com/2013/12/08/le-reveil-de-la-belle-endormie/

 

 

Elle est entrée dans le corps de ballet la même année que Mathilde Froustey, c'est à dire en 2002 - il y a un documentaire qui les montre toutes les deux réussissant leur entrée dans le corps de ballet, du temps où c'était encore Bessy qui dirigeait l'école, -  et a tenu des rôles titres comme celui de Aurore - la Belle au bois dormant, Nikya - La Bayadrère  - ou encore  Esméralda de Notre Dame de Paris  (j'espère qu'elle le redansera cette année)

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 10:34

nicolas le riche la mort jumpLa soirée de Nicolas Le Riche du 9 juillet 2014

 

Nicolas a longuement pensé à cette soirée qui vient marquer d’un point final une longue carrière à l’opéra de Paris. Une bonne fée ayant croisé ma route, j’ai pu y assister contre toute attente dans  d’excellentes conditions visuelles. C’était plus qu’une soirée d’adieu, c’était une offrande, un partage.

 

 

Sur scène, le rideau se lève et Mathieu Cheddid est là, tout fragile, avec ses amplis et sa guitare, silhouette perdue sur la grande scène de Garnier. Il chante une  ballade toute simple  accompagnée d’un seul arpège, sur laquelle Nicolas improvise avec simplicité. C’est sobre, touchant.  Le ton est donné ;  Nicolas nous le dit tout bas : j’aime la simplicité, l’authenticité, le partage. C’est ce que je veux partager avec vous ce soir.

 

Toute sa carrière va se dérouler devant nous à travers l’école de danse,  les solistes et  le corps de ballet.

 

Voilà précisément que quelques élèves de l’école de danse  nous offrent   un court passage des Forains de Petit… ils  plantent le décor, évoquant ainsi en quelques instants la fragilité et le nomadisme de ce métier auquel Nicolas a consacré toute sa vie : «  un jour ici, un jour ailleurs, un jour en forme, l’autre pas »…  Et par-dessus tout cela, le désir absolu, évident,  de partager avec un public.  Puis Nicolas-le-Forain annonce le jeune Francesco dans le   Tambour, premier personnage qu’il a incarné sur scène.

Quelle manière élégante de montrer que lorsqu’un danseur étoile termine sa carrière, une nouvelle génération se prépare à son tour…. Quelle jolie façon de présenter un souvenir qui lui tient à cœur à travers le corps d’un jeune garçon qui apprend le métier !

Dans la touchante  évocation de ses premiers pas se lit  un message simple: « Nous, les artistes, ne sommes là que de passage, pour le partage. »

 

Puis voilà que s’installe devant le décor des forains planté par les enfants, une troupe magnifique parée  des somptueux costumes de Raymonda. En quelques minutes, Nicolas évoque maintenant l’ouragan Noureev. Pourquoi Raymonda ? Pas pour nous dire qu’il a excellé dans le rôle d’Abderam, non, Nicolas est trop modeste pour cela, mais pour exprimer toute sa reconnaissance à cet homme qui a offert à l’opéra de Paris en premier cadeau ce ballet splendide et à son image : oriental, excentrique, démesuré, flamboyant. Le passage choisi présente différents styles de danse, si chers à Rudik. Au passage, on remarque plein de danseurs qu’on aime et l’extrait présenté donne envie de revoir tout le ballet.

 

Puis le Faune vient clore cette première partie. Et l’on est complètement envoûté par la fusion des arts. Musique, décor, mouvement, tout ne fait qu’un. Les yeux d’Eve Grinsztajn brillent comme deux gemmes, Bélingard ne fait qu’un avec le décor peint ; une beauté lointaine comme venu d’un ailleurs indicible se dépose sur Garnier. Là encore, Nicolas ne s’auto-congratule pas mais célèbre Nijinsky, qui a passé sur la danse comme un immense poète, car seuls  les poètes  en  recréant le monde nous donnent les clés pour en comprendre le sens et la profondeur.

