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Shabastet

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Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 20:49

Le mandarin Merveilleux, Boléro,

compte rendu écrit sur le forum danser en france de Cathy


Soirée du 19 juin (première)

Tout d'abord, commençons par la déception : celle de n'avoir vu que trois oeuvres, dont la dernière très courte...

Béjart avait prévu une création qui n'a pas été possible pour des raisons d'emploi du temps.
J'ai regrette que à la place de la création, ne soit pas repris Phrase de quatuor (certes, il y aurait eu deux pierre henry la même soirée, mais qu’importe ! d'autant plus que le compositeur était dans la salle!) ou alors, l'oiseau de feu, dont j'adore la partition ...

La soirée s'ouvrait sur le fantastique Man darin Merveilleux qui est du Béjart théâtralisé dans le sens le plus réussi du terme!

Trois danseurs d'exception pour le servir :
Romoli en chef des truands, Carbone en fausse fille, Belarbi en Mandarin !

Béjart a créé un langage chorégraphique pour chacun des trois. Ces trois silhouettes qui s'animent pendant tout le ballet utilisent la fragilité, la souplesse, la délicatesse pour le Mandarin, le cabaret berlinois des années 20 pour la fausse fille et la force, la brutalité rageuse pour le truand.
Ces trois personnages tissent des ensemble, dansent des solos, s'unissent pour des pas de deux lascifs ou sauvages.

Chapeau bas à Alessio Carbone qui offre une silhouette tout en contradiction avec sa danse. On ne pense pas une seconde que c'est une femme quand on le voit, mais dès qu'il danse, il en devient une!
et de ce contraste nait quelque chose de très glauque que n'aurait pas renié " Berlin les années 20"
Carbone, de plus, a un visage d'une expressivité fantastique : on lit sur son visage la malice, la méchanceté, la luxure, la vengeance, la détresse, la colère, l'inquiétude... toutes les émotions marquent ce visage.
sa danse est précise, forte, masculine et sensuelle tout à la fois, parfaitement équivoque.
A ses côtés, c'est Belarbi qui semble le plus « féminin » des deux. Le plus vulnérable. Sa gestuelle est douce, délicate, avec des gestes des poignets et des doigts très asiatiques. Il bouge comme un chat, surtout au sol, il semble léger, aérien, quand la fausse fille est tellement charnelle, incarnée.

Quand à Romoli, sa danse est rude, brutale à souhait, « carrée », âpre, et offre un contraste étonnant avec la fausse fille et le Mandarin.
Cela à l’air tout simple quand on l’écrit, mais quand on voit l’ensemble, c’est fantastique, ces trois styles chorégraphiques, qui permettent à chaque personnage de camper son univers, son être et qui donne tout son sens à la partition.

En revanche, le corps de ballet m’a déçue : ils n’étaient pas ensemble, rendaient la chorégraphie confuse, fouillie. Tout manquait de force, il n’y avait plus le côté bas fond qui m’avait tant saisie il y a quatre ans… où sont passés les magnifiques accélérés? le travail en fugue? les tours en l'air exécuté comme par un seul danseur, le travail au sol, aussi?
Mais peut être cela évoluera t-il au fil des représentations ?

Suivait Variation pour une porte et un soupir, de Pierre Henry
Là, place à l’improvisation ! le sous titre est : ballet ou le chorégraphe n’a pas sa place ! ( c’est toute une époque n’est ce pas, qui me rappelle celle où les proviseurs, sur leurs bureaux, avaient des cendriers où il était écrit : il est interdit d’interdire !)

Les danseurs chaque soir tirent au sort un numéro, de 1 à 7 qui leur donne une place dans le découpage du ballet. Puis il s’assoit sur une chaise et n’interviennent que quand c’est à eux !Ils ont une trame a respecter mais improvisent quand au reste.
Ainsi, balancement sera dansé par 1, grincement par 2 et 7 ( par exemple) sommeil, personne ne dansera et restera assis sur sa chaise, mort, par tous !

Je me suis bien amusée, et les danseurs aussi je pense
Il n’y avait que mes chouchous :
En tête, Gil Isoart, Alice Renavand ( ah Nosferatu !!!) W Romoli, K Belarbi, JC Duré, S Romberg, J Belingard.
Ils dansaient en étant vraiment reliés les uns aux autres, c’est à dire que les mouvements de l’un pouvait influer la danse de l’autre à la faveur d’un contact par exemple; ils ont pris vraiment du plaisir, c’était visible, rendant drôle la musique…. Vous n’entendrez plus jamais de la même façon le grincement de votre vieillle porte de cuisine, promis… peut être même aurez vous envie d’improvisez chez vous !
bref un moment ludique où Isoart, Renavand en tête nous ont offert des variations exceptionnelles!
Belarbi a fait un beau streap tease aussi...!



Et puis BOLÉRO !!!!