 

adieux-nicolas-2.JPG

Après l’entracte, vint le Jeune Homme et la Mort qui avait la froide beauté sensuelle de Eleonora Abbagnato. Nicolas l’a dansé de toutes les fibres de son âme, de son cœur. Là encore,  cette œuvre magistrale  où    danse,   décor,   musique s’unissent si intimement qu’ils n’en font qu’un est  résolument intemporelle.  Et l’on regrette en regardant Nicolas danser que la retraite soit maintenant à 42 ans pour les hommes au lieu des 45 il y a quelques années, tant il excelle encore dans ce type de rôle. Il avait un quelque chose de Babilée, ce soir là, dans la fulgurance de sa batterie, l’élévation de ses sauts, la précision et la fureur de ses pirouettes.   Nicolas a rendu hommage  à ce danseur, à qui l’œuvre avait été «  offerte ». Avec le temps qui passe, la danse se transmet d’un corps à un autre, d’une génération à une autre, sans rompre le fil si fragile de cet art de l’éphémère.

 

Après l’entracte, le rideau se leva sur un des plus beaux passages d’Appartement. C’est celui de la Porte. Déjà vu avec Céline Talon, inoubliable de fragilité et avec Renavand, poignante dans sa douleur aux côté de Nicolas les années précédentes.

Avec Guillem, c’était encore autre chose, car quoiqu’elle danse, elle apporte toujours avec elle  de l’imprévu. Il était stupéfiant de les voir danser tous deux, comme deux jumeaux, tellement reliés l’un à l’autre qu’on aurait dit un miroir parfait. Mille nuances ont été ajoutés par la présence de Guillem qui ne vieillit pas ; je me suis même dit qu’elle dansait encore mieux qu’avant. Il y avait une fraîcheur, une jeunesse, une espièglerie dans certains passages auxquels je ne m’attendais pas mais qui sonnaient si juste ; avec elle, ce pas de deux n’était pas douleurs, souffrances, amour déchirant, mais tout ce qui peut naître dans une rencontre amoureuse, les peines, mais aussi les joies, les rires, la fantaisie… Quelle magicienne, cette Guillem !   

 

Puis vint l’un des plus beaux passages de Caligula, celui où le tyran est avec son cheval  et laisse son folie, un court instant, pour un moment de poésie.   L’Incitatus d’ Audric Bezard  a exécuté des pas de hautes écoles avec confiance car guidé par  Caligula-Mathieu Ganio, l’un des créateurs du rôle, qui tenait la longe, et qui, tout en guidant le cheval, irradiait toute sa lumière sur scène. 

 

Puis l’on vit les techniciens installer la grande table rouge de  Boléro.

 

Attaqué bien trop vite par Kevin Rhodes, ce qui valut bien des couacs à l’orchestre, je tremblais que Nicolas n’arrive pas à «  tenir » la pulsation, car comment placer sauts et grands battements sur un tempo pareil ?

Et bien, ce fut une perfection ! Tous les garçons du corps de ballet étaient splendides,  Karl Paquette et Joshua Hoffalt avaient repris leur place d’autrefois dans le corps de ballet et donnaient le ton : c’était si beau, si intense, si vibrant, si viril et féminin à la fois,  si violent et sensuel,  si parfaitement dansé, que Maurice Béjart s’est glissé en coulisse et a jeté un coup d’œil avant de repartir pour son ailleurs.

 

Il est aujourd’hui impossible de croire que Nicolas s’arrêtera de danser… tout comme Guillem, ces artistes ont encore tellement de choses à partager avec un public qui les aime de tout leur cœur !

 


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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 20:09

 

 

 

nouveau-danse-0380-copie-1.JPG

 

 

 

La maison de la culture d’Amiens, proche du centre ville et d'un quartier piéton,  est composée d’une scène, d’un cinéma et d’une salle d’exposition. Elle rappelle les scènes de banlieue, comme le centre des bords de marne du Perreux sur marne ou encore le théâtre Romain Rolland de Villejuif… et bien d’autres encore. Elle en a le côté convivial, ouvert et plaisant, avec sa caféteria où se réunissent souvent public et artistes avant ou après une représentation.

 

 

Le public qui attendait sagement dans le hall  le début du spectacle ce 17 avril était très familial,  tous les âges y étaient mélangés, et il y avait beaucoup d'enfants - dont le mien que j'avais emmené pour l'occasion, car c'est les vacances scolaires à Paris.

 

Je connaissais toutes les œuvres au programme pour les avoir déjà vues, sauf bien sûr Odyssée, une création de Nicolas Le Riche avec CM Osta.

Quatre interprètes magnifiques pour un programme très intelligemment composé et des œuvres que j’adore m’avaient décidée à venir tout exprès à Amiens. Isabelle Ciaravola et N Leriche sont les rares artistes qui me font quitter ma tanière. J’ai attendu ce jour avec l’impatience d’un enfant à qui on a promis de la magie.

 

J’avais gardé de  Critical Mass, déjà vu au Châtelet en 2005 – un souvenir fort,   comme une vibration impétueuse. J’avais hâte de la revoir avec Nicolas et Russel Maliphant qui en est le chorégraphe ; comment décrire ces deux artistes,  l’un puissamment ancré dans le sol  (à aucun moment ses pieds ne bougent) l’autre plus libre,  plus ondoyant ? Le saule et le roseau dansant au gré du vent donneraient une idée  de la chorégraphie, envoûtante, enivrante, et pourtant tellement simple.  Les mouvements se répètent à l’infini, sur différents tempos, puis se décalent, se rejoignent. Les deux danseurs, emprisonnés  dans un  carré de lumière,  tels deux papillons de nuit sous une lampe, dégagent  une énergie fluide et étrange. Elle  attire à elle le spectateur qui suit, halluciné, cette danse un peu incantatoire à mi chemin de la prière, des  arts martiaux, de la capoeira, avec une intensité et une poésie infinies.

 

 

Russel Maliphant-le-saule   se meut avec Nicolas-le-roseau dont l'un des pieds ancré dans le sol  sert de pivot, d’axe. Je me dis que décidément, Nicolas est un artiste hors norme, charismatique, et qu’il sait tout rendre captivant. A l’énergie toute concentrée  de Maliphant, répond son énergie à lui,  diffuse,  rayonnante. Leur duo est parfait : c’est comme le yin et le yang ; l’un, tout ramassé sur lui-même, aspire, l’autre diffuse, libère. Les deux se complètent. C’est complètement magique et  mystique. Cette première partie, puissante et sobre tout à la fois,  captive plus que la seconde, sorte de tango humoristique. C’est plus dansant, moins dépouillé, mais moins intense aussi.

Julien qui a 11 ans n'en a pas perdu une miette, il était fasciné.

 

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Suivait le magnifique pas de deux de Prejlocaj - Annonciation - dansée par C M Osta et I Ciaravola. J’avais il y a bien longtemps enregistré cette œuvre sur Arte, car elle m’avait fascinée, mais je ne l’avais jamais vue «  live ».

 

  Annonciation, c'est l'Ange Gabriel qui annonce à Marie qu'elle va concevoir le Christ. Ce thème est l’un des grands thèmes  religieux de la peinture renaissance peint  par toute l’école italienne pendant plus d’un siècle et demi. On voit sur les toiles,  les rayons de lumière atteindre l’oreille de Marie qui aurait, par cet organe, conçu le Christ. L’ange est là pour le lui annoncer.

 

La chorégraphie de Prejlocaj  a quelque chose de " pointu" qui vient vous piquer, vous forcer à vous interroger, à vous poser des questions. Un Miserere commence mais brouillé par des bruitages étranges. La musique religieuse s’estompe ; il ne reste que les bruitages désagréables qui captivent cependant l’attention.