Ah, Boléro !
J’adore sa musique hypnotique, j’adore cette montée en puissance du rythme qui s’empare de tout l’orchestre !quand on y pense, c'est tout de même fou : deux phrases qui pourraient nous abrutir, un rythme qui ne variera pas : et la magie opère, comme un rite, comme une célébration commune.

Voilà donc Nicolas Leriche sur la table ; tous les garçons assis en cercle sur des chaises ( encore !) les premières mesures commencent. Un bras se lève, puis un autre, puis le corps commence à osciller.
Mais Nicolas est pétrifié par le trac ! Je ne reconnais pas du tout sa danse, ni sa façon d’être en scène… je ne l’ai jamais vu ainsi ! Les premiers gestes ont l’air un peu scolaires ! bigre, un moment de doute surgit en moi. Leriche ne sera pas à la hauteur de Boléro?
Mais je fais confiance à la musique et j’ai raison !
Peu à peu elle s’empare de lui, le trac s’en va, et surgit sa félinité que j’aime tant ! Les déhanchés s’accentuent, le buste gagne en souplesse, les bras en amplitude, la fluidité revient, et le moment de grâce nait tout d’un coup, vers la cinquième minute, quand on sent que le plaisir de danser revient, celui aussi de s'abandonner à l'émotion musicale. Peu à peu sa danse policée, bien dressée devient plus sauvage, plus abrupte, donne l'impression que l'instinct a pris le pas sur la " tête"!

Pendant ce temps, les garçons se levent tour à tour : d’abord deux, puis six, puis dix. Ils répetent à l’infini des gestes simples qu’on pourrait imiter et qui collent parfaitement à la musique ( bravo à E Hoff, décidément, celui là aussi je le trouve plein de charisme !) Le corps se balancent, les bras, cassés, sont souples, les bassins font des cercles lascifs mais précis comme des danseuses orientales !

c'est fou là encore comme Boléro est à la fois féminin et masculin, d'om "l'interchangeabilité" du rôle principal : Féminin par le côté oriental, érotique de la danse : déhanchement, bras serpent, balancement, qui n'ont rien de viril, mais masculine par la force, l'énergie qui se dégage peu à peu de l'ensemble. c'est étonnant de voir qu'à un mol balancement fait place une pause " façon sirtaki" précise, incisive, virile!
Le tout sur un décor simple : table rouge, fond noir, chaise noir, pantalons noirs…
Boléro est érotique, sensuel et la montée en puissance de la musique gagne tous les corps tandis que sur la table, danse le danseur totalement habité par elle.
et je me sens soulevée par des vagues de plus en plus haute, je suis emportée, avalée par la musique et la danse; je me noie, me dilue en Boléro!

Dès les dernières notes, la moitié de la salle est debout et applaudit à tout rompre bientpot imitée par l'autre moitié!!!

Béjart vient saluer, blessé au pied ou à la jambe, visiblement fatigué.

Et déjà, il faut partir!
je me dis que chez Alvin Ailey ils auraient remis la musique et hop; ils auraient redansé les dernières mesures de boléro... c'est ce que j'aimerais qu'il se passe....
mais non, il faut rentrer chez soi....

bon, je guette, des fois que des places pas trop chères soient remises à la vente...
J' Y RETOURNE!!!!!!! :shock:
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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 08:52

Petite critique écrite sur le site critical dance, danser en français; la voici telle quelle!



je sais que Bejart n'a pas choisi ce titre ridicule de Best of!  à Lausanne, le spectacle s'appellera " l'amour, la danse" mais Gérard Louvin oblige....

La première chose qui m'a frappé hier, devant ce récapitulatif éclair de son immense carrière, c'est son amour de la musique : Béjart est autant musicien que chorégraphe; de U 2 à Mozart, de la musique traditionnelle du Tchad à Webern, de Théodorakis aux chants islamistes, de Brel à Piaf en passant par Gounod ou Queen tout l'inspire avec une égale intensité!
et vraiment, hier, toutes ces musiques qui s'enchainaient résonnaient magiquement dans le palais des sports!

Ensuite, son langage; classique, neo classique, contemporain... il s'est essayé à différents styles
Personnellement, c'est dans le langage contemporain que je le préfère; ainsi, les deux solos sur " Ne me quitte pas", " dis quand reviendras tu " et " avec élégance" dansés par l'inégalé Gil Roman et l'extraordinaire elisabeth Ros m'ont bouleversé. Ce furent des moments de danse intense où la gestuelle semblait simple, inspiré directement des paroles, de la voix de Brel et Barbara, et les deux grands artistes ont donné à ces solos toutes leurs " tripes", il n'y a pas d'autres mots... boulerversant!

Fort, émotionnellement, Rumi, où les garçons en blanc ( jupes blanches et hauts blancs) tournent sur eux mêmes comme les derviches tourneurs de Turquie... on sentait des vibrations très intenses à ce moment là; il se dégageait de la danse des garçons une énergie à la fois forte, virile, et incroyablement spirituelle et fluide... magique là aussi!