 

Ciaravola est magique là-dedans, chacun de ces gestes est d'une beauté et d'une poésie à couper le souffle, et pourtant l'œuvre est parfois très austère, très statique. Je la revois encore arriver sur scène : mon souffle se suspend tout comme elle,  en équilibre sur ses demi pointes; on la regarde, fascinée et on ne pense plus à respirer. Le dialogue d’Isabelle avec Claire Marie, toute en intériorité,  est parfois très minimaliste; on est face à une danse ascétique où chaque mouvement se pose un instant pour mieux nous interroger; il devient intense lorsque les deux artistes dansent toutes les deux les mêmes pas sur un tempo rapide - et c'est toujours passionnant de voir qu'un même mouvement exécuté de la même façon n'a pas le même rendu sur le plan de l'énergie. Une énergie plus ramassée pour Claire Marie, plus dilatée pour Isabelle et le lien avec Critical Mass se fait naturellement même si le propos et l'esthétique sont tout autres.

 L’espace semble découpé bizarrement par la musique aux sons électroniques et grinçants, comme   à l'opposé du propos. 

 

Suivait l'entracte, qui dure suffisamment longtemps pour que les gens aient le temps de bavarder,  de boire un verre,  à la  cafétéria. Et on est tout étonné par les prix «  normaux » habitué qu'on est  à ne jamais rien prendre d'habitude au bar de l’opéra.  

 

Après l’entracte, place à la  crétion Odyssée, de Nicolas, qui narre  la vie d'un couple  parfois est uni, parfois désuni dans la solitude. La musique   d'Arvo Part donnait une dimension un peu mélodramatique à l’ensemble, et le propos  touchant,   devenait un peu lourd à cause de ces cordes. Pourtant la danse de Claire Marie Osta et de Nicolas Leriche était émouvante, lyrique, mais il me semble qu’une musique «  plus légère » aurait mieux convenu…

 

Puis vint le sublime solo, Shift,  de Rusell Maliphant que j'avais déjà vu au théâtre des champs Elysées en 2007.

 

J'adore ce solo!  Russell danse avec ses ombres – jusqu’à trois, qui, grâce aux projecteurs, ne sont pas toutes orientées de la même façon. On a alors l’impression d’un tri-logue.

Maliphant arrive à vous happer dans son intériorité, d'une grande pureté, d'une grande simplicité, d'une grande profondeur. Tout en blanc, il dialogue ou monologue, suivant, avec les ombres noires qui dansent avec lui.  Julien a été captivé. Il n’a pas bougé d’un poil.

A noter que Michael Hulls   règle les lumières des oeuvres de Russel et fait un travail fabuleux.

 

 

Puis vint le Jeune homme et la mort.  Même si l'orchestre a disparu et que l'orgue a retrouvé sa place dans cette passacaille, même si les décors étaient forcément réduits et même absents pour la fin de l'oeuvre,  l'intensité était à son comble. Cela confirme que la danse n'a pas besoin d'autre chose que du talent de ses interprètes pour être - ce qui est le cas pour l'odissi. Et dans ce pas de deux, quels interprètes! Nicolas est sans conteste l’un des interprètes masculins les plus talentueux et les plus sensibles de sa génération. Ciaravola est au sommet de sa maturité artistique. Elle est devenue une très grande artiste, rejoignant dans mon panthéon personnel Guillem, Pontois et Motte. Ce jeune Homme a été exceptionnel d’intensité et d’émotions.

 

 

 

Nicolas a dansé ce jeune homme comme à ses débuts, avec une vigueur, un engagement, une énergie et un désespoir poignant, qui vous noue la gorge. A ses côtés, Ciaravola n'est plus l'ange Gabriel  de tout à  l’heure! Piquante, sensuelle, manipulatrice, froide, impassible, elle est la Mort. Elle surgit dans la chambre, en parfaite Fata Morgana,  pour jouer avec  le jeune homme comme avec une  proie ; sa cruauté n'a d'égal que sa sensualité maléfique.

Le piège se referme sur le jeune homme qui peu à peu n'éprouve même plus de désir pour cette femme superbe  : il  se laisse engloutir; il renonce. 

Leur  duo émettait une énergie électrique, intense, inquiétante, et l'on suivait cette histoire  tragique, comme un film dont on redoute le dénouement pourtant inéluctable. 