Dépaysantes et envoutantes, les danses grecques, sur une musique de Théodorakis interprétées par six garçons plus un couple extraordinaire ( Catherine Zuasnabar et Martin Vedel) Les pas à la fois folkloriques et stylisés, les rondes où les garçons se tiennent par les épaules, tout respirait un esprit méditerannéen inspiré et stylisé, mais qui était une incroyable invitation au voyage dans le temps et dans l'espace....

Envoûtant, cet incroyable Heliogabale, sur une musique traditionnelle du Tchad où les couples enchainent danses et postures d'une créativité deboussolante. Les corps souplent s'entremelent, se quittent, adoptent des postures qui rappellent la statuaire, avec un langage qui réinvente le pas de deux classiques de fond en comble...

Quand au Sacre ( la fin du ballet qui correspond musicalement à la danse sacrale) il a été donné au début et à la fin
J'ai été déçue; j'avais encore en tête la version filmée des années 1960, et j'ai trouvé cet extrait trop lisse, pas assez intense... mais je crois qu'il est très difficile de donner l'esprit de ce ballet simplement en quelques minutes... j'ai trouvé cela froid et vide, alors que j'adore cette chorégraphie. La seconde fois était un peu plus vivante....

En revanche, je n'ai pas aimé pratiquement tout " Roméo et Juliette"
A chaque fois que le couple, les couples arrivaient sur scène, je me disais " quel ennui"; cela ne créait pas vraiment un enchainement mais une rupture...
de même le langage de Casta diva, où toutes les filles en blanc se pament ne m'a pas convaincu non plus; en fait, je n'aime pas trop lorsque Béjart utilise le langage classique, et déjà il y a deux ans à Bastille j'avais adoré Phrase de Quatuor et péri d'ennui avec le pas de deux classiques...

Ah, je voulais encore signaler la valse à mille temps, dansée par toute la compagnie ( extrait du ballet lumière)
c'est vif, rafaichissant, plein d'émotion, de clin d'oeil, de rires et de larmes... l'une des dernières créations de Béjart qui témoigne d'une vitalité et d'une fraicheur confondante...
les danseurs jouent avec un vêtement tube jaune, qu'ils enfilent, retirent, se nouent autour du cou, se cachent dedans, sautent comme des enfants ( la course en sac) etc... un bonheur tout vif que de voir ces danseurs plein de jeunesse et de vitalité sur l'immortel Brel...

et puis le solo incroyable de virtuosité sur "un so weiter" dansé par William Pedro : quelle technique, quel humour, quel peps!
Bref, un spectacle inégal, mais avec des moments de danse d'une intensité immense et profonde, comme je les aime; on en ressort différent, avec quelque chose de plus dans l'âme et le coeur...
merci à Bejart d'exister!
Il a eu droit à une belle standing ovation de près d'un quart d'heure!!!



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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 14:27

Voici une de mes critiques, issues du forum critical dance, danser en français, écrite en juin 2003
Je la mets telle quelle, écrite quelques heures après avoir vu le spectacle, pour un forum de danse, donc sans recherche de style...


 

Soirée du 19 juin
J’ai donc assisté à la dernière représentation des spectacles de Maurice Béjart, mise doublement en appétit par la lecture de ce topic et par la grève du 10 juin, jour où j’aurais dû voir ce ballet. Je pense qu’avoir avidement lu les critiques sur ce topic a changé ma vision du spectacle parce que je n’avais pas la même attente et j’étais ainsi totalement réceptive.

L’oiseau de feu
Par exemple, j’ai adoré l’Oiseau de feu, car ne je me suis absolument pas attachée à la symbolique du ballet, mais plutôt à ce qui s’en dégageait d’une manière générale.
J’ai aimé la façon dont les danseurs semblent être sculptés dans du marbre bleu, vivants, parfaitement en harmonie, chacun gardant au sein du groupe son individualité propre. J’ai notamment été éblouie par la prestation d’une des partisane, ( longue queue de cheval), vive, à la technique fluide, avec une grande présence, mais j’ignore son nom, l’un d’entre vous pourra peut être me renseigner. ( Choix entre Melle Aubin, Laffon ou Legassy) ( NB 2009 Melle Legassy)
La façon dont Béjart économise la couleur, (un peu comme Martha Graham) joue avec les éclairages parcimonieux, (scène de l’apparition de l’oiseau phénix où la toile de fond s’éclaire en triangle en partant du haut, simple pour un maximum d’effet) m’a énormément plu.
Sur le plan chorégraphique, il éclate le groupe, pour mieux le recréer, jouant sur les possibilités de combinaisons des neufs partisans.
Dans le rôle de l’oiseau de feu, Nicolas Leriche, qui m’a paru techniquement un peu fragile ce soir ( reception des tours en l’air parfois un peu imprécise) mais artistiquement très présent , et Karl Paquette, éblouissant oiseau phénix.