Isabelle et Nicolas ont  dansé  ce Jeune homme de toutes les fibres de leur cœur.  Un sommet de générosité et de talent rarement atteint.

C’était d'autant  plus impressionnant que la table n'était pas très stable et a oscillé dangereusement plus d'une fois et que la potence bougeait elle aussi, faisant craindre le pire, sans parler de la corde qui n'a pas été attaché du bon côté...

 

 

Après le spectacle, les artistes ont rejoint la cafétéria avec gentillesse et simplicité, ils se sont prêtés - sauf Maliphant qui est parti dans son coin au grand désespoir de Julien qui voulait le prendre en photo -  avec gentillesse à la séance de photos et demande d'autographe du public qui les attendait là et ont répondu aux questions qu'on leur posait.

 

Visiblement, c'est courant dans cet espace qu'après le spectacle les artistes rencontrent leur public, et c'est vraiment très chaleureux, car on les attend attablés, avec un verre ou un petit encas, et pas debout dans le froid...

 

Cette soirée me marquera d'autant que Julien qui n'est pourtant pas un modèle de sagesse car il saute et court toujours partout, a été complètement captivé par la plupart des œuvres.

il m'a posé beaucoup de questions ensuite sur le sens, le propos, les danseurs. 

 

Ce que j'ai aimé plus que tout lors de cette soirée, c'est la générosite et la simplicité de ces immenses artistes, qui ont dansé  dans un don d'eux mêmes total.  

 

 

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  Lire aussi

 

Nicolas Le Riche, les adieux : l'embarras mais pas le choix

 

Les adieux d'Isabelle Ciaravola

 

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 19:34

 

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Nicolas Le Riche fera ses adieux officiels à l'opéra de Paris le 9 juillet 2014, après avoir dansé le 30 juin et le 5 juillet   le rôle de Quasimodo, ( Notre Dame de Paris,   chorégraphie  de Roland Petit )

Un vrai tollé a lieu actuellement autour de ces adieux faussés.... la date du 9 juillet a été "récupérée" presque exclusivement pour   les membres de L'Arop qui s'immiscent de plus en plus dans la vie du ballet de l'opéra de Paris.  Soirée où il faut être à tout prix non pas en tant qu'amateur de danse, mais d'évènements mondains à conter au prochain souper. On sait bien que dans notre monde; l'argent seul dirige.

 

Voir à ce sujet  mon article sur la hausse scandaleuse  des places à l'opéra de paris l'an prochain pour le ballet....

 

 

 

Cette soirée d'adieu est donc résolument fermée à tout le reste du public!

 

Du coup, le vrai public de Nicolas, celui qui le suit depuis l'école de danse ou presque, celui qui a assisté à sa naissance sous Noureev et à sa   nomination à 21 ans  par Patrick Dupond, se sent floué et furieux!

 

Impossible d'avoir la moindre place pour cette soirée spéciale sur laquelle l'Arop a mis la main! D'ailleurs, quand bien même on voudrait, on ne pourrait pas quand on voit le PRIX des places!!!!

 

Nicolas reçoit actuellement beaucoup de lettres de gens extrêmement déçus de ne pas pouvoir être là pour lui dire au revoir! Il s'en excuse  lui même autant qu'il le peut, car cette étoile charismatique, simple et brillante, n'a malheureusement pas eu son mot à dire la dedans!

 

 

 

Heureusement, il y a Itinérance...

 

Est ce la raison pour laquelle en parallèle  a lieu  une grande tournée   en France, dans différentes villes, afin de permettre à son " vrai" public de le saluer? Public qui l'aime profondément et pour qui il représente à la fois le talent et l'art porté à son plus haut niveau,  la simplicité et l'excellence, la danse masculine classique  de haut vol, bref,  pleins de choses qui le rendent à la fois populaire et célèbre?

Cette tournée s'appelle Itinérance.

 

Il suffit d'avoir fait une fois la sortie des artistes  pour savoir à quel point Nicolas Leriche est simple, toujours disponible et toujours sincèrement touché par les quelques mots qu'on peut dire maladroitement à un artiste de son envergure...

Au fil des ans, j'ai toujours été étonnée par l'immense sourire qu'il affiche lorsqu'il revient saluer sur scène,  comme si c'était pour lui  la première fois! Un sourire offert, comme le font spontanément les enfants.

 

 

Dans sa grande tournée provinciale, Nicolas Leriche dansera  le Jeune homme et la mort et   d'autres oeuvres  avec à ses côtés E. Abbagnato, Claire Marie Osta, I. Ciaravola....il passera par Aix, Amiens, Boulogne, Blagnac...

 

Ce même programme devrait être repris - plus ou moins - pour une série de soirées  au Théâtre des Champs Elysées, vers Noel.... peut être y aura-t-il aussi son amie Sylvie Guillem....

 

Pour ma part, j'irai le voir à Amiens le 17 avril dans Critical Mass, Le Jeune Homme et la mort,  (avec Isabelle Ciaravola ) Odyssée, et cela sera aussi l'occasion de revoir Claire Marie Osta et Isabelle Ciaravola dans Annonciation... une soirée pleine de beauté et d'émotions. Critical Mass ( Maliphant) et Annonciation ( Prejlocaj) sont précisément des eouvres qui me touchent particulièremnet. 

 

Voilà ce que dit Nicolas : "
" ITINERANCES est un projet de cœur, né de l'émotion et de l’enthousiasme que la danse suscite en moi depuis toujours. J’ai imaginé cette soirée comme un échange intense entre les chorégraphes, les danseurs et le public ; un itinéraire errant au gré de ce que j’aime et souhaite communiquer de la danse d’hier, d’aujourd’hui et de demain.  C’est également l'occasion d'être sur scène avec des danseurs et des chorégraphes que j'admire... dans l’intensité et la diversité, au plus profond d’une danse qui parle à tous et à chacun.

ITINERANCES a longtemps été ce projet qui vous met du baume au cœur quotidiennement et que vous souhaitez partager... Aujourd'hui il prend corps. "

Nicolas Le Riche

 

 

Et après?

Tout comme Sylvie Guillem,  - qui a fêté ses 49 ans le 25 février - Nicolas n'arrêtera pas de danser... c'est ce qu'il a déclaré plusieurs fois à la presse.  

On ne peut que s'en réjouir!

 

 

 

Itinérances, plus d'information

 

 

A lire  : Nicolas Le Riche, danseur d'exception

 

 

 

Le  9 juillet 2014

Finalement, grâce à une bonne fée, j'ai pu assister aux magnifiques adieux d'un des plus grands danseurs étoile de sa génération.... compte rendu à venir bientôt!!!

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 19:31

 

 

La nouvelle est tombée ce 6 mars 2014 et ne m'a nullement réjouie. Pourquoi?

Parce que ces nominations à tour de bras manquent cruellement de poésie, de passion, d'authenticité...

 Eléonora Abbagnato a été  nommée l'an passé.... belle danseuse!.... un titre pas forcément mérité à 34 ans, mais la belle Sicilienne  est une artiste, et c'est une vraie perle rare au coeur de l'opéra de Paris.... elle s'investit comme personne dans ses rôles, possède un charisme unique, un physique de rêve, une sensibilité à vif.... bref....

puis ça a été au tour de  Alice Renavand que j'aime aussi beaucoup.... mais elle a aussi 34 ans, une technique  classique qui n'est plus au top comme autrefois... elle aussi possède beauté, charisme, et est une vraie artiste... mais ça fait mal au coeur de la voir nommée " trop tard"...

Ces deux nominations laissent une drôle d'impression, arrivant finalement trop tard,  car ce n'est pas à 35 ans qu'une danseuse aborde les très difficiles rôles académiques que sont le Lac, La Belle, Kitri, etc...  certes Abbagnato a eu l'occasion d'en danser certains il y a dix ans déjà ( Kitri) et c'est à ce moment là qu'il aurait fallu la nommer si nomination il devait y avoir à tout prix... mais fallait-il absolument les nommer?  Les deux avaient tout à fait leur place en tant que premières danseuses, comme autrefois Karine Averty ou Yannick Stéphan...