J’ai donc trouvé ce ballet très pur, visuellement poétique et puissant et les danseurs superbes.

Pour Webern opus V, Agnès Letestu en noir et avec Martinez en blanc furent techniquement impeccables, tous deux longilignes, parfaitement synchronisés, mais à mon goût un peu froids. Mais il est possible que cette impression de froideur viennent de la musique elle même.

Suivait Phrase de quatuor dansé par l’époustouflant Jérémie Bélingard.
Ce fut sûrement mon ballet préféré de la soirée.
J’ai adoré le mélange d’angoisse, d’humour, de dérision, de « loufoquerie » qui se dégage de l’œuvre, et je pense que l’interprétation du danseur y est pour beaucoup. Il met une telle ardeur dans sa danse qu’on ne peut que le suivre. Le cri poussé à l’avant scène dès le debut du ballet annonce toute la suite. ( cri de Munch ?)
Les couleurs noire, rouge et blanche, ( les trois couleurs qui incarnent la perfection au Japon) produisent une ambiance à la fois inquiétante ( renforcée par ce flottement nuageux et brumeux au dessus de la scène) et profonde.
Les quatre tricoteuses, après tout ce que j’en avais lu, m’ont amusée. Je pense que l’on peut tout leur faire dire et j’ai beaucoup aimé leur emploi. Elles jouent avec les fils ( laine, micro, corde) et interviennent de façon à la fois cocasse et dramatique. On peut les renverser, les manipuler, mais elles reviennent reprendre les fils qu’on leur retire.
Quand à la musique, j’ai suivi assez fasciné le collage musical composé par Pierre Henri auquel fait écho toute une ambiance bruyante de sons naturels ( pluie, eau, klaxon, flipper, voiture, etc) et de phrases musicales qui font écho aux citations. C’est fait avec finesse et aussi avec beaucoup d’humour. La partition ne s’essoufle à aucun moment, et là encore, l’angoisse côtoie la drôlerie. Mélange on ne peut plus heureux.

Le dernier ballet, Le Mandarin merveilleux, m’a aussi séduit par plusieurs aspects, même s’il me semble moins accompli que les trois précédents.
D’abord les décors, qui plonge le spectateurs au cœur d’un monde qui tient à la fois de celui de Chereau dans sa mise en scène de Wagner à Bayreuth ( les Nibelungen et le monde industriel) et d’un univers année trente en pleine crise. Je trouve cela très réussi.
L’effet de groupe des truands, parfaitement ensemble, qui ne perdent jamais leur individualité est utilisé autant pour le rythme que pour l’effet de « masse. »
Ainsi, leur utilisation permet des accélérés ralentis (l’un particulièrement vertigineux, où chaque danseur a tour de rôle se lève, fait deux tours en l’air ainsi de suite jusqu’à ce que tout l’ensemble danse, et ensuite en décalé) qui ponctuent tout le ballet, et qui donnent un souffle à toute l’œuvre.
Le trio composé par les trois danseurs principaux se détache du reste du groupe comme des marionnettes de foire : le chef des truands qui danse peu, mais qui a une présence très inquiétante et qui tire les ficelles ( Yann Bridard) ; sa relation très ambigu avec la fille conduit le ballet au bord du registre « glauque ». Le mandarin, Kader Belardi, irréprochable, fin, léger, est irréel dans ce context brut et citadin, et enfin, la fille, Mallory Gaudion, que je n’avais jamais vu danser et qui incarne son personnage avec à la fois force, fragilité, sensualité et un rien de grotesque. ( très Berlin année trente dans toute sa décadence)
Les trio superposent trois techniques et style de danse et mettent en valeur les trois danseurs.
La mise en scène de ce ballet l’apparente plus au monde du théâtre que de la danse, et c’est encore l’une des raisons pour lesquelles il m’a séduit.

Vous l’aurez compris, j’aime décidément beaucoup l’univers de Béjart, qui, à mes yeux, ne vieillit pas…
Le rideau est tombé très vite, et je n’ai pas pu applaudir comme je l’aurai voulu Mallory Gaudion et Kader Belarbi, et tous les autres…

 

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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 08:22

bbb.jpg

Voilà donc un peu plus de deux mois que Béjart a changé de planète, d'univers... où est il aujourd'hui? A t-il retrouvé son père, sa mère disparue trop tôt? Où bien sa vie terrestre ne compte-t-elle plus là où il est?
 

Avant  hier, j'ai revisionné dans sa totalité le Dvd ci dessus " Béjart, Brel et Barbara"

Et un mélange étonnant de tendresse, de tristesse, de nostalgie, d'émotions intenses se sont mêlées en moi...

Je suis née en 1962, années où triomphe Brel sur scène, où   Barbara chante depuis quelques temps mais n'est pas encore très connue, et où Béjart entame une longue longue carrière...

Dix ans plus tard, Béjart, Brel et Barbara me sont familiers. La télé, la radio font la part belle aux deux chanteurs qu'on voit et qu'on entend très souvent. Dans mes livres de danse,  des photos du Sacre, de la 9ème symphonie,  du Faust de Berlioz -  oeuvres qui changent complètement le monde de la danse -  me marquent profondément : je  n'en connais que les photos que j'ai sous les yeux et ce qu'en écrit Odette Joyeux,    mais leur visuel m'intrigue et  je cherche à leur donner un sens...

Pendant de longues années, ces trois géants sont là, j'achète leurs disques que j'écoute tous les jours  à la fin des années 70  et je vais voir régulièrement les Ballets du XXème au Chatelet... ces artistes m'accompagnent... même Mia, en plein coeur des années 90 évoque Brel à son cours, le premier à être parti... puis c'est Barbara...

 Avec le départ de Béjart pour d'autres latittudes , le glas de tout un courant artistique a sonné...  cette époque artistique aimée    ne reviendra plus jamais...

J'appartiens à l'héritage culturel du XXème et le XXI ème siècle a commencé...

Et je le sens....
Et j'ai la nostalgie du siècle passé...

Bien sûr,   des chorégraphes d'aujourd'hui   m'enthousiasment, j'écoute énormément de musiciens ou de chanteurs  qui appartiennent à la vague de la "world",  dont Peter Gabriel et son label " real world music" ont été les précurseurs...

Mais ce monde particulier éclos dans les années 70 et que Béjart a porté jusqu'à sa mort, avec une fraicheur d'inspiration toujours renouvelé a disparu...  

Les  dernières créations de Béjart étaient inégales, mais il y avait toujours quelque chose qui touchait au plus profond. Ses dernières oeuvres étaient moins inventives mais elles restaient profondément vivantes, humaines, portées par  des   interprêtes d'exception, comme E Ros, et Gil Roman,    découvert en 1996 dans " le presbytère n'a rien perdu de son éclat"

 J'ai à la maison des livres, des dvd, des disques, et dans ma tête d'innombrables souvenirs de spectacles, mais la brisure est là  : avec la mort de Béjart, le monde du XXème vient de s'éteindre, une certaine culture de langue française est définitivement passée, et je me sens orpheline :  comme le dit si bien Barbara dans Rémusat : " vous ne m'avez pas quittée depuis que vous êtes partie(...)  c'est bête de se sentir orpheline à 40 ans..."
Lorsque P Boulez lui aussi disparaîtra, - il fait aussi partie de mon paysage artistique et j'irai l'écouter cette année encore diriger Ravel à plus de 80 ans -  ce sera tout un monde qui tournera une page; c'est ainsi, Shiva a toujours le dernier mot... tout finit par disparaître...

Lorqu'une personnalité du monde artistique qu'on a cotoyé  par la pensée pendant près de quarante ans s'en va, on prend conscience de sa propre mortalité : car si un Dieu meurt, pourquoi le reste de l'humanité serait elle éternelle? Et la fragilité de l'instant apparait dans toute sa puissance... et sa force aussi...  
Les émotions, les pensées liées au passage de Béjart sur la Terre sont si riches qu'elles vivent en soi, tant que dure notre propre existence... c'est troublant...
Dans le souvenir, Béjart gagne une immortalité terrestre... l'immortalité  corporelle qu'on lui prêtait naïvement devient une immortalité du souvenir

Cela me rappelle ce beau film Excalibur où meurt Merlin...  
Merlin, qui par amour pour Morgane  est passé dans un autre monde,   vient rendre visite au roi Arthur dans ses songes, ses pensées... le roi Arthur se sent orphelin depuis sa mort... il dialogue avec  ce Merlin de l'autre monde...  bouleversant  est le lien immatériel qui unit  Arthur à la pensée de Merlin, à son esprit...

Peu de temps après sa mort, j'ai moi aussi beaucoup rêvé de Béjart...
 
A la mort de Béjart, les médias y sont tous allés de leur hommage : rediffusion de spectacle à des heures indues et sans même prevenir les pauvres téléspectateurs, articles dans toute la presse, hors série - magnifique d'ailleurs! - de télérama et de Danser... mon Dieu, en quelques jours, une vraie folie!!!!

Mais quand on pense que pour fêter les 50 ans de sa compagnie, aucun théâtre parisien  n'a voulu l'accueillir trois soirées de suite, ce qui fait que le jubilée a été fêté à Lille...

Dans les dernières interwiews, Béjart parle de ses années à Bruxelles comme des plus heureuses de sa vie... Lausanne et les presque 20 années de résidence là-bas ont été, me semble t'il, marquées par l'absence de disparus...

Béjart, avant de mourir, a dit adieu à ceux qu'il aimait : il a appelé Shonach Mirk, qui était tellement sublime sur scène  aux côtés de Jorge Donn, pour lui dire au revoir, et il a eu ce geste pour beaucoup d'autres...