 

Albisson, elle,  a 24 ans.... une belle technique.... mais on ne peut pas se réjouir non plus

 

Sa nomination a été faite à la va-vite sur un rôle qui ne lui allait pas forcément - Tatiana d'Onéguine - et elle tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Tout le monde finit par se dire que BL veut bloquer le plus de places possibles pour que Millepied n'ait plus le choix mais l'embarras quand il prendra ( enfin) la direction de la danse... sa nomination ressemble à un pied de nez, à un " c'est encore moi qui décide".... ça n'est ni élégant, ni gracieux pour ces danseuses....

 

En outre, très gênant pour Amandine, elle est nommée dans la foulée du magnifique départ de Ciaravola qui a brillé tant et plus le 28 février dans le rôle de Tatiana... pour le public, il n'y avait pas photo.... Amandine a fait de son mieux, mais Tatiana n'était pas  (encore) pour elle. La salle n'a pas réagi avec enthousiasme comme d'habitude, les applaudissements furent polis mais sans passion...

Quand à la date du 5 mars .... c'était au départ la date retenue pour les adieux de Ciaravola, qui a dû renoncer à cette date, car le grand foyer était réservé.... pour une soirée privée!!!!!....

BL voudrait elle faire passer le message que " Adieu le vieux, bonjour le neuf"..... ??? c'est un peu ainsi qu'on le ressent malgré tout et la dame n'a jamais fait preuve de délicatesse au cours de son " règne"

 

Mais revenons sur cette danseuse.

Très aimée de la direction, elle a été beaucoup distribuée ces derniers temps ( Sylphide, Aurore, Tatiana)

 

Si Amandine possède une très belle technique - notamment au niveau du travail des jambes, car les bras, ce n'est pas encore cela - elle ne sait pas encore pour le moment faire vivre un rôle ni transmettre des émotions... cela peut venir.... comme ne jamais venir. Je l'ai vue ces dernières années, et je n'ai pas aimé son style... j'ai néanmoins en tête une photo d'elle dans Bhakti ( qu'il faudra que je scanne) qui montre quelle fille magnifique et longiligne elle est.

 

Même si je ne suis nullement réjouie par sa nomination,  - je n'ai pas aimé son Aurore, ni sa Sylphide, ni la Bohémienne du Loup, je l'ai trouvé à chaque fois sèche et sans âme et trop sûre d'elle dans sa façon de montrer qu'elle technicienne elle est - j'espère de tout coeur qu'elle trouvera sur sa route un bon coach qui saura la conseiller, la guider, l'épauler....  lui insuffler âme, passion, sensibilité  la sortir de ce regard narcissique qu'elle semble avoir sur elle même,  et lui permettre de faire éclore tout son potentiel artistique....

 

Je lui souhaite donc de trouver cette perle rare afin que sa carrière lui donne tout le bonheur qu'elle lui promet...

 

 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 07:57

 

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Quand j’ai écrit il y a cinq ans un article sur la nomination de cette danseuse, je ne pensais pas que les années passeraient aussi vite, hélas ! J’avais en mémoire sa Sylphide, l’une des plus belles que j’aie vue, son extraordinaire reine des Dryades – la plus belle que j’ai vue et aussi Rosalinde, la jeune fille aimée de Roméo avant qu’il ne rencontre Juliette ! J’avais aussi eu l’occasion  dans Stepping Stone d’être éblouie par ses lignes infinies et son allure de sirène.

 

Après sa nomination, Juliette, Manon, Marguerite Gautier et Tatiana trouveront en elle une interprète d’exception ; elle leur donnera un souffle, une poésie  et une puissante intensité dramatique. De leur côté, ces héroïnes permettront à Isabelle  d’explorer toutes les ressources de sa technique. Son corps  deviendra l’instrument parfait de sa pensée,  modulant à son gré toutes les émotions, tous les sentiments et leurs nuances qu’une danseuse rêve d’avoir sur sa palette, comme le ferait le plus talentueux des musiciens.