Comme Noureev, a qui il a offert la chorégraphie du Chant du compagnon errant, Béjart a surtout   été heureux   dans les studios de danse, lorsqu'il créait au milieu des danseurs.
Est ce que l'absence de sa mère qui lui a dit adieu au téléphone lorsqu'il avait huit ans, et lui a demandé d'être fort parce qu'elle allait mourir, a distillé sur sa vie une tristesse, un chagrin inguérissables? 

C'est ce qui ressort du très beau film  " Béjart" où le chorégraphe évoque la douleur d'avoir perdu sa mère enfant... c'est la danse, puis la création qui  l'ancrerontdans la vie, et quand des années plus tard, il apprend la mort brutale de son père dans un accident de voiture, la douleur s'est avivée.... elle s'avive encore avec la disparition de Jorge Donn...

Je ne suis pas de celles qui pensent que les épreuves rendent plus forts... elles creusent en nous des sillons indélébiles, qu'on oublie parfois, mais qui sont toujours vivants et se réveillent au premier chagrin.

Au delà du chorégraphe qui avait une compréhension et un amour  de la musique exceptionnels, il y a un être humain qui, comme les autres, a souffert  de l'absence de ceux qu'il aimait

Une blessure encore plus terrible habitait Barbara, victime d'inceste pendant de longues années...


 Lorsqu'ils s'en vont, des êtres comme ceux là ne partent pas vraiment... ils laissent  une trace, un quelque chose, même si ce n'est pas à proprement parler  un héritage, dans la mémoire de leur public qui les a sincèrement aimés, parfois jusqu'à l'adoration...   cette trace reste vivante, on la porte en soi, on  grandit avec, elle se mêle à nous même... on est le limon dans lequel  elle s'installe... comme un engrais, elle nous  enrichit et perdure aussi longtemps que notre mémoire reste vivante...

Je garderai Béjart dans mon coeur jusqu'à mon dernier souffle... 
Et qui sait? peut être au delà...

  

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19 mai 2006 5 19 /05 /mai /2006 20:29

 Et oui, j'aime Béjart!!! Et pourtant, mon amour pour lui n'est pas né le jour de notre rencontre! Je m'en souviens encore... je faisais de la danse classique depuis quelques temps et on m'avait offert un livre de danse où il y avait des photos du Sacre du Printemps... mon Dieu, ces corps trapus,   dansant pieds plats ( sans pointes) en académique, ( justeaucorps et collants non seyants au lieu de tutus!) avec ces tresses noires mal peignées... cela   représentait pour moi le comble de la laideur... en outre, j'étais très sensible aux propos des " grandes" dans les vestiaires de mon école de danse, qui savaient tout mieux que moi et qui disaient que " Non, Béjart, ce n'est pas de la danse, ça n'a pas de sens, les danseurs se roulent par terre!"

 

Bref... j'avais une image étriquée et fausse du chorégraphe. De plus, lors de ses apparitions à la télé, son expression, la puissance de son regard qui allait vous chercher jusque sur votre chaise, me faisait peur! Impossible de voir ces grands yeux bleus, ce profil d'aigle sans trembler... Béjart me semblait détenir une vérité étrange que je n'avais nulle envie de connaître.

 


 

A cette époque, Béjart était très médiatisé et dans les années qui suivirent, mon rejet se transforma en curiosité grâce à la télévision de l'époque. Je me souviens d'une soirée où je découvris, médusée, Bakhti, parmi d'autres oeuvres... et puis bien sûr des extraits de ses films avec Jorge Donn... il y eu la Flûte Enchantée, à la télé, toujours, instrument qui servait vraiment la culture dans ces lointaines années... bref, j'oubliais les propos des " grandes" et je commençais à voir par moi même et  à avoir envie de découvrir ses oeuvres sur scène... chose impossible dans ma petite ville de Province...

 

 

 

Et puis vint enfin le jour de la recontre...  ce fut un soir, en 1982, au théâtre du Chatelet, et ma perception de la danse devait s'en trouver changée à tout jamais.  "Notre Faust" fut un choc électrique, complet, terrible, tel un coup de foudre amoureux ... non seulement pour l'oeuvre chorégraphique, mais surtout les danseurs de Béjart, Jorge Donn  et Shonach Mirk en tête. Quant à la  façon dont Béjart avait utilisé la musique! Inutile de dire que j'ai été littéralement clouée sur mon fauteuil par son audace, son sens musical, son écoute. C'est quelque chose d'immense chez lui qu'on ne remarque peut être pas immédiatement. Béjart aime la musique et la comprend d'instinct. C'est très puissant.  C'est ce qui continue de me fasciner  : la musique, la façon dont il l'entend, dont il la sculpte, dont il l'apprivoise, dont il la révèle... la si belle Messe en Si de Bach, mystique, froide, mystérieuse dialoguait fougueusement et spirituellement avec les tangos argentins violents, sensuels et déchaînés, et les deux oeuvres, au lieu de s'éclipser mutuellement, au lieu de se rejeter mutuellement,  se renforçaient tout au contraire.... elles faisaient naître l'une avec l'autre une lumière unique. Aujourd'hui, cette lumière m' éclaire encore...