Isabelle, danseuse passionnée et travailleuse acharnée a non seulement réalisé son rêve – devenir étoile – mais  a  brillé, radieuse, à une époque où ce titre n’est pas toujours porté avec panache. Sa carrière en tant qu’étoile, si courte, laisse au cœur du spectateur une empreinte vibrante, lumineuse. Merveilleuse interprète, elle a  créé des partenariats magnifiques avec Mathieu Ganio, Hervé Moreau, Karl Paquette ou encore  Benjamin Pech ou Stéphane Bullion.

 

Aux côtés des héroïnes tragiques qu’elle a incarnées, elle fit aussi de belles rencontres avant et après son étoilat : La Garance des Enfants du Paradis, la Femme du Parc, Nourreda dans la Source de JG Bart, la plus belle fille du monde de Rendez-vous…

 

Sa carrière ne s’arrête pas aujourd’hui, puisqu’elle fourmille de projets. De nombreux galas l’attendent et elle sera bien occupée jusqu’à l’été.  J’aurai d’ailleurs la chance de la voir danser le 17 avril à Amiens aux côtés de Nicolas Leriche et de Claire Marie Osta dans deux œuvres magnifiques : Annonciation de  Prejlocaj et le mythique Jeune Homme et la mort.

 

Il faut à présent espérer de tout cœur qu’elle reviendra danser Manon la saison prochaine à l’opéra de Paris. C’est un rôle qu’elle aime et qui, comme Tatiana, Juliette ou Marguerite, évolue tout au long du ballet. Isabelle n’a pas son pareil pour exprimer les méandres psychologiques de ces personnages, les rendant toujours d’une façon ou d’une autre, terriblement attachants au-delà de leurs contradictions.

 

Ce 28 février, il y avait 2000 fans réunis dans la grande salle de Garnier. Des spectateurs, des amis, des proches, mais aussi le monde de la danse. Il était émouvant de voir certains artistes les larmes aux yeux pendant l’ovation d’Isabelle qui a duré près d’une demi heure.

 

Cette soirée était bien celle de son public  dont  tout l’amour  a convergé vers elle pendant les saluts. Fleurs, cadeaux  ont jailli sur scène sous une pluie d’étoiles. Je n’ai curieusement pas ressenti de tristesse, car Isabelle était célébrée avec tant d’amour qu’on pouvait être émue mais sans chagrin. On était heureux pour elle qu’elle reçoive autant d’amour, de ferveur, de la part d’un public duquel elle a su se faire profondément aimée parce qu’elle déborde de talent et de générosité. C’était pour le public l’occasion de rendre à ce moment là tout ce qu’elle a donné et il s’est montré aussi généreux qu’elle l’avait été pour lui. C’était donc beau ! Des adieux tout en lumière, en vibration, comme si nous étions tous transportés dans la Voie Lactée... c'était des adieux magiques!

 

Je reverrai longtemps son visage lumineux, radieux, sous les étoiles scintillantes qui tombaient des cintres. Elle resta elle-même pendant ses saluts, simple, heureuse, comme elle le fut également pendant le coktail qui suivit, où parée d’une belle robe à la fois sophistiquée et sobre, elle reçut les félicitations des «  fans » réunis dans le grand foyer de la danse, à peine assez grand pour les contenir tous.

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Photo M Lidvac.

 

Isabelle m’a fait revenir  à l’opéra, ces cinq dernières années,  moi qui n’y allais guère plus. Et à chaque fois, je suis repartie avec un supplément d’âme.

 

Pourquoi va-t-on voir de la danse ? Que cherche-t-on dans un spectacle ?

Pour moi la réponse est claire, je vais chercher ce que les Indiens appellent Rasa, une vibration esthétique, qui, si elle est puissante, met en vibration l’âme qui s’extirpe alors de sa torpeur... et bien Isabelle n’a pas son pareil pour permettre au spectateur d’atteindre Rasa… et par cet article, je salue cette belle artiste que j’espère voir encore danser de nombreuses fois…

 

 

Le compte rendu sur Onéguine suivra dans quelques jours!

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