 


 

Il y eu d'autres créations, des rendez vous ratés où j'ai cru l'avoir perdu ( le concours, 1789) des rendez vous où je suis ressortie en larmes ( L'histoire du soldat, musique for the life) des rendez vous où je suis ressortie pleine de vie ( Brel et Barbara, Lumière)

Il y eu des découvertes de son passé : La Flûte Enchantée, Le Mandarin Merveilleux, l'Oiseau de feu, le Sacre du printemps, le Boléro, Rumi, Sept danses grecques, Héliogalabe...

Il y eu l'émerveillement de découvrir Guillem en Sissi, impératrice anarchique...

Il y eu la fascination de voir Jérémie Bélingard dans l'une de ses dernières créations qui s'appelle Phrase de Quatuor...

Bref... j'aime Béjart!

Je vous parlerai souvent de lui...


A lire sur ce blog :

Béjart et Rumi

Béjart à l'opéra de Paris du 19 juin au 14 juillet

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18 mai 2006 4 18 /05 /mai /2006 19:24

 

Les choses sont parfois troublantes... depuis que j'ai mis en citation de mon blog quelques lignes de Mawlana, qui n'est autre que Rumi, le créateur des derviches tourneurs, il n'est pas un jour sans que je tombe sur un article, ou n'entende une musique   qui me parle de Rumi. L'autre jour, j'allume la radio et j'entends un chant poignant qui m'était totalement familier sans pourtant que je le connaisse... c'était un chant interprété par  les derviches tourneurs...

Et puis je me suis souvenue de Rumi de Maurice Béjart que j'ai vu au Palais des sports l'année dernière. Mon Dieu, comme j'ai été émue par cette danse masculine,  si fluide,  si inspirée, si féminine et si virile tout à la fois, malgré les   jupes blanches et longues qui tournaient autour des corps des danseurs.  Cette oeuvre a été l'une de mes préférées lors de cette soirée, car Béjart, converti à l'Islam chiite, raconte que la nuit où il lut l'oeuvre de Rumi, intitulé "l'oeuvre du dedans",  sa vie changea entièrement... et cette oeuvre dégageait des vibrations très douces et puissantes tout à la fois...

Alors voilà, Rumi est entré dans ma vie, un peu à la façon des chats qui vous choisissent, sans vous en informer... et ce n'est guère étonnant...

 

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8 mai 2006 1 08 /05 /mai /2006 07:31

 

Béjart sera à l'affiche du 19 juin au 14 juillet à l'opéra de Paris.   

 

 

 

 

 

 

Au programme seront donnés:

 Boléro,

le Mandarin Merveilleux   

Variation pour une porte et un soupir, qui entrera d'ailleurs au répertoire de l'ONP.

Une fois encore, je me réjouis de sa venue!

 

première partie de l'article! suite le 10 mai

 

 


 

Mais qui est Béjart?

 

 Maurice Béjart fait partie des chorégraphes aux univers si riches, si profonds, que quelque chose en soi  change irrémédiablement après avoir vu une de ses oeuvres.  C'est aussi cela, la magie de l'Art. Bouleverser  notre manière de voir les choses, enrichir notre univers intérieur en l'approfondissant,  renouveler notre idée de la beauté, et pour la danse, renouveler notre idée du mouvement.

En 1982   j'ai découvert pour la  première fois sa compagnie   dans l'incroyable " Notre Faust".  La Messe en Si de Bach épousait le tango argentin...L'audace du montage musical,  la force de la chorégraphie, l'excellence de ses danseurs étaient quelque chose que je n'avais encore jamais vu sur scène : un vrai choc!

Ensuite, régulièrement, j'ai été applaudir ses créations. Les plus beaux spectacles de ces dernières années restent pour moi Brel et Barbara et Le Presbytère. Béjart ne faisait, avant ses dernières années, jamais de reprise. C'est à l'occasion des trente ans du Sacre du printemps, que l'idée de reprendre certaines de ses oeuvres s'est finalement imposée à lui.

On dit méchamment qu'il ne se renouvèle plus. Lui n'en a cure, moi je ne suis pas d'accord. Il y a une fraîcheur dans son Brel et Barbara, une jeunesse, une vitalité, une inventivité qui donnent tort à ses détracteurs... et puis, qu'importe, son oeuvre est là!

L'an dernière, un spectacle retrospectif a été donné au Palais des Sports à Paris, intitulé " l'amour, la danse". J'en retiens le magnifique et si émouvant Gil Roman, dont les pas collent à la musique de Brel,  la talentueuse et longiligne Elisabeth Ross, les sept danses grecques, superbes et toujours modernes, le Sacre, qui lui non plus n'a pas pris une ride...

Béjart a non seulement beaucoup chorégraphié mais aussi beaucoup écrit. Je retiens parmi ses livres :" lettre à un jeune danseur", et  " un instant dans la vie d'autrui"

 

 

 

 

 

 

 

Boléro

 

On ne peut évoquer Boléro sans aussitôt voir Jorge Donn, sa démesure et son génie envahir tout l'espace d'un film de C Lelouch.

Boléro est une oeuvre qui peut être dansé par un homme ou une femme. Nicolas Leriche et  MA Gillot se partageront ce Bolero.... cela promet d'être intense et émouvant. J'ai vu Guillem et sa flamboyante chevelure le danser, et à la télévision, Maia Plissestkaia, que Béjart aime tout particulièrement.

  Boléro fait partie de ses oeuvres universellement connues... et souvent mal comprises. Elle avait été composée pour Ida Rubinstein, en 1932,qui, sans être une grande technicienne, avait ce quelque chose d'unique qui illuminait la scène, un vrai charisme.

Béjart s'en est emparé et a créé une oeuvre étonnante.

 

 

L'oeuvre de Ravel utilise plusieurs " ingrédients" qui la rendent envoûtante. Deux phrases musicales, très longues, toujours répétées deux fois, l'une jouée en majeur et l'autre en mineur, se déroulent  tout le long de l'oeuvre, soutenues par une   rythmique obsédante, base de cette danse espagnole : immobilité et mouvance créent l'ombre et la lumière de l'oeuvre. Le deuxième thème est plus oriental que le premier, tout entortillé sur lui même. Il évoque presque un serpent sortant de son panier!  La flûte fait une entrée   doucement lumineuse, puis tour à tour les bois entrent, jusqu'à l'irruption étonnante du célesta...  peu à peu, quelque chose d'impétueux, de sauvage va s'emparer de l'orchestre... cela est très net après l'entrée impérial des violons, rendus fougueux par leur longue attente. Le trombonne, ironique et décalé,  y va de son solo un peu jazzy, le hautbois y va de son ton un peu triste, le saxophone apporte une touche stylée inattendue. Peu à peu, tout l'orchestre s'empare de ses deux phrases, si longues, qu'il est difficile de les retenir vraiment... il manque toujours une note quand on les chante...

 

 

 

 

 

Monotone, Boléro?

non, plein de mystère, de fougue, de poésie, de scintillement, d'humour... Boléro se déroule comme un ciel infini et immuable où passent les nuages... toujours les mêmes mais aux formes sans cesse renouvelées...

 

 

Quand à la chorégraphie...

 

Un homme/femme danse sur un table ronde, au milieu d'un groupe de danseurs. Au fur et à mesure de l'entrée des instruments, les danseurs autour de la table interviendront.

On peut imaginer toutes sortes de choses : une corrida avec mises à mort, un rite sacré très ancien... l'oeuvre peut se livrer aux débordements de l'imagination de chacun.

La danse commence par le jeu du bras qui se lève et s'abaisse... mais peu à peu, elle va devenir sensuelle, violente, sauvage, jusqu'à la possession du danseur par la musique... Le corps se balance, les hanches se meuvent avec sensualité, le buste frémit, le corps tout entier est pris par le rythme lancinant du Boléro et la passion de l'orchestre.

 

Par ailleurs ce qui fait la magie de Bolero est l'aspect féminin/ masculin de la chorégraphie

Les jeux de bassin sont féminins, lascifs parfois, avec une utilisation très orientale. On trouve des accents, des déhanchements, des ronds de bassin dont l'accent se finit sur le côté. Même chose pour le buste. Le balancement du corps, son oscillation, le jeu des bras, tout cela est fluide, souple, du domaine du féminin. Les bras serpentent, les mains et les poignets aussi.

En opposition, la présence des garçons,  le travail de leur buste, la force qui se dégage de leur attitude, de leur pose, leur nombre, apporte un élément masculin puissant.

Le soliste doit à la fois puiser dans sa féminité pour apporter l'élément " oriental" de la danse, et dans sa force pour, déjà, tenir les quinze minutes, et surtout pour que les sauts, les battements, les jetés de bras, les expressions du visages soient fougueux passionnés,  pleine de force, ce que par exemple Plissestkaia ou Guillem réussissent merveilleusement bien que femme.

Ce double aspect féminin/masculin dans cette chorégraphie est sûrement ce qu'il y a à mes yeux de plus fort, de plus troublant, et qui donne ce côté hautement érotique à l'oeuvre.


 

Savez vous que ?

d'une version à l'autre, Boléro dure de 13' 55 minutes à 16'02...

C'est l'oeuvre la plus jouée dans le monde.

 

 


 

Suite de la présentation des oeuvres demain....

 

renseignement et réservation :

www.operadeparis.fr

 

 

 



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